War of the Worlds : un nanar intergalactique sponsorisé par Amazon

Image d'illustration. War of the WorldsUniversal Pictures / PR-ADN
Une relecture de H. G. Wells qui tourne à la pub géante pour Amazon Prime Video.
Tl;dr
- Le nouveau War of the Worlds est un échec total, cumulant budget fauché, acteurs peu convaincants et dialogues absurdes.
- Le format screenlife, censé moderniser le récit, se perd dans une intrigue molle centrée sur un Ice Cube désabusé.
- Plus qu’une invasion extraterrestre, le film est un festival de placements produits Amazon Prime Video dignes d’une parodie.
Un film qui frôle le désastre
Rares sont les œuvres aussi déconcertantes que War of the Worlds, réalisé par Rich Lee. Sorti discrètement sur la plateforme de streaming Amazon Prime Video, ce long-métrage tente de revisiter le classique de la science-fiction signé H. G. Wells, mais échoue à tous les niveaux : production au rabais, jeu d’acteur calamiteux, dialogues improbables. Certains spectateurs n’hésitent pas à comparer sa médiocrité à celle de The Room ou Birdemic, deux références cultes du cinéma raté.
L’invasion extraterrestre version écran d’ordinateur
Curieusement, le film adopte le format screenlife, c’est-à-dire une narration se déroulant exclusivement via des écrans d’ordinateurs et de smartphones. L’idée aurait pu offrir une lecture originale de l’invasion extraterrestre – après tout, notre réaction collective passerait probablement par les réseaux sociaux en cas de crise – mais ici, tout tombe à plat. Le personnage principal, incarné par Ice Cube, traîne sa lassitude en tant qu’agent du Homeland Security, espionnant ses enfants adultes sous prétexte de sécurité nationale. Le récit s’attarde étrangement sur son deuil, illustré par une banale consigne maternelle : « N’oublie pas de sortir les poubelles aujourd’hui et sois gentil avec les enfants ! »
L’omniprésence absurde d’Amazon Prime Video
La véritable surprise du film ne tient pourtant ni au suspense ni à la science-fiction. C’est plutôt la place centrale accordée à Amazon Prime Video. Dans un enchaînement qui frôle l’absurde, un groupe hétéroclite – un fils hacker (Henry Hunter Hall), une fille médecin (Iman Benson) et son compagnon livreur Amazon (Devon Bostick) – s’allie à une employée de la NASA (Eva Longoria) pour contrer les aliens. Au moment crucial, il leur manque une clé USB… Qu’à cela ne tienne : commande express sur Amazon et livraison par drone ! L’apothéose est atteinte lorsqu’un sans-abri retourne le drone endommagé contre une récompense pour le moins singulière : une carte cadeau Amazon d’une valeur de 1000 dollars.
L’ironie involontaire comme argument viral ?
En définitive, cette nouvelle adaptation du roman culte devient plus célèbre pour ses placements produits outranciers que pour ses qualités artistiques. Les spectateurs, intrigués par sa réputation de « nanar génial », se précipitent presque pour vérifier si tout cela est bien réel. Reste que, derrière l’humour involontaire et la publicité déguisée pour la plateforme qui le diffuse, ce War of the Worlds laisse surtout planer un doute : comment un tel objet a-t-il pu voir le jour ?