En bref
- Kathleen Kennedy reconnaît des erreurs sur Star Wars
- Elle minimise les conflits avec certains réalisateurs
- Solo reste le cas le plus sensible
Piloter Star Wars, c’est gérer un paradoxe assez cruel. Les fans veulent retrouver ce qu’ils aiment, mais ils attendent aussi qu’on ne leur resserve pas toujours le même film sous un autre habillage. C’est précisément par là que Kathleen Kennedy, partie de Lucasfilm en janvier, relit aujourd’hui son passage à la tête du studio.
Le piège des franchises géantes
Dans un entretien accordé à The Hollywood Reporter, l’ancienne patronne de Lucasfilm explique que le vrai défi, pour une saga installée depuis près de cinquante ans, tient à cet équilibre presque impossible. Selon elle, Star Wars compte des fans pour qui cet univers pèse énormément, ce qui complique toute tentative de créer quelque chose de neuf et d’original.
L’idée n’a rien de choquant. Elle dit même pas mal de choses sur la crise traversée par la saga à la fin des années 2010, quand Les Derniers Jedi et Solo: A Star Wars Story ont déclenché des réactions bien plus divisées que d’habitude. Et, en coulisses, l’ambiance n’était pas franchement plus simple.
Des erreurs assumées, sans renier le bilan
Kathleen Kennedy admet que Star Wars a pris de mauvaises directions pendant son mandat. Le point le plus évident, c’est l’empilement des séries sur Disney+, qui a fini par diluer la franchise au lieu de l’élargir.
Elle ne va pas beaucoup plus loin dans l’autocritique. Sa ligne, en gros, reste assez claire. Dans le cinéma, tout ne peut pas être un succès parfait, dit-elle, et chaque revers sert aussi à apprendre. Elle ajoute rester fière du travail accompli. C’est une défense classique, mais pas absurde non plus au vu de son parcours de productrice, avant même son arrivée chez Lucasfilm en 2012 aux côtés de George Lucas.
Solo, Rogue One et la bataille du récit
Là où l’entretien devient plus délicat, c’est sur les rapports avec les réalisateurs. Interrogée sur ses frictions supposées avec Gareth Edwards pour Rogue One, ou avec Phil Lord et Chris Miller sur Solo, elle minimise. D’après elle, ce type de rupture ne s’est vraiment produit qu’une seule fois, et ces décisions relevaient aussi d’échelons supérieurs dans le studio.
Mais cette version peine quand même à effacer ce qu’on sait déjà. Depuis Solo et Rogue One, plusieurs personnes liées à ces films ont confirmé l’existence de tensions créatives avec la direction de Lucasfilm. Le témoignage de Ron Howard, appelé pour reprendre Solo, reste parlant. Il racontait avoir vu des images montées et compris ce qui inquiétait le studio, avec un décalage tonal très tôt entre le script voulu et ce que Phil Lord et Chris Miller tournaient. En clair, le problème n’était pas seulement humain, il touchait au cœur du film.
Ce qui ressort de cette prise de parole, finalement, c’est moins une réécriture spectaculaire de l’histoire qu’un aveu discret. Star Wars n’a jamais trouvé sous Disney la formule simple qu’on promet souvent aux franchises géantes. Et vu l’état de la saga aujourd’hui, ce débat-là n’a clairement pas fini de revenir.