En bref
- Les grands networks ont tous refusé la série
- Paramount a imposé des conditions très dures
- La syndication a transformé cet échec en succès
Toutes les grandes chaînes américaines ont laissé passer Star Trek: The Next Generation. Avec le recul, c’est presque absurde. La série lancée en 1987 allait pourtant devenir l’un des visages les plus solides de la franchise.
Le refus qui a finalement aidé la série
Ce rejet n’avait rien d’un simple désamour pour la science-fiction. Paramount voulait verrouiller la diffusion de bout en bout. Le studio exigeait une case horaire stable, sans déplacement au gré de la grille, là où les networks changent souvent le jour ou l’heure d’un programme quand les audiences flottent.
Et ce n’est pas tout. Il fallait aussi que la série ne soit jamais déprogrammée, même en cas d’événement sportif. Ajoutez à ça une commande ferme de 26 épisodes et un engagement publicitaire clair pour soutenir le lancement. Pour CBS, NBC, ABC et la toute jeune Fox, ça faisait beaucoup.
Paramount a préféré garder la main
Le contexte compte. Le Star Trek original avait circulé entre NBC puis CBS, mais la franchise a fini par être perçue comme une propriété de Paramount, pas comme celle d’un grand network historique. Du coup, le studio n’avait aucune raison de laisser un diffuseur traiter la série comme un programme parmi d’autres.
Le patron de Paramount Television, Mel Harris, en était arrivé à une conclusion très simple, « personne d’autre ne s’occuperait autant de Star Trek que nous ». Dit autrement, si la marque devait revenir fort, autant garder le volant.
La syndication, pari risqué devenu avantage
Plutôt que de vendre la série à un réseau national, Paramount l’a placée en syndication, donc directement auprès des stations locales. C’était risqué, parce qu’un programme peu populaire peut y disparaître très vite. Mais il y avait une logique assez nette derrière ce choix.
Depuis des années, les rediffusions du Star Trek original tournaient déjà sur ces antennes. Paramount a donc proposé The Next Generation à ces mêmes stations, qui pouvaient enchaîner les deux séries. Résultat, la nouvelle version obtenait exactement ce que les networks refusaient, visibilité, promos locales, horaire régulier et saison complète garantie.
Ce que ce choix a changé pour Star Trek
L’histoire a un petit goût de revanche. Après l’accueil décevant de Star Trek: The Motion Picture en 1979, Gene Roddenberry avait été écarté des films suivants. Il s’est alors lancé dans une nouvelle série, située environ un siècle après l’originale, avec un nouvel Enterprise, un nouvel équipage et le capitaine Picard à la place de Kirk. Malgré des tensions en salle d’écriture, la série a tenu sept saisons.
Roddenberry, mort en 1991, a eu le temps de voir ce succès prendre. Et l’effet a dépassé une seule série. Star Trek: Deep Space Nine a suivi le même chemin en syndication, avant que Paramount ne passe à l’étape d’après en 1995, lancer son propre network, UPN, avec Star Trek: Voyager comme vitrine. Parfois, se faire fermer la porte oblige juste à construire son propre couloir.