En bref
- Battlefield Earth reste un fiasco total
- Tarantino l’a pourtant défendu très tôt
- Aucune réhabilitation n’a suivi depuis 26 ans
Vingt ans, disait-il en substance. Il en faut vingt-six aujourd’hui pour mesurer à quel point le pronostic était à côté. Quentin Tarantino aurait adoré Battlefield Earth lors de sa première à Los Angeles, au point de lancer « J’adore ce film » et d’annoncer qu’on finirait par le célébrer plus tard. Sauf que ce moment n’est jamais venu.
Le pari de Tarantino n’a jamais pris
D’après le réalisateur Roger Christian, Tarantino s’était levé à la fin de la projection pour soutenir le film. Il lui aurait même glissé, en français, quelque chose comme « Ils ne comprendront pas avant 20 ans. Aimez ce film et oubliez le reste ». La phrase est restée. Pas la réhabilitation.
C’est ça qui frappe. On a vu des films mal reçus devenir cultes, parfois à juste titre. Ici, rien de ce genre. Battlefield Earth reste associé au ratage, pas à la redécouverte.
Un échec massif, pas juste un mauvais souvenir
Le film n’a pas seulement été moqué, il a aussi coulé au box-office. Son budget atteignait 73 millions, pour seulement 29,7 millions de recettes. Résultat, un échec financier net, presque aussi brutal que l’accueil critique.
Sur Rotten Tomatoes, le score cité pour le film plafonne à 3 %. Autrement dit, même en cherchant bien, on trouve très peu de défenseurs. Le cas le plus souvent mentionné est celui de Bob Graham, du San Francisco Chronicle. Pas mal de bruit autour du film, donc, mais surtout pour de mauvaises raisons.
Un projet chargé dès le départ
Sorti en 2000, Battlefield Earth portait déjà un bagage compliqué. John Travolta s’attaquait à une adaptation du roman de L. Ron Hubbard, figure fondatrice de la Scientologie. Le film a vite été démonté pour ses effets visuels, ses dialogues et un scénario jugé décousu.
Même son scénariste, J. David Shapiro, en a gardé une trace lourde sur le plan professionnel. Ce n’est pas anodin. Quand un film devient un repoussoir à ce point, il dépasse le simple flop pour entrer dans une autre catégorie, celle du titre qu’on cite comme exemple quand on parle de naufrage industriel.
Le petit mystère autour de cette défense
Un détail rend l’histoire encore plus curieuse. Selon un article du New York Times publié en 2000, Travolta avait d’abord proposé la réalisation à Tarantino. Il aurait refusé poliment, et le projet a fini chez Christian.
Du coup, son soutien public peut se lire de plusieurs façons. Geste amical envers un réalisateur pris pour cible, vrai enthousiasme pour un film bancal, ou léger regret d’avoir laissé passer un projet hors norme. On peut tourner ça comme on veut, une chose ne bouge pas, Battlefield Earth n’est pas devenu le chef-d’œuvre incompris qu’il croyait voir.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi Tarantino a-t-il défendu ce film ?
Le fond exact de sa pensée n’est pas documenté ici, et c’est justement ce qui entretient le sujet. Son intervention peut relever d’un goût sincère pour les objets de cinéma excessifs, ou d’un soutien personnel à Roger Christian. Le fait qu’il ait été approché avant la production ajoute une couche de curiosité.
Le film a-t-il au moins trouvé un public culte avec le temps ?
Pas dans le sens noble du terme. Certains films ratés finissent admirés pour leur singularité ou réévalués pour leurs idées. Ici, la réputation du film reste surtout liée à la moquerie et à l’échec, sans vrai mouvement de réhabilitation critique ou populaire.
Pourquoi le box-office compte autant dans ce cas ?
Parce qu’il confirme que le rejet n’a pas été limité à la presse. Un film peut être massacré par les critiques et marcher quand même. Là, non. Avec 29,7 millions de recettes pour 73 millions de budget, le rejet est double, artistique et commercial.
Qu’est-ce qui est le plus reproché à Battlefield Earth ?
Les critiques citées reviennent sur trois points très concrets, les effets visuels, les dialogues et la structure du récit. En gros, ce sont les bases mêmes du film qui ont été contestées, pas un simple détail de mise en scène ou un choix de casting.