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Test L’Ombre du Mordor

La Terre du Milieu : l'Ombre du Mordor est certainement le meilleur jeu auquel j'ai joué depuis longtemps.

| Modifié le 24 octobre 2014 à 10h28
Test L\'Ombre du Mordor

TL; DNR

Bon si certains d’entre vous sont super pressés et veulent savoir tout de suite ce que je pense de l’Ombre du Mordor, voici la version courte : c’est un très très bon jeu et malgré quelques défauts qui l’empêchent de devenir instantanément culte, il reste pour moi le meilleur titre auquel j’ai joué jusqu’à présent sur console next-gen. C’est bon, vous êtes contents ? Allez, maintenant on passe à une intro en bonne et due forme.

Un bon jeu dans l’univers de Tolkien ?

Lorsque La Terre du Milieu : l’Ombre du Mordor a été annoncé il y a quelques mois, dans un premier temps, je n’y ai pas vraiment prêté attention. Ça pourrait paraître étonnant, d’autant plus quand on sait que je suis un fan de l’univers de Tolkien que j’ai découvert à l’âge de 12 ans, bien avant que ce soit à la mode grâce aux adaptations de Peter Jackson. Eh oui, il faut malheureusement avouer que les jeux inspirés de cet univers incroyable sont rarement des réussites, à quelques exceptions près comme le MMORPG The Lord of The Rings Online.

De plus, quand les premières informations et vidéos sont arrivées, c’est malheureusement la polémique sur la ressemblance avec Assassin’s Creed qui a pris le devant de la scène. Cette ressemblance n’est pas si anodine, mais d’après moi, elle n’est en rien choquante, car c’est souvent en s’inspirant de belles idées que d’autres ont déjà eues auparavant qu’on crée de nouvelles choses.

Monolith met la barre très haut

Finalement, la première vidéo qui a vraiment suscité mon intérêt était celle expliquant le système de hiérarchie dynamique de la structure militaire des orcs et la possibilité pour le joueur d’influencer l’évolution de cette structure, l’impression de vie autonome des orcs qui se dégage de ce système est d’autant plus réussie que le fameux système de Némésis vient s’y ajouter. Petit rappel rapide, ce système de Némésis, du nom de la déesse grecque de la juste colère et de la vengeance, consiste à faire monter en grade et en puissance les orcs ayant réussi à vous tuer. Ces promotions viennent bouleverser la hiérarchie en place, souvent avec des conséquences qui se répercutent en cascade sur plusieurs échelons. Cet élément stratégique m’a semblé aussi excitant qu’ambitieux et de ce côté-là, le studio Monolith ne déçoit pas une fois la manette en main.

L’occasion de rencontrer des personnages importants de l'oeuvre de Tolkien

L’occasion de rencontrer des personnages importants de l’oeuvre de Tolkien

Réalisation très réussie, histoire correcte

Quand on se lance dans l’Ombre du Mordor, la première expérience est très réussie puisque la tragique histoire du rôdeur Talion est présentée de très belle façon, avec une approche scénaristique soutenue tout au long du jeu par une réalisation technique très soignée avec des graphismes et notamment des textures très finement travaillées.  Il est dommage que l’histoire principale ne soit pas traitée tout du long avec autant de talent et de constance, surtout quand on se dirige vers une fin qui pourra légèrement décevoir. Heureusement, le jeu innove tellement en termes de mécanismes et de dynamique de jeu qu’on lui pardonne cette relative faiblesse.

Si je dis relative, ce n’est pas par simple plaisir des effets de style, mais bien pour souligner que le background du jeu de manière générale est bien loin d’être creux, au contraire, il est très riche et on ressent le travail de recherche colossal accompli par le studio Monolith. La diversité des éléments historiques à retrouver en parcourant le Mordor confirme largement ce que nous avait confié le lead designer Bob Roberts lorsque nous avions pu l’interviewer et tester le jeu pour la première fois. En effet, le monde ouvert dans lequel vous évoluerez en toute liberté propose diverses occasions de retrouver des traces d’une époque révolue. Cette approche presque archéologique va de pair avec la personnalité du spectre qui partage le corps de Talion. Eh oui, pour ceux qui ignorent out de l’histoire, sachez que le scénario place le héros dans un état intermédiaire entre la vie et la mort et que Talion doit s’habituer à la présence fantomatique d’un personnage très important de l’histoire des Terres du Milieu, un seigneur elfe et maître artisan du Second Âge dont l’identité a beaucoup excité le fanboy que je suis, mais pour ce test, je ne donnerai pas son nom, sait-on jamais, certains n’ont peut-être pas encore été spoilés !

Et alors on disait que j’aurais des pouvouars !!!

Ce postulat initial façonne plusieurs éléments de gameplay, à commencer par la possibilité de passer au choix entre Talion le rôdeur pour le combat au corps à corps et le fantôme pour la perception spectrale permettant de récolter des informations et de tirer à l’arc. À cela s’ajoutent les anciennes Tours de forge réparties sur la carte et qui servent de points de respawn ainsi que de relais de voyage rapide. Ce revenant va permettre à Talion de dépasser son statut de mortel en lui conférant des pouvoirs particulièrement fun à jouer, que ce soit le contrôle mental des orcs ou encore la téléportation pour rejoindre la flèche que vous venez de tirer.

Talion, c'est pas Joe le rigolo

Talion, c’est pas Joe le rigolo

Mordor’s Creed: Arkham Shadow

Concrètement, une fois sur le terrain, les phases de discrétion, d’escalade et de combat font irrémédiablement penser à deux séries phares du jeu vidéo, à savoir Assassin’s Creed et Batman Arkham. Pour passer d’une mission à l’autre, vous pourrez choisir la manière douce ou la manière forte, mais quoi qu’il en soit, vous finirez souvent par vous battre à 1 contre 10 et bien plus si affinité. Justement, ce système de combat confère un sentiment de puissance très excitant, tout en vous maintenant en permanence sur le qui-vive. D’une part, il faudra bien gérer vos contres, tout en sachant que certains uruks vous obligeront à enchaîner les esquives et acrobaties pour éviter des attaques à distance ou contourner leurs boucliers. D’autre part, une situation qui semble sous contrôle peut rapidement dégénérer à cause des alarmes ou encore de l’arrivée inopportune d’un orc gradé et donc bien plus coriace que le fantassin de base.

Le môsieur avec plein de dents, y dit des gros mots

Ces rencontres avec les champions de l’armée de Sauron seront toujours marquées par une courte scène ponctuée des menaces horribles que l’uruk va proférer à votre encontre. Le discours change si vous avez déjà croisé le fer avec le même ennemi et le système fonctionne bien dans l’ensemble. Petit bémol lorsque plusieurs gradés convergent vers vous, il devient alors particulièrement énervant de devoir se farcir les monologues de chacun des puissants adversaires présents, car cela vient casser le rythme des affrontements.

Face à face avec son ennemi

Face à face avec son ennemi

Talion d’Achille

Le combat pourra finir à la longue par être ressenti comme répétitif tout dépend de vos goûts. La diversité des options débloquées au fur et à mesure de la montée en puissance de votre personnage confère une richesse indéniable à la baston. Certains éléments mériteraient néanmoins des améliorations et là je pense notamment aux angles de caméra dans les endroits confinés et à la précision du choix de cible quand vous êtes perdu au milieu d’une marée d’orcs sanguinaires. C’est particulièrement frustrant lorsque vous cherchez absolument à venir à bout d’un chef de voir vos coups se perdre sur des sbires à la con qui demanderont un peu trop de coups de base pour tomber.

Montée en puissance et durée de vie

En termes de contenu, le jeu devrait bien vous occuper une trentaine d’heures si vous êtes comme moi un peu curieux. Outre les missions qui permettent de faire avancer l’histoire principale mais aussi de débloquer certaines compétences clés, vous aurez la possibilité de vous lancer dans des évènements visant à affaiblir l’armée de Sauron, de relever des défis liés à vos trois armes, l’épée, la dague et l’arc ou encore de faire un peu d’archéologie en récupérant un métal ancien ou des objets de la vie courante du second âge. Enfin, il est possible de se lancer dans le sauvetage des humains esclaves des orcs. Toutes ces activités ont l’avantage de pouvoir faire évoluer votre héros, même si certaines missions seront obligatoires afin d’amasser suffisamment de points de pouvoir pour débloquer l’accès aux capacités les plus efficaces. C’est par l’intermédiaire des compétences et des runes que vous gagnerez en puissance. Les compétences permettent d’accomplir de nouvelles choses et les runes rendent vos armes plus efficaces ou favorisent votre régénération. Le meilleur moyen de récupérer des runes consiste à abattre des orcs gradés et vous pourrez à loisir modifier vos choix, donc n’hésitez pas à appliquer les premières dès que vous en trouverez.

Les orcs ne sont pas les seules créatures à parcourir les terres désolées du Mordor. Vous croiserez la route des caragors, des quadrupèdes très agressifs, mais aussi des graugs, des espèces de trolls des cavernes caparaçonnés. Une fois que vous aurez suffisamment progressé, vous pourrez utiliser ces créatures comme montures et ça, franchement c’est génial. Il ne manque plus que les stations de radio à programmer sur leur tronche et on se croirait presque à Los Gondoros.

Le Craug est votre ami, enfin parfois...

Le Craug est votre ami, enfin parfois…

Arda, c’est plus fort que toi !

Au final, le plaisir de se perdre dans l’Ombre du Mordor vient surtout de la qualité incroyable que le studio Monolith a accordé aux orcs. D’une certaine manière, ce sont eux les personnages principaux. Vous êtes chez eux et cela se ressent à chaque seconde. Le système de Némésis a quelques défauts, mais il apporte plusieurs éléments très plaisants au jeu comme l’incertitude, puisque vous risquez toujours de tomber sur un ennemi juré au mauvais moment, mais aussi la tactique en vous poussant à planifier vos attaques pour vous débarrasser d’un adversaire coriace en mettant à profit ses faiblesses tout en évitant ses forces.

Même si le Mordor est une partie des Terres du Milieu qui n’arriverait sans doute pas en tête des guides touristiques, le jeu parvient très bien à s’inscrire dans l’univers de Tolkien tout en faisant passer la pilule des pouvoirs de Talion et ça c’est un vrai tour de force. Que ce soit par la présence de Gollum ou dans les multiples détails qui émaillent votre parcours, on ressent bien l’appartenance du jeu à ce monde à la fois cruel et majestueux. On y retrouve notamment la nostalgie et la noirceur qui peut échapper à ceux qui ne connaissent que les films, mais qui transparaît notamment dans le Silmarillion, l’ouvrage de Tolkien qui retrace le passé terrible et glorieux du monde d’Arda.

Notre test vidéo

L’Ombre du Mordor, c’est génial.

L’ambition est souvent payante, surtout lorsqu’elle est associée à une bonne dose de talent et de travail. Or, le studio Monolith a clairement su réunir tous ces ingrédients. L’Ombre du Mordor est selon moi une franche réussite qui parvient à dépasser ses sources d’inspiration pour aller plus loin et proposer de véritables innovations. Jamais auparavant un groupe d’adversaires n’a semblé aussi doué d’une vie propre tout en proposant une interaction poussée avec les actions du joueur. Avec ses quelques défauts et ses nombreuses qualités, le jeu vous invite à une aventure aussi sombre que grisante qui vous laisse une très grande liberté d’action sans jamais vous laisser errer sans objectif.

L’Ombre du Mordor annonce l’avenir des jeux véritablement next-gen en alliant une réalisation très soignée à une véritable innovation dans l’approche du genre. On espère vivement que le succès commercial sera au rendez-vous pour qu’une suite vienne parfaire cette belle expérience. Je lui donne la note de 17 sur 20 et j’y retourne !

Le caragor, c'est un peu le roi de la faune locale.

Le caragor, c’est un peu le roi de la faune locale.

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