En bref
- Sleepaway Camp domine le décor de colonie
- Deux classiques recyclent la légende de Cropsey
- Fear Street 1978 modernise la formule
On associe souvent la colonie de vacances à Vendredi 13. C’est mérité, mais pas totalement exact. Le film qui exploite le mieux ce décor, avec tout ce qu’il a d’isolé, d’hostile et de faussement rassurant, c’est sans doute Sleepaway Camp.
Le film qui pousse vraiment la colonie dans l’inconfort
Sorti en 1983, Sleepaway Camp suit les cousins Angela et Ricky envoyés au Camp Arawak, pendant qu’un tueur s’en prend aux campeurs comme au personnel. On retient souvent son twist final, évidemment, mais ce n’est pas la seule raison. Le film a ce mélange étrange de kitsch et de malaise vrai, avec des plans silencieux sur la nature et des meurtres qui laissent une sale impression.
Et surtout, la colonie vit vraiment. Il y a des enfants, des moniteurs, un cadre actif. C’est là que la comparaison avec Vendredi 13 pique un peu. Dans la saga, seuls les deux premiers films, puis le sixième, placent réellement des conseillers de camp au centre. Le reste tourne plutôt autour d’ados en balade près de Crystal Lake. Sleepaway Camp, lui, transforme pleinement une colonie en cauchemar. Clairement, l’effet est plus dérangeant.
Quand la légende de feu de camp devient un slasher
Deux films de 1981 creusent la même veine, celle de Cropsey, croque-mitaine bien connu à New York dans les années 1970 et 1980. Madman commence avec des moniteurs qui racontent l’histoire de Madman Marz, meurtrier supposé de sa femme et de sa fille, tué ensuite par les habitants. Prononcer son nom le ferait revenir. Évidemment, c’est ce qui arrive.
Le rythme est lent, parfois trop, mais l’ambiance tient la route, avec de longues marches dans une forêt à peine éclairée. Madman Marz, masse brutale avant l’heure, annonce pas mal de tueurs slashers à venir, y compris un certain Jason Voorhees.
De son côté, The Burning reprend Cropsey de manière plus frontale. Gardien violent du Camp Blackfoot, il est atrocement brûlé après une farce ratée, puis revient des années plus tard pour se venger des ados devenus moniteurs. Le film marque par ses effets signés Tom Savini, notamment le massacre du radeau, mais pas seulement. Le visage brûlé de Cropsey, révélé tardivement, vaut le détour à lui seul.
Le décor survit aux époques, du bizarre fauché à Netflix
Plus récent, Fear Street Part Two: 1978 prouve que la formule marche encore. Le deuxième volet de la trilogie de Leigh Janiak, mise en ligne sur Netflix durant l’été 2021, revient sur le passé de Shadyside, ville hantée par la malédiction de Sarah Fier. Au Camp Nightwing, deux sœurs se retrouvent au milieu d’un massacre quand un conseiller est possédé. Le film rend hommage aux slashers des années 1980, mais garde sa propre identité avec des personnages attachants et une vraie part de mystère.
Et puis il y a l’outsider un peu sale, un peu absurde, Cheerleader Camp. Pas une colonie traditionnelle, bon, mais assez proche pour entrer dans le lot. Réalisé par John Quinn en 1988, le film suit Alison, jouée par Betsy Russell, hantée par des cauchemars avant une compétition. Une fois sur place, les morts s’enchaînent. Le scénario tient sur un timbre-poste, pourtant ses séquences de rêve très désorientantes et sa révélation finale, cruelle et amusante, lui donnent une vraie personnalité.
Ce qui ressort de ces cinq titres, c’est simple. La colonie n’est pas qu’un décor nostalgique. C’est une machine à isoler les personnages, et donc à rendre l’horreur plus intime. C’est pour ça que le motif continue de revenir.