Sora 2 et l’image des célébrités : un dilemme éthique

OpenAI promet des règles et contrôles renforcés pour la plateforme vidéo Sora 2, mais la controverse autour de l’usage des avatars virtuels perdure.

Sora 2 OpenAI
Image d'illustration. Sora 2 OpenAI — ADN

Tl;dr

  • Depuis son lancement, Sora 2 fait face à de nombreuses critiques, notamment des plaintes du monde de l’entertainment et de concurrents.
  • Cameo a intenté une action en justice contre OpenAI, accusant Sora 2 d’utiliser son nom et de menacer son modèle économique.
  • OpenAI promet des ajustements éthiques et des contrôles renforcés, mais les tensions autour de l’exploitation des images de célébrités persistent.

Sora 2 secouée par les critiques

Depuis son lancement, la nouvelle génération de modèle vidéo d’OpenAI, baptisée Sora 2, fait régulièrement les gros titres — rarement pour de bonnes raisons. À peine dévoilée, cette intelligence artificielle s’est retrouvée dans la tourmente, bousculée par une succession de plaintes venant tant du monde du spectacle que d’entreprises concurrentes. Le dernier épisode en date : une action en justice intentée par l’application Cameo, bien connue pour offrir des messages vidéo personnalisés enregistrés par des célébrités.

La bataille autour du nom « Cameo »

La société Cameo accuse formellement OpenAI devant un tribunal fédéral californien d’avoir porté atteinte à sa marque déposée. Selon les informations relayées par Reuters, le litige porte principalement sur une fonctionnalité récemment intégrée à Sora et baptisée elle aussi « Cameo ». Cette nouveauté donne la possibilité aux utilisateurs de créer et partager leur avatar virtuel sur Sora, ce qui selon la société plaignante « dilue fortement sa notoriété et nuit à son identité propre ».

Pour appuyer ses accusations, Cameo va plus loin : elle pointe non seulement l’utilisation de son nom, mais dénonce également la menace directe que représente Sora pour son modèle économique. Le cœur du problème ? L’IA d’OpenAI permettrait désormais aux utilisateurs de générer des vidéos hyperréalistes mettant en scène des sosies virtuels de célébrités. La plainte souligne avec insistance ce dilemme nouveau pour le public :

  • Choisir entre le service authentique proposé par Cameo, avec une vidéo personnalisée véritablement réalisée par la star,
  • Ou préférer l’option offerte par Sora pour un contenu généré par IA imitant leur image.

Tensions croissantes avec les célébrités et ajustements chez OpenAI

Ce n’est pas là le premier orage traversé par Sora 2. Dès ses débuts, la plateforme a été pointée du doigt pour l’exploitation jugée irrespectueuse de l’image de figures célèbres, vivantes ou décédées. L’acteur Bryan Cranston, épaulé par un collectif rassemblant réalisateurs et comédiens, a ainsi exigé des garanties quant à l’utilisation éthique de leurs identités numériques.

Face à ces multiples remous, la direction d’OpenAI, représentée par son PDG Sam Altman, a reconnu publiquement certaines failles et promis une évolution rapide des règles encadrant les contenus générés. Des mesures comme le recours au « opt-in » — c’est-à-dire rendre nécessaire l’accord explicite des personnalités concernées — ont été promises mais peinent encore à rassurer.

Dernière tentative en date pour calmer les inquiétudes : envisager la mise en place d’un contrôle parental renforcé (« age-gating ») sur les outils permettant de créer des vidéos à caractère sensible. Reste à savoir si ces ajustements suffiront à apaiser un climat déjà tendu autour de cette technologie qui questionne autant qu’elle fascine.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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