L’épisode 5 de Spider-Noir ressuscite un grand classique du pulp science-fiction

Image d'illustration. Spider-NoirSony / PR-ADN
L’épisode 5 de Spider-Noir marque le retour d’un ressort narratif emblématique du pulp science-fiction, renouant ainsi avec les codes classiques du genre pour offrir une intrigue riche en suspense et en clins d’œil aux origines du héros.
Tl;dr
- « Spider-Noir » relie super-pouvoirs et expériences allemandes en 1914.
- La science nazie, trope récurrent du pulp et des comics américains.
- Héros comme Captain America ou Hellboy affrontent souvent ces ennemis.
Des origines troubles pour Flint Marko et ses pairs
Dans le cinquième épisode de la série « Spider-Noir », un voile se lève sur la manière dont Flint Marko (interprété par Jack Huston) et d’autres personnages ont acquis leurs capacités extraordinaires. L’intrigue s’appuie sur un retour en arrière saisissant, transportant le spectateur en pleine Première Guerre mondiale. On y découvre que l’armée impériale allemande, désireuse de prendre l’avantage, n’hésitait pas à mener d’effroyables expériences sur des prisonniers américains afin de créer une nouvelle génération de « super-soldats ». C’est là qu’un certain Ben Reilly (Nicolas Cage) se retrouve transformé après avoir été mordu par une araignée mi-humaine, mi-mutante.
L’ombre persistante de la science nazie dans la culture populaire
Ce recours à une technologie monstrueuse fait évidemment écho à l’image persistante de la science occulte nazie, omniprésente dans le registre pulp. Le genre adore puiser dans cet imaginaire : nazis assoiffés de pouvoir, machines infernales et recherches ésotériques sont devenus des motifs récurrents, presque incontournables. Certains soulignent toutefois que ce fantasme du « super-Nazi organisé » déforme la réalité historique : si la Seconde Guerre mondiale a nourri le mythe d’un Reich invincible et méthodique, cette image doit beaucoup plus à la fiction qu’aux faits. Malgré tout, ces figures fascistes restent aujourd’hui des antagonistes parfaits pour les récits grand public.
L’héritage des pulps américains : Captain America, Hellboy et compagnie
On ne compte plus les œuvres où l’Amérique se pose en rempart face à ces menaces fantasmées. Dans les comics Marvel, Captain America, icône patriotique créée durant le conflit mondial, affronte sans relâche les sbires du Troisième Reich : Red Skull, Baron Zemo ou Master Man. Les scénarios multiplient les inventions extravagantes — sérums miracles ou robots tueurs — avec une inventivité débridée. La mythologie derrière la naissance de Steve Rogers suggère même parfois que le fameux Sérum du Super Soldat fut initialement mis au point par les nazis.
De son côté, l’univers d’Hellboy, signé Mike Mignola, conjugue lui aussi folklore occulte et références à la « Wunderwaffe » allemande. Les ennemis sont nombreux :
- Karl Ruprect Kroenen, scientifique sinistre du projet Ragna Rok ;
- Ilsa Haupstein, dévouée disciple de Rasputin ;
- Herman Von Klempt, cerveau préservé dans un bocal.
Le héros masqué Lobster Johnson complète ce tableau en incarnant l’esprit antifasciste jusque dans l’au-delà.
Punchlines antifascistes, de Hollywood jusqu’à l’anime japonais
Mais cette figure du nazi démoniaque ne s’arrête pas aux frontières américaines. Des films comme « Overlord » aux séries animées japonaises telles que « Fullmetal Alchemist: Conqueror of Shamballa » ou « Hellsing », on retrouve partout ce goût pour l’exagération pulp. Des soldats zombies aux vampires néonazis, ces récits jouent tour à tour sur la mémoire collective et le plaisir cathartique de voir triompher les justiciers masqués. Au fond, qu’il s’agisse de Captain America ou du Spider-Noir du moment — diffusé sur Prime Video —, frapper un nazi reste une valeur sûre du divertissement contemporain.