En bref
- Hawkeye devait aussi pouvoir mourir
- Des collègues ont défendu Natasha
- Son sacrifice servait mieux son arc
La mort de Black Widow dans Avengers: Endgame n’a jamais vraiment cessé de diviser. Et ce n’est pas juste une affaire de fans frustrés. Derrière, il y avait une vraie question d’écriture, presque de ligne éditoriale pour le MCU, autour de qui devait tomber sur Vormir et pourquoi.
Un choix discuté jusque dans l’équipe
Lors d’une séance de questions-réponses après une projection encore de Avengers: Endgame relayée par Forbes, le co-scénariste Stephen McFeely a confirmé qu’une version avec la mort de Hawkeye avait bien été envisagée. Rien d’anecdotique. Tuer la seule Avenger fondatrice du groupe côté féminin, ce n’est pas un détail de script.
Stephen McFeely raconte même que des collègues femmes s’y sont opposées frontalement. Leur réaction, en substance, était claire: « Ne lui faites pas ça. Ne lui prenez pas son moment héroïque pour le donner à lui ». Le point est intéressant, parce qu’il dépasse la scène elle-même. Il touche à la façon dont Marvel distribue ses grands gestes héroïques.
Vormir, un sacrifice pensé comme une affaire de famille
Depuis Infinity War, la règle de la Pierre de l’Âme était posée. Thanos avait obtenu la pierre en tuant Gamora. Dans l’autre sens, pour les héros, il fallait rejouer cette logique terrible avec quelqu’un qu’on aime.
Chez Clint Barton et Natasha Romanoff, ce lien n’était pas romantique. C’était plus intéressant que ça, d’ailleurs. Une famille choisie, forgée par les missions, la dette morale, les années passées à se couvrir mutuellement. Les deux sont des assassins entraînés, les deux ont vécu en sachant qu’une mission pouvait être la dernière. Résultat? Ils se battent littéralement pour mourir.
Pourquoi Natasha collait mieux à l’arc du film
La raison la plus forte avancée par McFeely tient au parcours de Natasha. Il explique en français que, dans la grande image, elle a du sang sur les mains et qu’elle passe sa vie à essayer de réparer ça. Les Avengers deviennent alors sa vraie famille, celle qu’elle s’est construite.
Du coup, la laisser sauver cette famille avait plus de poids que de faire mourir Clint. Lui, le film l’avait déjà replacé du côté de sa famille biologique. Natasha, elle, existait surtout dans ce collectif.
Une mort vite encaissée, mais pas effacée
McFeely reconnaît quand même une limite. Le récit d’Endgame file si vite que la mort de Black Widow n’a pas beaucoup d’espace pour respirer. Les scénaristes ont donc ajouté des dialogues à la fin pour mieux reconnaître son sacrifice, en parallèle de celui d’Iron Man.
Et non, Marvel n’a pas joué la carte du retour facile. Même si une autre Gamora a refait surface, Hulk dit explicitement qu’il a essayé de ramener Natasha. Sans succès. Elle reste morte dans la chronologie principale, ses variantes étant cantonnées à What If…?. C’est rude, clairement. Mais ça dit aussi quelque chose du multivers chez Marvel: tout n’est pas réversible, et c’est peut-être la seule façon de garder encore un peu de poids aux morts majeures.