Roger Ebert a vivement critiqué ce film d’horreur à l’origine d’une franchise choquante

Image d'illustration. The Human CentipedeSix Entertainment / PR-ADN
Le célèbre critique Roger Ebert s’est montré particulièrement sévère à l’égard d’un film d’horreur devenu le point de départ d’une franchise controversée, connue autant pour son succès que pour ses scènes jugées choquantes.
Tl;dr
- Roger Ebert a refusé de noter « The Human Centipede ».
- Le film dépasse selon lui les limites du système d’étoiles.
- Ebert n’a jamais vu de film plus éprouvant.
L’exception « The Human Centipede » : quand la critique atteint ses limites
Il arrive, rarement, qu’un critique aussi aguerri que Roger Ebert se retrouve face à une œuvre pour laquelle le simple fait de donner une note ne fait plus sens. C’est exactement ce qui s’est produit avec le film de body horror sorti en 2009, « The Human Centipede (First Sequence) ». Celui-ci a tant bouleversé Ebert que le critique légendaire a tout bonnement refusé de lui accorder la moindre étoile. Pour reprendre ses mots : « Il occupe un monde où les étoiles ne brillent pas. »
Un système de notation contesté… et contourné
Faut-il rappeler que l’homme au pouce levé ou baissé a inspiré, bien malgré lui, l’ère binaire des agrégateurs comme Rotten Tomatoes ? Mais dans ses écrits pour le Chicago Sun-Times, Ebert préférait nuancer via un système à quatre étoiles – un outil qu’il jugeait pourtant imparfait, allant jusqu’à écrire en 2012 : « Je maudis la force satanique qui a inventé l’échelle à quatre étoiles. » Malgré ces réserves, il y avait des films qu’il condamnait sans appel, d’un simple « thumbs down ». Cependant, au bas de cette échelle existe une catégorie plus rare encore : celle du refus pur et simple de notation.
Des précédents rares et une sidération inédite
Certes, il n’est pas toujours évident d’établir combien de fois Ebert s’est abstenu de noter un film : ses archives recèlent quelques zones d’ombre. On sait qu’il a esquivé la note pour « Beyond the Valley of the Dolls », dont il était scénariste, ou encore pour certains films sulfureux comme « Deep Throat ». Il avait déjà frôlé ce cas limite avec l’inclassable « Pink Flamingos », qualifié alors non pas de film, mais presque d’objet. Pourtant, même ces œuvres extrêmes n’ont pas réussi à choquer Ebert autant que « The Human Centipede ».
L’irréductible malaise provoqué par The Human Centipede
Que dire d’un long-métrage où un ex-chirurgien allemand (interprété par Dieter Laser) s’acharne à assembler ses victimes selon une logique abjecte ? Ebert lui-même en convenait : aucun film d’horreur vu jusque-là n’avait infligé autant aux personnages — ni à son propre esprit critique. La franchise imaginée par le Néerlandais Tom Six, déjà controversée dès son premier opus, a franchi un cap avec sa suite jugée trop extrême par les autorités britanniques. Mais c’est bien le premier volet qui marquera à jamais la carrière du critique.
En définitive, voici ce qui distingue ce cas hors-norme :
- Aucune étoile décernée, une première dans sa carrière.
- Bouleversement personnel profond exprimé sans détour dans sa chronique.
- Mise en perspective artistique inattendue, notant la présence d’une vraie vision derrière l’abjection.
Si beaucoup ont souffert devant « The Human Centipede », peu sont allés jusqu’à remettre en cause tout leur référentiel de critique – sauf peut-être Roger Ebert.