En bref
- Comanche Moon date de 2008 sur CBS.
- Val Kilmer y domine clairement le casting.
- Moins culte, mais loin d’être ratée.
Il y a des projets qu’on découvre avec un petit temps de retard, puis cette question arrive tout de suite, comment une mini-série avec Val Kilmer, Karl Urban et Steve Zahn a pu rester aussi discrète ? Comanche Moon, diffusée en janvier 2008 sur CBS, fait partie de ceux-là.
Un préquel coincé dans l’ombre d’un monument
Le problème, dès le départ, c’est la comparaison. Comanche Moon adapte le roman publié en 1997 par Larry McMurtry, le quatrième et dernier livre de la saga Lonesome Dove. Sauf que dans la chronologie de l’histoire, c’est en réalité un préquel, placé avant la mini-série de 1989.
Et ce n’était pas la première adaptation du cycle. Après Lonesome Dove, il y a eu Streets of Laredo, puis Dead Man’s Walk, sans oublier Return to Lonesome Dove. Bref, un ensemble pas toujours limpide pour le public. Comanche Moon arrivait donc avec un vrai handicap, celui d’être à la fois tardive, dérivée et rattachée à un classique.
Val Kilmer au centre, Karl Urban et Steve Zahn autour
Sur six heures, réparties en trois parties, la série suit les années intermédiaires de Woodrow Call et Augustus McCrae, incarnés ici par Karl Urban et Steve Zahn, alors qu’ils servent comme Texas Rangers au XIXe siècle.
Sous les ordres d’Inish Scull, joué par Val Kilmer, ils partent traquer trois hors-la-loi, Buffalo Hump, Kicking Wolf et le bandit mexicain Ahumado. Sur leur route, on croise aussi Famous Shoes, pisteur kickapoo interprété par David Midthunder, ainsi que Clara Forsythe chez Linda Cardellini, Maggie Tilton chez Elizabeth Banks, et Newt joué par Joseph Castanon.
Le plus marquant, quand même, reste Val Kilmer. Son officier aristocrate, héros de la guerre du Mexique, capte l’écran presque à chaque apparition, y compris dans ses scènes avec Inez Scull, jouée par Rachel Griffiths. La série a un centre de gravité, c’est lui.
Un accueil tiède, mais pas un échec artistique total
Le poids de l’héritage se comprend vite. En 1989, Lonesome Dove, avec Robert Duvall et Tommy Lee Jones, avait été un énorme succès pour CBS, avec 18 nominations aux Emmy, sept victoires, deux Golden Globes et un score critique de 98 % sur Rotten Tomatoes.
Face à ça, Comanche Moon n’a jamais pu rivaliser. Ginia Bellafante, dans le New York Times, jugeait l’ensemble imparfaitement distribué. Ray Richmond, au Hollywood Reporter, pointait un final frustrant, qui ne connecte pas tout à fait. Mais la série a un atout concret, le scénario est signé par Larry McMurtry et Diana Ossana, le duo derrière Brokeback Mountain.
Pourquoi elle reste visible aujourd’hui
Ce qui sauve souvent une œuvre oubliée, ce ne sont pas les notes, c’est la mémoire des spectateurs. Sur Letterboxd, plusieurs fans défendent encore la mini-série, notamment pour sa fin, moins tournée vers la résolution que vers la réflexion sur la responsabilité, l’adaptation et la survie.
Si vous aimez les westerns plus mélancoliques que triomphants, ça compte. Et si vous voulez vérifier par vous-même, Comanche Moon se loue sur Apple TV et Prime Video. Ce n’est pas le monument de 1989. Mais dans un paysage où les franchises vivent surtout par le bruit, voir une suite discrète conserver un vrai regard, c’est pas mal de choses à retenir.