En bref
- Une enquête du Wall Street Journal accuse Polymarket d’avoir financé une campagne massive de vidéos promotionnelles trompeuses, avec plus de 1 100 contenus encadrés par des consignes précises.
- Une grande partie des vidéos simulait des paris sur des faux sites et montrait parfois des “gains” fictifs, créant une illusion de plateforme réelle et rentable.
- L’enquête évoque aussi une stratégie de diffusion virale via des comptes sociaux, dans un contexte où les marchés prédictifs font déjà l’objet de fortes tensions réglementaires dans plusieurs pays.
1105 vidéos. C’est le volume qu’a passé au crible le Wall Street Journal, et ça change tout. On n’est plus dans l’anecdote ou le clip douteux perdu sur TikTok, mais dans quelque chose de beaucoup plus large, avec une mécanique promo qui a visiblement tourné à plein régime.
Un volume qui change l’échelle du problème
L’enquête du Wall Street Journal raconte que Polymarket a payé des créateurs pour publier des contenus trompeurs destinés à promouvoir sa plateforme de marché prédictif. Le journal a examiné 1105 vidéos, ainsi que des consignes transmises aux créateurs pour rendre leurs publications crédibles et engageantes.
Dit autrement, ce n’était pas juste quelques influenceurs un peu trop zélés. Il y avait un cadre, des instructions, une méthode. Et ça, quand même, ça pèse beaucoup plus lourd.
Des paris mis en scène, pas montrés pour de vrai
Le point le plus sale est là. Parmi les 1 105 vidéos étudiées, 778 semblaient montrer une personne en train de placer un pari. Sauf qu’en regardant de près, aucune de ces vidéos ne montrait le vrai site de Polymarket. À la place, elles utilisaient des sites factices conçus pour ressembler au vrai.
Le genre de détail qui change tout pour le spectateur. Vous pensez voir une démo réelle, vous regardez en fait une mise en scène.
Même les gains affichés ne tenaient pas debout
Et ce n’est pas fini. Pour plus de la moitié des vidéos qui donnaient l’impression de montrer des paris gagnants, ces paris auraient en réalité été perdants, toujours d’après le Wall Street Journal. Le journal dit aussi avoir parlé à des créateurs ayant travaillé avec Polymarket, et consulté les documents qu’ils auraient reçus pour rendre leurs vidéos plus convaincantes.
Bref, l’illusion ne portait pas seulement sur l’interface. Elle touchait aussi le résultat lui-même. Là, on sort du simple habillage marketing.
Une machine virale au pire moment
L’enquête ajoute que Polymarket aurait aussi mobilisé une armée de comptes sociaux chargée de repartager ces vidéos pour les pousser dans les feeds et les rendre virales. Pas mal de bruit, donc, autour de contenus dont la fiabilité est sérieusement mise en cause.
Le timing est particulièrement mauvais. Les gouvernements se demandent déjà comment encadrer ces marchés prédictifs. Le mois dernier, le Minnesota est devenu le premier État américain à les interdire. D’autres États ont tenté la même chose, mais plusieurs procédures judiciaires contestent ces mesures. Et en mai 2026, l’Espagne a bloqué Polymarket ainsi que Kalshi, le temps de déterminer s’ils enfreignent sa loi sur les jeux d’argent. Autant dire que cette enquête n’arrive pas dans le vide.