En bref
- Des stars n’ont pas sauvé ces séries
- Certaines ont disparu après un ou deux épisodes
- Le casting ne remplace ni concept ni public
Le plus frappant, ici, ce n’est pas la liste des noms. C’est la vitesse. Heather Graham, Hank Azaria, Kelsey Grammer ou Steve Carell ont tous porté des séries qui n’ont quasiment jamais eu le temps d’exister.
La télé coupe parfois avant même le verdict
Chez ABC, Emily’s Reasons Why Not a été l’exemple le plus brutal. Cette sitcom inspirée d’un roman de Carrie Gerlach, avec Heather Graham en éditrice de Los Angeles testant une règle amoureuse, n’a eu droit qu’à un seul épisode diffusé, le 9 janvier 2006. L’audience, 6,2 millions de téléspectateurs, paraissait faible face aux 23,7 millions de Desperate Housewives. La chaîne, qui avait pourtant beaucoup poussé le lancement, a stoppé la production après la fin du tournage du sixième épisode.
Le producteur exécutif Gavin Polone résumait ça ainsi: dans un environnement ultra concurrentiel, quand le public ne vient pas, les décisions tombent vite. Et la critique n’a pas aidé. Alessandra Stanley, au New York Times, jugeait Heather Graham rebutante dans le rôle. Dana Stevens, chez Slate, parlait d’un nouveau contretemps dans la carrière de l’actrice.
Même logique pour We Are Men. CBS avait commandé 10 épisodes en 2013, mais seulement deux ont été diffusés. Malgré Tony Shalhoub, Kal Penn, Jerry O’Connell, Christopher Nicholas Smith et Rebecca Breeds, cette comédie sur un homme lâché à l’autel qui se lie à trois divorcés n’a convaincu personne. Son score critique sur Rotten Tomatoes, 4%, dit déjà pas mal de choses.
Des comédies avec de gros noms, mais sans vraie étincelle
Avant The Office, Steve Carell apparaissait dans Over the Top aux côtés de Tim Curry. La série suivait un acteur viré d’un soap, réfugié dans l’hôtel de son ex-femme, jouée par Annie Potts. Onze épisodes avaient été tournés, trois seulement ont été diffusés par ABC. Bon, le vrai problème semblait moins industriel qu’artistique: humour routinier, idée maigre, critiques féroces.
Quelques années plus tard, Kelsey Grammer a remis ça avec Partners, cette fois avec Martin Lawrence. Les deux jouaient des avocats de Chicago forcés d’associer leurs méthodes opposées. FX avait prévu 10 épisodes, avec la possibilité d’en commander 90 de plus si ça marchait. Ça n’a pas marché. La série s’est arrêtée à sa première saison.
Même un acteur culte peut se retrouver dans une quasi-série fantôme
Le cas de Imagine That est presque plus fascinant que la série elle-même. Hank Azaria, qu’on associe autant à Friends qu’à The Simpsons, y jouait un auteur de comédie télé nourrissant ses scripts de fantasmes à la Walter Mitty. Six épisodes ont été produits, deux diffusés, puis plus grand-chose. Aujourd’hui, la série ressemble à une lost media miniature, avec un pilote qui réapparaîtrait parfois en ligne.
Ce que ces annulations racontent vraiment
On pouvait croire qu’un grand nom offrait un matelas de sécurité. En réalité, la télévision linéaire de l’époque fonctionnait autrement: audience immédiate, critiques assassines, et coupe franche. Clairement, ces séries rappellent une chose simple, la notoriété attire peut-être l’œil, mais elle ne crée ni désir durable ni bonne série. Et ça, dans une industrie qui juge très vite, ça change tout.