Stranger Things Saison 5 : comment la série échappe à la malédiction de Game of Thrones malgré ses défauts

Image d'illustration. Stranger ThingsNetflix / PR-ADN
Malgré ses imperfections, la cinquième saison de Stranger Things parvient à éviter le sort réservé aux dernières saisons de Game of Thrones. La série conserve l’engagement des fans et réussit là où d’autres productions populaires ont échoué.
Tl;dr
- Finale de Stranger Things salué malgré incohérences.
- L’émotion prime sur la logique narrative.
- Comparaison positive face à Game of Thrones.
Un géant du streaming sous pression
Difficile d’évoquer les séries des années 2010 sans s’attarder sur Stranger Things. Véritable phénomène, la production signée Netflix a non seulement marqué l’ère du streaming, mais a rapporté, selon certaines estimations, plus d’un milliard de dollars à la plateforme depuis 2020. Un succès tel que la cinquième et ultime saison se trouvait sous un feu nourri d’attentes, alimentées par le spectre d’une conclusion ratée, à l’image de celle qui a tant fait jaser autour de Game of Thrones.
Des failles scénaristiques… mais une émotion intacte
En toute honnêteté, le scénario de cette cinquième saison frôle parfois l’absurde. Les fans assidus n’ont pas tardé à pointer une série de failles narratives dans le dénouement, contredisant la promesse initiale des frères Duffer : « Toutes les questions trouveront leur réponse. » Entre des mystères jamais élucidés — tel le sort de la famille de Delightful Derek — et des choix scénaristiques discutables (comme le destin d’Eleven ou l’impunité quasi-totale dont jouissent Hopper et Nancy), il y avait matière à crispation. L’absence d’enjeu autour de la mort ou certains raccourcis concernant les Demogorgons ont nourri un flot de critiques en ligne.
L’essentiel : satisfaire le cœur plutôt que l’esprit
Mais voilà : malgré ces imperfections évidentes, la réception demeure largement positive. Un coup d’œil aux notes sur IMDb (7,9/10 pour l’épisode final) ou à la satisfaction générale suffit pour constater que le public a choisi d’accorder sa clémence. Le secret ? Selon beaucoup, il tient dans une règle d’or comprise par les frères Duffer mais négligée par Benioff et Weiss : « L’émotion prévaut toujours sur la logique. » Dans ce final, chaque personnage obtient son instant de grâce ; Dustin honore Eddie en décrochant un diplôme pour lui rendre hommage, Will prend son envol comme écrivain, Steve embrasse enfin un rôle paternel… Même si la résolution pour Eleven divise et semble avoir accouché de deux fins alternatives — reflet des débats internes du studio — cela ne vient pas ternir l’impact général.
Voici quelques moments-clés qui expliquent ce succès :
- Dustin réalise le rêve inachevé d’Eddie.
- Will entame une nouvelle vie en tant qu’auteur.
- Steve incarne définitivement une figure paternelle.
Une fin qui assume ses défauts
Là où Game of Thrones avait désavoué ses héros au profit du choc narratif, les créateurs de Stranger Things, eux, ont préféré offrir une lettre d’amour à leurs personnages. Ce parti pris sentimental a su toucher là où il fallait : dans l’attachement viscéral du public. Peu importe donc les trous dans le récit ; si les adieux sont sincères et cohérents avec ce que chaque spectateur attendait au fond de lui, alors oui — l’émotion l’emporte sur tout le reste.