Notre avis
Note finale
8/10
Le Galaxy Z Fold8 réussit surtout par son nouveau format, bien plus naturel que celui des anciens Fold et excellent pour la consommation de contenu. Il aurait pu viser plus haut sans ses concessions photographiques et un tarif difficile à justifier face au Fold8 Ultra et à plusieurs concurrents.
Notes
- Design9/10
- Écrans9/10
- Performances9/10
- Photo7/10
- Autonomie8/10
Avantages
- Nouveau format vraiment convaincant
- Deux excellents écrans AMOLED
- Léger, puissant et très bon en multitâche
Inconvénients
- Aucun téléobjectif
- Batterie seulement correcte
- Chauffe beaucoup sans raison
Présentation et design : un Fold vraiment différent
Attention à la nomenclature : malgré son nom, ce Galaxy Z Fold8 n’est pas réellement le successeur direct du Galaxy Z Fold7. Samsung a transformé le format historique de la gamme en Galaxy Z Fold8 Ultra, tandis que ce Fold8 inaugure un nouveau format beaucoup plus large et ramassé, presque aux proportions d’un passeport.
Et cette transformation est loin d’être anecdotique. Fermé, le téléphone ne mesure que 124 mm de haut pour 82 mm de large et 9,7 mm d’épaisseur. Déplié, il tombe à seulement 4,5 mm, pour un poids de 201 grammes. C’est particulièrement remarquable pour un appareil offrant ensuite un écran de 7,6 pouces.
La fiche technique donne immédiatement le ton :
- Écran externe Dynamic AMOLED 2X de 5,5 pouces, 1248 x 1972 pixels, 120 Hz
- Écran interne Dynamic AMOLED 2X de 7,6 pouces, 1848 x 2448 pixels, 1-120 Hz, jusqu’à 3 000 nits
- Snapdragon 8 Elite Gen 5 for Galaxy
- 12 Go de RAM avec 256 ou 512 Go de stockage, 16 Go avec 1 To
- Appareil photo principal 50 Mpx f/1,8 avec stabilisation optique
- Ultra grand-angle 50 Mpx f/1,9
- Deux caméras frontales de 10 Mpx
- Batterie 4 800 mAh
- Charge filaire 45 W et charge sans fil
- Android 17 avec One UI 9
- Certification IP48
- Jusqu’à sept générations de mises à jour Android et de sécurité.
Ce changement de proportions fait énormément de bien à l’utilisation quotidienne. L’ancien écran externe très étroit des Fold imposait parfois l’ouverture du téléphone simplement pour écrire confortablement ou consulter une application. Ici, le format 10:16 de 5,5 pouces ressemble davantage à celui d’un petit smartphone classique. On dégaine donc moins systématiquement l’écran pliable.
Samsung a également beaucoup travaillé sa charnière. La structure Flex Titanium réduit fortement la visibilité de la pliure centrale, qui reste perceptible sous certains angles ou au toucher mais devient beaucoup moins gênante. La contrepartie est plus surprenante : la charnière fonctionne désormais davantage par positions franches et Samsung a abandonné le véritable Flex Mode façon mini-PC portable. Le Fold8 n’est par ailleurs pas compatible avec le S Pen.
La certification IP48 apporte toujours une vraie protection contre l’eau, mais pas une étanchéité complète à la poussière. À près de 2 000 euros, le Fold reste donc un appareil auquel on accordera naturellement un peu plus d’attention qu’à un smartphone traditionnel.


Écrans : le 4:3 change réellement l’expérience
Le nouvel écran interne de 7,6 pouces au format 4:3 est probablement la meilleure idée de ce Fold8. En lecture ou dans un navigateur, le téléphone se rapproche d’une petite tablette. En vidéo, le nouveau ratio réduit également une partie des énormes bandes noires que l’on retrouvait sur les Fold plus carrés. Et contrairement à ce que sa diagonale légèrement inférieure à celle du Fold8 Ultra pourrait laisser penser, la surface réellement consacrée à une vidéo reste très proche.

Samsung maîtrise évidemment ses dalles AMOLED : contraste excellent, couleurs particulièrement flatteuses et rafraîchissement adaptatif à 120 Hz rendent l’affichage impeccable. La luminosité pouvant atteindre 3 000 nits et le traitement antireflet de l’écran interne améliorent aussi nettement son utilisation en extérieur.
L’écran externe demande davantage d’adaptation. Sa largeur est agréable, mais ses 5,5 pouces donnent parfois l’impression de revenir à un petit smartphone. On défile davantage verticalement et certaines applications exploitent encore mal ces proportions inhabituelles. C’est surtout Android et les développeurs tiers qui doivent maintenant suivre : certaines applications changent mal de mise en page lorsqu’on passe d’un écran à l’autre. Cela n’empêche pas ce format d’être, à nos yeux, beaucoup plus cohérent que celui des précédents Fold.

Performances et One UI : taillé pour le multitâche
Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 for Galaxy ne laisse évidemment pas beaucoup de place au doute. L’interface est extrêmement réactive, les applications lourdes tournent sans difficulté et le partage de l’écran entre deux ou trois applications est précisément le genre d’utilisation qui donne un véritable intérêt au grand écran pliable. Samsung reste surtout en avance sur une bonne partie de ses concurrents lorsqu’il s’agit d’exploiter un écran pliable. One UI 9 permet de déplacer facilement des applications, de glisser-déposer du contenu d’une fenêtre vers l’autre ou de conserver plusieurs tâches simultanément à l’écran. Sur ce point, le Fold8 ne donne pas simplement l’impression d’avoir acheté un téléphone qui s’ouvre : le grand écran apporte vraiment quelque chose.
Il faut toutefois nuancer les performances brutes. Le Fold8 chauffe assez rapidement sous une forte charge et ses performances graphiques soutenues restent en retrait d’un smartphone gaming ou même du Galaxy S26 Ultra.
Dans la vraie vie, difficile néanmoins de le prendre en défaut.
Galaxy AI continue forcément d’occuper une grosse partie de One UI. On retrouve la retouche générative, la transcription, les résumés, Gemini ainsi que le nouveau Now Nudge, capable de suggérer une action ou une application en fonction du contexte. L’idée est intéressante, mais toutes ces fonctions ne sont pas encore suffisamment universelles pour modifier profondément notre utilisation du smartphone. Now Nudge dépend notamment encore beaucoup des applications Samsung compatibles.
Samsung Galaxy Fold8" width="1200" height="900" />Photo : très bon smartphone… jusqu’au moment où l’on veut zoomer
Samsung a fait un choix assez étrange sur un smartphone à 1 999 euros : il n’y a aucun téléobjectif. On trouve donc un capteur principal de 50 Mpx f/1,8 avec stabilisation optique et un ultra grand-angle de 50 Mpx f/1,9 avec autofocus. Le zoom 2x est obtenu par recadrage dans le capteur principal ; au-delà, tout devient numérique. Les photos que nous avons prises avec le Fold8 résument finalement assez bien ses qualités.
Sur la scène urbaine en journée avec la tour de l’horloge, le niveau de détail est excellent : les façades, les fenêtres et les éléments éloignés restent bien définis tandis que l’exposition entre le ciel clair et les zones plus sombres est correctement gérée. La photo de la fontaine confirme également une bonne maîtrise de la dynamique : les projections d’eau restent détaillées sans complètement brûler les hautes lumières et les textures de la pierre sont bien restituées. Le traitement Samsung reste toutefois assez reconnaissable. Les couleurs sont flatteuses, parfois davantage que réellement naturelles, et un peu d’accentuation vient renforcer artificiellement certains détails. Samsung préfère parfois conserver des détails dans les ombres quitte à perdre certaines hautes lumières.
Les deux photos de nuit sont plus intéressantes encore. Sur la Seine, l’appareil réussit à conserver beaucoup d’informations dans le ciel et sur le pont tout en contrôlant convenablement les éclairages urbains. Les reflets dans l’eau sont bien définis et le bruit reste discret, même si l’on commence à perdre de la texture lorsqu’on examine les arbres ou les éléments les plus éloignés. La scène du bar est un exercice encore plus compliqué avec ses néons rouges, bleus et verts, ses zones très sombres et les personnes en mouvement. Le Fold8 s’en sort étonnamment bien : les couleurs restent distinctes, les visages sont correctement exposés et le smartphone ne transforme pas complètement la nuit en plein jour. En revanche, les détails fins sur les visages ou les vêtements deviennent plus mous dès que l’on agrandit l’image.
Le bilan est donc plutôt bon. Le Fold8 réalise de très belles photos en 1x, se débrouille correctement la nuit et dispose d’un ultra grand-angle intéressant. Mais son absence de téléobjectif devient difficile à accepter à ce niveau de prix : le 2x reste convaincant, le 4x peut dépanner et le 10x devient fortement lissé et artificiel. C’est clairement l’un des domaines où Samsung pousse les amateurs de photographie vers le Fold8 Ultra.




Autonomie : une journée, mais pas beaucoup plus
Avec ses 4 800 mAh, le Fold8 progresse par rapport aux 4 400 mAh de l’ancienne génération de Fold, mais Samsung reste nettement plus conservateur que plusieurs fabricants chinois qui dépassent désormais les 6 000 mAh sur leurs pliables. L’efficacité du Snapdragon compense heureusement une partie de cet écart. On reste sur une autonomie qui nous permet de faire une journée sans difficulté (30-40% à la fin en rentrant du travail).
C’est donc satisfaisant, mais certainement pas exceptionnel. La bonne nouvelle vient surtout de la recharge 45 W, qui remplace enfin les antiques 25 W auxquels Samsung s’était longtemps accroché sur ses Fold. Environ 70 % peuvent être récupérés en une trentaine de minutes dans certaines conditions. La charge sans fil est également présente, mais Samsung n’intègre toujours pas directement les aimants Qi2 : une coque compatible est nécessaire pour bénéficier d’une fixation magnétique.
Verdict
Le Galaxy Z Fold8 est probablement l’un des smartphones pliables Samsung les plus intéressants depuis longtemps, précisément parce qu’il ose enfin remettre en question le format historique de la gamme. Plus compact fermé, très léger malgré ses deux écrans et particulièrement agréable lorsqu’on le déplie, il donne davantage envie d’utiliser son grand écran pour lire, naviguer, regarder une vidéo ou simplement afficher deux applications simultanément.
Mais Samsung facture cher cette expérience. À 1 999 euros en 256 Go, 2 199 euros en 512 Go et 2 599 euros en 1 To aux tarifs de lancement, l’absence totale de téléobjectif, la batterie simplement correcte, l’absence de S Pen et quelques applications encore mal adaptées au nouveau format deviennent difficiles à ignorer.
Le Fold8 n’est donc pas le Galaxy pliable le plus impressionnant sur sa fiche technique : ce titre appartient au Fold8 Ultra. C’est en revanche peut-être le plus agréable à utiliser, et c’est finalement beaucoup plus important.