La NASA est partout, et pas seulement dans les fusées

Du GPS au matelas à mémoire de forme, la NASA a laissé des traces dans nos objets du quotidien. Une réponse concrète aux critiques sur son coût.

NASA
Image d'illustration. NASA — NASA / PR-ADN

En bref

  • La NASA influence des objets très quotidiens
  • Son budget est critiqué aux États-Unis
  • Elle met en avant ses retombées concrètes

Vous utilisez peut-être un GPS, un matelas à mémoire de forme ou un sèche-cheveux sans penser une seconde à l’espace. Et pourtant, une partie de ces technologies vient directement des recherches menées par la NASA.

Des objets banals, une origine beaucoup moins banale

La liste est longue, et c’est bien ce qui frappe. On parle de nourriture lyophilisée, d’outils sans fil, de couvertures de survie, de détecteurs de fumée, de verres anti-rayure, de baskets sportives ou encore de pneus radiaux. Même des objets plus inattendus apparaissent, comme certaines machines à café à pression, des appareils dentaires invisibles, des lubrifiants ou des poêles en Teflon.

Bref, l’image d’une agence qui ne servirait qu’à envoyer quelques astronautes faire des selfies de la Terre prend un coup.

Pourquoi la NASA met soudain ses retombées en vitrine

En 2018, le budget de la NASA atteint environ 19 milliards d’euros (20,7 milliards de dollars). Un montant énorme, forcément exposé aux critiques. Donald Trump veut alors tailler franchement dans ces dépenses, jugeant que ces milliards sont mal investis.

C’est dans ce contexte que l’agence a lancé Home et City, un site pensé pour montrer plus clairement ce que ses recherches produisent, non pas dans l’orbite, mais chez vous. L’idée est simple, et plutôt bien vue, rendre visible ce qu’on ne relie jamais spontanément au spatial.

Du lisseur au purificateur d’eau, l’effet d’entraînement

Le cas des appareils capillaires est presque le plus parlant, justement parce qu’il paraît anodin. La NASA explique que des nanoparticules céramo-métalliques développées par l’agence sont utilisées dans des lisseurs, des brosses et des sèche-cheveux pour libérer des ions négatifs, afin de rendre les cheveux plus faciles à coiffer.

Autre exemple, plus discret encore, des particules d’argent testées comme agents stérilisants passifs ont aidé une entreprise à créer des surfaces auto-désinfectantes. Du coup, même un objet très simple peut cacher un détour par la recherche spatiale.

Le vrai débat derrière la liste

Ce que rappelle cette démonstration, c’est que la recherche spatiale ne produit pas seulement des missions spectaculaires. Elle a aussi des retombées technologiques et économiques bien terrestres. Quand des bébés peuvent être nourris avec du lait en poudre, quand des pompiers entrent dans les flammes avec des combinaisons adaptées, quand des foyers utilisent un purificateur d’eau, la chaîne de cause à effet devient plus concrète.

Pas mal de critiques sur le coût du spatial reposent sur une idée simple, l’argent partirait dans le vide. La liste dressée ici raconte l’inverse. Et elle est, selon la NASA, encore plus longue.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi la NASA insiste-t-elle autant sur ses retombées concrètes ?

Parce que son budget est contesté. En mettant en avant des objets de tous les jours, l’agence cherche à montrer qu’un programme spatial ne profite pas seulement aux astronautes ou aux missions lointaines. Il peut aussi déboucher sur des usages industriels, domestiques ou médicaux très concrets.

Qu’est-ce que le site Home et City change dans cette démonstration ?

Il sert de vitrine. Au lieu de laisser ces retombées dispersées et peu visibles, la NASA les rassemble pour raconter une histoire simple, celle d’innovations conçues pour des contraintes extrêmes puis adaptées à la vie courante.

Le GPS ou les outils sans fil viennent-ils vraiment du spatial ?

Dans le cadre présenté ici, ils font partie des exemples mis en avant comme héritiers directs de la recherche spatiale. L’idée n’est pas que la vie quotidienne copie une fusée telle quelle, mais que des briques techniques développées pour l’espace finissent par équiper des produits grand public.

Pourquoi l’exemple du lisseur est-il si parlant ?

Parce qu’il casse l’image attendue de la haute technologie spatiale. On comprend assez vite le lien avec une couverture de survie ou un isolant anti-feu. Un lisseur, en revanche, semble très loin des laboratoires de l’espace. C’est justement ce décalage qui rend la démonstration efficace.

Emmanuel Ghesquier

Spécialiste Tech

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