En bref
- Sergey Brin dépense plus de 100 millions de dollars pour combattre la taxe des milliardaires en Californie.
- La taxe pourrait financer la santé, mais fait craindre le départ des grandes fortunes de l’État.
- Le vote de novembre 2026 s’annonce très disputé, avec des milliardaires divisés sur la mesure.
Dépenser plus de 100 millions de dollars pour éviter une note potentielle de 13,3 milliards, c’est le genre de chiffre qui résume à lui seul la bataille autour de la future taxe des milliardaires en Californie. Et au centre du dossier, on retrouve Sergey Brin.
Un chèque de plus dans une bataille déjà énorme
Le cofondateur de Google a versé 20 millions de dollars supplémentaires à Build a Better California, une organisation qui milite contre la taxe proposée dans l’État, d’après un nouveau dépôt officiel. Avec ce nouveau chèque, Brin a désormais dépensé plus de 100 millions de dollars pour combattre une mesure qui pourrait lui coûter environ 13,3 milliards de dollars.
Sa fortune est estimée à 267 milliards de dollars. Résultat, on n’est pas sur un simple débat fiscal abstrait. On parle d’un affrontement frontal entre une initiative d’État et une poignée d’ultra-riches.
Ce que la Prop 40 changerait vraiment
La Prop 40, surnommée taxe des milliardaires, prévoit un prélèvement unique de 5% sur le patrimoine net d’environ 200 milliardaires vivant en Californie. L’argent récolté irait en grande partie vers les programmes de santé de l’État.
Ce détail compte, clairement. Le programme Medicaid californien, à lui seul, pourrait perdre jusqu’à 30 milliards de dollars, de financements fédéraux quand les coupes budgétaires de Donald Trump entreront en vigueur l’an prochain. Là, on comprend mieux pourquoi ce vote de novembre dépasse très vite le cadre d’une querelle entre milliardaires et administration.
La fuite des ultra-riches est déjà dans toutes les têtes
Brin n’est pas un cas isolé. Mark Zuckerberg, patron de Meta, aurait acheté cette année une villa à 170 millions de dollars près de Miami. De leur côté, Travis Kalanick, Peter Thiel et Larry Page ont aussi quitté l’État.
Même le gouverneur Gavin Newsom prend ses distances avec la proposition. Il redoute l’impact économique d’un départ des milliardaires et de leurs entreprises, et préfère défendre une taxe nationale. Dans un billet, il a aussi lâché une formule assez sèche, et assez juste, en expliquant que « aujourd’hui, l’employé de bureau peut supporter un taux d’imposition plus élevé que l’héritière ».
Le vote arrive, et tout le monde n’esquive pas
Les électeurs californiens voteront en novembre. L’organisation financée par Brin pousse en parallèle des mesures concurrentes qui, si elles passent, pourraient freiner concrètement la Prop 40 en limitant l’instauration de nouveaux impôts.
Mais tout le monde dans la tech ne fuit pas le sujet. Jensen Huang, cofondateur de Nvidia, a expliqué en janvier à Bloomberg qu’il était « parfaitement d’accord » avec l’idée de payer cette taxe. Lui devrait environ 8 milliards de dollars. La punchline est là, et elle pique un peu.