Les domaines .xxx arrivent, avec déjà une ruée sur les noms

Les premiers sites en .xxx viennent d’ouvrir après le feu vert de l’ICANN. Derrière le symbole, il y a déjà 600 000 réservations et un vrai enjeu de contrôle.

Certificats de domaines sur un bureau
Image d'illustration. La ruée vers les noms de domaine arrive. — ADN

En bref

  • Les premiers sites en.xxx sont lancés
  • 600 000 noms seraient déjà réservés
  • Aucun site porno n’est obligé d’y passer

Le .xxx arrive avec une promesse assez simple, ranger une partie du web adulte dans une case plus visible. Sur le papier, c’est pratique. Dans les faits, c’est plus tordu, parce que les acteurs du secteur ne sont pas obligés d’utiliser cette extension.

Une extension pensée aussi pour le tri

Ce détail change beaucoup de choses. Si tous les sites concernés basculaient en .xxx, filtrer ou bloquer ces adresses deviendrait nettement plus simple qu’avec des listes bricolées à la main à partir de mots-clés. C’est d’ailleurs l’un des arguments les plus concrets autour de ce lancement.

Et certains n’ont pas attendu. L’Inde avait déjà indiqué il y a peu son intention de bloquer les sites en .xxx. Vous voyez le paradoxe, l’extension peut servir à mieux identifier ce type de contenus, mais seulement une partie d’entre eux si le reste du marché reste ailleurs.

Les premiers sites sont déjà en ligne

Après le vote de l’ICANN, les premiers sites utilisant ce suffixe ont été lancés ce week-end. Les trois premiers noms mis en avant sont xxx.xxx, porn.xxx et sex.xxx.

ICM, qui pousse cette nouvelle extension, affirme qu’il y a déjà pas moins de 600 000 noms de domaine réservés. L’entreprise utilise elle-même sex.xxx pour assurer sa promotion. Le chiffre est élevé, clairement, surtout pour une extension qui débute à peine.

Pour l’industrie X, rien d’obligatoire

C’est le point à ne pas rater. Les sites pornographiques n’auront aucune obligation d’être hébergés en .xxx. En gros, l’extension existe, elle attire, elle peut devenir un repère, mais elle ne redessine pas tout le secteur d’un coup.

Du coup, la vraie question porte sur l’adoption. Est-ce que les professionnels du X vont y aller franchement, un peu, ou pas du tout ? Pour l’instant, personne ne peut le dire. On sait seulement que le lancement est effectif.

La spéculation a déjà commencé

L’autre effet, plus prévisible celui-là, c’est la chasse aux bons noms. Chaque nouvelle extension réveille les mêmes réflexes, réserver tôt, viser les termes les plus convoités, puis attendre une éventuelle revente.

La comparaison citée revient vite, Sex.com, revendu en 2010 pour 9 millions d’euros. Pas étonnant, donc, de voir cette ouverture du .xxx comme une petite ruée vers l’or numérique. Le plus intéressant, quand même, sera de voir si cette extension devient un standard du secteur ou seulement un marché parallèle très rentable.

Vos questions, nos réponses

Pourquoi le.xxx a-t-il autant fait parler avant son lancement ?

Parce qu’il ne s’agit pas d’une extension comme les autres. Elle touche à la fois à la visibilité des contenus pour adultes, au filtrage par les États ou les entreprises, et à la valeur commerciale de certains noms de domaine. Le sujet dépasse donc largement la seule technique.

Qu’est-ce que l’ICANN dans cette affaire ?

L’ICANN est l’organisme qui gère notamment le système des noms de domaine sur internet. Son feu vert était nécessaire pour permettre le lancement concret de cette extension. Sans cette validation, pas d’ouverture officielle.

Les 600 000 réservations veulent-elles dire que le.xxx est déjà un succès ?

Pas forcément. Une réservation montre de l’intérêt, mais cet intérêt peut venir d’éditeurs, de marques qui protègent leur nom, ou de spéculateurs qui espèrent revendre plus tard. C’est un signal fort, pas une preuve d’adoption massive par les sites pour adultes.

Pourquoi l’absence d’obligation change-t-elle tout ?

Parce que si les sites pornographiques peuvent rester sur d’autres extensions, le .xxx ne devient pas un point de passage unique. Il peut faciliter le blocage de certains sites, oui, mais il ne suffit pas à lui seul pour regrouper tout un secteur sous une même bannière.

Yoann Chatelard

Spécialiste Tech

Tous ses articles →
Une erreur dans cet article ?

Nous apportons le plus grand soin à chaque article et nous appuyons sur des sources fiables. Personne n'est à l'abri d'une erreur : si vous en repérez une, signalez-la, nous la corrigerons au plus vite.

Sujets
Web

Lisez Begeek en priorité sur Google

Ajoutez-nous à vos sources préférées : nos articles remonteront plus haut dans votre actualité.

Ajouter à mes sources

À découvrir

La suite, sélectionnée pour vous.