En bref
- La trilogie Firefly revient en coffret 4K.
- Le premier film a failli disparaître.
- Trois films cultes, bruts, très inégaux.
Le retour de la trilogie Firefly en 4K n’a rien d’anodin. Lionsgate ressort les trois films de Rob Zombie dans un coffret pensé pour Halloween, avec un vrai argument pour les fans, House of 1000 Corpses arrive pour la première fois dans ce format. Et vu le rapport presque organique du cinéaste à l’horreur de saison, le timing est plutôt bien senti.
Un retour logique pour la saison d’Halloween
Le coffret ne se contente pas d’empiler trois longs-métrages. On y trouve aussi un livre photo supervisé par Rob Zombie, des bonus déjà connus, plus deux documentaires, 30 Days in Hell: The Making of The Devil’s Rejects et To Hell and Back: The Making of 3 From Hell. Pour une saga qui vit beaucoup sur son aura culte, ce genre d’édition compte presque autant que les films eux-mêmes.
Il y a aussi, derrière cette ressortie, une forme de réévaluation. Pas celle d’une œuvre raffinée, clairement pas, mais celle d’un morceau d’horreur américaine sale, excessif, et très identifié.
Le film qui a failli ne jamais sortir
Le plus intéressant, c’est peut-être le point de départ. House of 1000 Corpses, premier passage de Rob Zombie derrière la caméra, a bien failli rester au placard. Universal Pictures devait sortir le film, avant de reculer face à un classement NC-17, trop toxique pour le studio.
Résultat ? Le film est mis de côté, puis récupéré par Lionsgate, qui le sort finalement en 2003. Ce petit projet fauché devient alors un succès modeste, porté par un public horrifique très réceptif à ce type de controverse. Même Rob Zombie l’a décrit comme un désastre calamiteux, mais un désastre qui a lancé une franchise, quand même.
Une trilogie qui bascule du slasher au road movie sordide
Le premier film reprend la logique de The Texas Chain Saw Massacre, des jeunes tombent sur une famille de tueurs en série. Sauf que Rob Zombie regarde moins les victimes que les bourreaux. C’est là que son cinéma se distingue, et aussi qu’il divise.
The Devil’s Rejects pousse cette idée beaucoup plus loin. Le film est plus cruel, plus poisseux, et surtout meilleur. Cette fois, on suit presque uniquement les tueurs, pendant qu’un homme de loi incarné par William Forsythe se révèle encore plus sadique qu’eux.
La fin semblait boucler l’affaire. Mais Rob Zombie est revenu une dernière fois avec 3 from Hell, le moins convaincant du lot, même s’il garde quelques éclats de brutalité assez mémorables.
Pourquoi ça compte encore, malgré les limites évidentes
Rob Zombie reste un cinéaste frustrant. Très fort pour fabriquer des images dérangeantes, bien moins pour écrire des dialogues. Ses autres films confirment ce grand écart, les deux Halloween divisent, le second étant souvent jugé meilleur, The Lords of Salem passe pour l’un de ses travaux les plus solides, et 31 laisse un souvenir autrement plus discutable.
Mais la trilogie Firefly garde quelque chose. Pas de subtilité, pas de grande invention, pas mal de gras aussi. En gros, c’est de la junk food horrifique. Et dans un paysage où l’horreur tend parfois à se lisser, cette rugosité-là continue d’avoir une vraie place.