En bref
- Nicolas Cage ne veut plus travailler avec Amazon
- Le vrai point de rupture, c’est l’IA
- Spider-Noir a aussi été annulée pour raisons budgétaires
L’affaire Spider-Noir raconte quelque chose de plus large qu’une série stoppée trop tôt. Elle met en plein jour une fracture devenue très concrète à Hollywood, celle entre les studios qui misent sur l’IA générative et des artistes qui y voient une menace directe pour leur visage, leur travail et, au fond, leur contrôle.
Derrière la série annulée, un désaccord bien plus profond
Interrogé par Variety au NYCC, Nicolas Cage a expliqué qu’il ne pensait probablement plus retravailler avec Amazon Studios. Et non, pas d’abord à cause de l’arrêt de Spider-Noir. L’acteur a surtout visé la stratégie pro-IA du groupe, rappelant qu’Amazon a investi environ 46 milliards d’euros (50 milliards de dollars) dans OpenAI.
Il a été encore plus clair sur son cas personnel. Nicolas Cage a déclaré « Je suis probablement pas près de retravailler avec ce studio, mais ce n’est pas grave », avant d’ajouter qu’il n’était pas un acteur favorable à l’IA et qu’il n’avait pas signé la décharge autorisant son usage sur Spider-Noir. La salle a applaudi quand il a précisé ce refus. Résultat, le débat a changé de nature.
Spider-Noir, une annulation qui a surpris
Ce qui rend l’histoire encore plus rude, c’est que Spider-Noir n’avait rien du projet interchangeable. Dans l’univers Marvel, la série était présentée comme l’une des propositions les plus originales vues depuis le passage des comics à l’écran, avec un casting solide et une esthétique franchement inattendue.
Nicolas Cage y incarnait Ben Reilly. Et Amazon a pourtant mis fin au programme pour des raisons de budget, au moment où la série commençait à trouver sa forme. C’est là que le contraste pique un peu, quand on connaît la réputation du groupe pour ses dépenses massives sur d’autres productions.
Amazon assume l’IA, le milieu créatif grince
Le fond du problème, il est là. D’après Reuters, Amazon a mis en place un AI Studio piloté par Albert Cheng, avec une promesse très simple sur le papier, fluidifier la production, de la préparation au montage, pour réduire les coûts. Le dirigeant affirme que les créatifs resteront impliqués.
Mais sur le terrain, ça coince quand même. Sur X, pas mal de réactions ont salué l’intégrité artistique de Nicolas Cage, certains estimant qu’une fois ce type d’autorisation signé, la maîtrise de son image devient floue. Et cette défiance ne sort pas de nulle part, plusieurs pétitions contre l’usage de l’IA dans les espaces créatifs ont déjà recueilli des milliers de signatures.
Bref, l’annulation de Spider-Noir compte. Mais ce que révèle la sortie de Nicolas Cage compte sans doute davantage, un futur du streaming où la bataille ne se joue plus seulement sur les budgets ou les licences, mais sur le consentement créatif lui-même.