Les raisons du procès intenté à MGM autour du Tarzan interdit aux mineurs avec Bo Derek

Image d'illustration. Tarzan l'homme singeMetro-Goldwyn-Mayer / PR-ADN
MGM Studios a fait face à des poursuites judiciaires concernant le film Tarzan, l'homme-singe, une version classée R mettant en vedette Bo Derek. Cette adaptation controversée a suscité des réactions qui ont conduit à une action en justice contre le studio.
Tl;dr
- Succès inattendu du film « Tarzan, l’homme-singe » en 1981.
- Le litige du Burroughs estate contre MGM échoue.
- Tarzan demeure une icône durable de la pop culture.
Tarzan, mythe indétrônable malgré les scandales
À l’été 1981, contre toute attente, le film « Tarzan, l’homme singe » réalisé par John Derek, provoque un véritable raz-de-marée en salles. L’œuvre mise tout sur l’aura sulfureuse de sa vedette, Bo Derek, fraîchement auréolée par son rôle dans « 10 » de Blake Edwards. Au-delà des critiques acerbes – Roger Ebert mis à part –, le public accourt, séduit par la promesse d’un spectacle érotique au cœur de la jungle. Résultat : plus de 37 millions de dollars engrangés pour un budget huit fois moindre.
Bataille juridique autour des droits de Tarzan
Mais derrière les projecteurs, une lutte féroce se joue. En découvrant l’orientation résolument adulte du projet, le Burroughs estate, détenteur historique des droits de l’œuvre d’Edgar Rice Burroughs, crie à la contrefaçon et tente, en vain, d’empêcher la sortie du film. Malgré une plainte déposée jusque devant la United States Court of Appeals for the Second Circuit, la justice tranche : MGM, ayant déjà exploité le personnage dans le passé, conserve le droit d’imaginer une histoire originale autour du légendaire homme-singe.
L’après-Weissmuller : Tarzan réinventé pour chaque génération
En réalité, ce n’est pas la première fois que Tarzan fait peau neuve. Dès 1976, alors que le mythe semblait s’essouffler après l’ère Johnny Weissmuller, une série animée produite par Filmation (« Tarzan, seigneur de la jungle ») ravive l’intérêt auprès des plus jeunes sur CBS. Si plusieurs acteurs s’essayent au rôle iconique après Weissmuller, aucun ne parvient à imposer la même force physique ni ce fameux parler télégraphique (« Me Tarzan, you Jane »).
Légende indélébile et rebondissements cinématographiques
Le succès commercial n’est pourtant pas toujours au rendez-vous pour les adaptations officielles. Ainsi, malgré trois nominations aux Oscars et des critiques favorables, « Greystoke, la légende de Tarzan » proposé par Warner Bros., déçoit côté box-office. Plus tard, Disney modernisera encore l’image du héros avec son animation à succès en 1999. Même quand les recettes flanchent – comme avec « Tarzan » (2016) –, le personnage prouve qu’il appartient désormais au panthéon inaltérable de la pop culture américaine.
Pour comprendre l’irrésistible attrait de Tarzan à travers les âges, il suffit peut-être de considérer quelques éléments clefs :
- L’adaptabilité du mythe selon les époques et supports ;
- L’inusable fascination pour l’homme sauvage face à la civilisation ;
- L’impact des choix créatifs – audacieux ou controversés – sur sa longévité.
Au fil des décennies et des controverses juridiques ou artistiques, une chose demeure : Tarzan ne tombe jamais tout à fait dans l’oubli.