En bref
- La BBC a censuré l’épisode au Royaume-Uni
- Le baiser n’était pas la vraie raison
- La violence a pesé plus lourd
Beaucoup retiennent une chose de « Plato’s Stepchildren », le baiser entre Kirk et Uhura. Et logiquement, on pourrait croire que c’est précisément ce moment qui a fait bloquer l’épisode au Royaume-Uni. En réalité, non.
Le baiser qui a marqué la télévision, mais pas la censure
Diffusé en 1968, cet épisode de Star Trek: The Original Series est resté dans l’histoire pour avoir montré à l’écran un baiser entre un homme blanc, le capitaine Kirk, et une femme noire, le lieutenant Uhura. Pendant des années, il a été présenté comme le premier baiser interracial de la télévision. Ce point se discute davantage aujourd’hui, mais une chose ne bouge pas, c’était alors le plus connu sur une grande série.
Ce poids symbolique explique pourquoi l’épisode est encore cité parmi les plus importants de la franchise. Il touchait à la question raciale de front, à une époque où la télévision avançait rarement aussi loin.
Ce que la BBC ne voulait vraiment pas montrer
Le plus surprenant, c’est que la BBC n’a pas coincé sur ce baiser. Elle a surtout jugé l’épisode trop centré sur le sadisme et la torture.
Dans l’intrigue, l’Enterprise arrive sur une planète peuplée de télékinésistes. Leur chef, un homme arrogant et colérique, prend plaisir à humilier et faire souffrir les autres. Toute l’histoire repose sur cet abus de pouvoir. On voit notamment Kirk et Spock contraints de danser sous l’effet de la télékinésie. Rien de gore, clairement, mais pour l’époque et pour cette série, la violence sortait du cadre habituel.
Le vrai nœud du problème, c’était le public visé
Là, on touche au détail qui change tout. La BBC classait Star Trek comme une émission pour enfants, sans doute à cause de son emballage science-fiction.
Du coup, dès qu’un épisode lui semblait trop violent ou trop sexuel pour ce public, il sautait. « Plato’s Stepchildren » n’a pas été un cas isolé. « Whom Gods Destroy » a lui aussi été écarté, notamment à cause d’une scène avec la danse de Marta. L’équipe de la série s’attendait à provoquer des réactions, mais être stoppée pour représentation de torture, disons que ce n’était pas le scénario le plus évident.
Une ironie très Star Trek
Ce qui reste fascinant, c’est l’écart entre la réputation de l’épisode et la raison de son interdiction. On se souvient de lui pour un geste fort sur la race et pour l’idée, très Star Trek, qu’une personne se juge à son caractère. Pourtant, la BBC a vu surtout la brutalité du récit autour de cette scène.
Et c’est là que l’histoire devient presque drôle. Le moment que beaucoup imaginaient intolérable a été bien accueilli. Ce qui a coincé, c’était le contexte. Pas le symbole. Pour une série qui a passé son temps à bousculer les cadres, c’est quand même un sacré retournement.