En bref
- Access Hollywood s’arrête après presque 30 ans
- Le streaming grignote la télévision de journée
- NBCUniversal coupe aussi d’autres talk-shows
Presque 30 ans à l’écran, plus de 12 000 épisodes, et pourtant la fin arrive d’un coup. NBCUniversal a acté l’arrêt de Access Hollywood, lancé en 1996, un nom qui faisait partie du décor aux États-Unis et qui avait longtemps joué dans la même cour que Entertainment Tonight sur CBS.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la disparition d’une émission installée. C’est le timing. Un programme capable de durer trois décennies ne s’effondre pas par accident, il se heurte à un basculement plus large des usages.
Trente ans à l’antenne, puis coupure nette
Avec Access Hollywood, c’est un morceau de la télévision de jour américaine qui s’efface. L’émission faisait partie de cette mécanique bien huilée de la syndication en première diffusion, ce modèle où des programmes sont vendus à de nombreuses stations locales. Bon, ce système a longtemps tenu, mais il n’a plus le même poids.
L’arrêt annoncé par NBCUniversal dépasse donc le cas d’un seul titre. Il marque une rupture très visible pour un format qui semblait presque automatique dans le paysage télé.
Le vrai adversaire n’est plus la chaîne d’en face
La raison, elle est assez claire. Le public se détourne des rendez-vous fixes de journée au profit de plateformes où tout est disponible tout de suite, qu’il s’agisse de séries, de vieux films ou de documentaires criminels. Netflix et Hulu captent cette habitude, et YouTube pèse encore plus lourd avec plus de 2,5 milliards d’utilisateurs actifs par mois.
Du coup, la concurrence ne vient plus seulement d’un autre talk-show diffusé au même horaire. Elle vient d’un téléphone, d’une appli, d’un algorithme. Et ça change tout.
NBCUniversal taille dans plusieurs formats à la fois
L’autre signal important, c’est que Access Hollywood n’est pas un cas isolé. Dans la même vague, The Kelly Clarkson Show, pourtant vitrine du groupe depuis sept saisons, est concerné. Karamo et Steve Wilkos diffuseront aussi leurs derniers épisodes cet été. Même sort pour l’émission portée par Sherri Shepherd.
Bref, on ne parle pas d’un simple ajustement de grille. C’est une coupe plus large, qui touche plusieurs visages connus de la journée télé.
La télé de jour entre dans une zone floue
Le contraste est assez rude quand on se rappelle l’époque dominée par Oprah Winfrey, Ellen DeGeneres ou Dr. Phil McGraw. Certains formats tiennent encore, comme Live with Kelly and Mark, ou les émissions menées par Drew Barrymore et Jennifer Hudson. Mais leur avenir paraît moins solide qu’avant.
De son côté, Frances Berwick, présidente de Bravo et responsable de Peacock unscripted, explique que l’entreprise va continuer à distribuer son catalogue existant tout en arrêtant progressivement la production d’inédits. L’idée, en gros, est de se recentrer sur les besoins des stations locales. Derrière la formule, une question simple reste en suspens, le talk-show classique peut-il encore tenir face à la logique du numérique ?
Vos questions, nos réponses
Qu’est-ce que la syndication en première diffusion ?
C’est un mode de distribution très utilisé aux États-Unis. Une émission n’est pas seulement diffusée sur un réseau national, elle est aussi vendue directement à des stations locales qui la programment. Quand NBCUniversal dit mettre fin à cette activité pour certains titres, cela veut dire que la machine de production et de diffusion de nouveaux épisodes s’arrête à ce niveau.
Pourquoi le streaming fragilise-t-il autant les talk-shows de journée ?
Parce que ces émissions reposaient sur une habitude horaire. On allumait la télé à un moment précis. Les plateformes, elles, cassent cette routine avec un accès immédiat à énormément de contenus. Le téléspectateur n’attend plus, il choisit. Pour des formats quotidiens très installés, ce changement est redoutable.
Est-ce seulement Access Hollywood qui disparaît ?
Non. C’est justement ce qui rend l’annonce importante. The Kelly Clarkson Show, Karamo, Steve Wilkos et l’émission de Sherri Shepherd sont aussi prises dans cette vague. L’arrêt d’Access Hollywood est le symbole le plus parlant, mais il fait partie d’un mouvement bien plus large.
Le genre du talk-show est-il condamné ?
Pas encore. Certains programmes cités continuent de bien fonctionner, notamment Live with Kelly and Mark, ainsi que les émissions de Drew Barrymore et Jennifer Hudson. Mais leur situation montre surtout une chose, la télévision de jour n’est plus un terrain stable. Elle doit maintenant prouver qu’elle peut encore retenir un public dispersé entre chaînes, plateformes et vidéo en ligne.