En bref
- Grimm a duré six saisons sur NBC.
- Son mélange polar-fantastique lui donne un vrai relief.
- Sa durée plus courte joue en sa faveur.
La série la plus connue n’est pas toujours celle qui tient le mieux son concept. Dans le registre de la chasse aux monstres, Supernatural a marqué la culture pop avec ses 15 saisons et 327 épisodes. Mais si on regarde la mécanique, la tenue du récit et l’impact sur les personnages, Grimm a des arguments très sérieux.
Une série moins célèbre, mais plus nette dans son idée
Lancée le 28 octobre 2011 sur NBC, Grimm a duré 6 saisons pour 123 épisodes. On y suit Nicholas Burkhardt, inspecteur de la police criminelle à Portland, qui découvre qu’il est un Grimm, héritier d’une lignée chargée d’affronter les créatures mythologiques, les Wesen, et de maintenir un équilibre avec les humains.
Autour de David Giuntoli, la série réunit aussi Russell Hornsby, Silas Weir Mitchell, Elizabeth Tulloch, Sasha Roiz, Reggie Lee, Bree Turner et Claire Coffee. Sur le papier, la proximité avec Supernatural, arrivée six ans plus tôt, saute aux yeux. En pratique, Grimm choisit autre chose, une mythologie plus imbriquée et un regard plus proche des personnages.
Le policier fantastique change tout
C’est là que la série devient plus intéressante qu’elle n’en a l’air. Oui, il y a un monstre de la semaine. Mais chaque affaire nourrit aussi une enquête plus vaste. Nick croise des Wesen qu’il n’a jamais vus, ce qui élargit le lore au fil des épisodes, pendant que son travail de flic relie ce folklore à des crimes très concrets.
Résultat, le récit fonctionne comme un monde caché glissé dans le nôtre. Et ce n’est pas qu’un décor malin. Cette structure donne à Grimm une complexité que Supernatural n’avait pas toujours, surtout dans ses premières saisons.
Des conséquences qui restent, au lieu de filer à la ville suivante
L’autre différence, elle est presque physique. Nick ne peut pas bouger, repartir, effacer. Il reste sur place avec ce qu’il a déclenché. Les vieilles rancunes, les conspirations, les histoires de sang et d’héritage finissent par contaminer toute sa vie.
Et ça touche aussi ses proches. Le cas de Juliette, jouée par Elizabeth Tulloch, le montre bien quand elle devient une Hexenbiest avant d’être abattue. Grimm ne parle donc pas seulement de monstres. La série parle surtout de ce que devient quelqu’un quand il doit accepter ce qu’il est.
Une durée plus courte, et peut-être une meilleure tenue
Annulée en 2017, avec un spin-off qui n’a jamais vu le jour, Grimm a laissé des fans frustrés, au point que les appels à un reboot reviennent régulièrement. Mais cette brièveté joue aussi pour elle.
Là où Supernatural a parfois fini par se retrouver prisonnière de sa propre mythologie, avec des enjeux toujours plus énormes, Grimm est restée plus resserrée, plus grise moralement, plus crédible aussi. Nick ne combat pas Dieu pour sauver le monde. Il essaie de faire son boulot. Et c’est sans doute pour ça que la série vieillit mieux que sa réputation.