En bref
- Les jurons étaient volontaires
- Le but, obtenir un classement PG
- Le mythe du classement R est faux
Le plus drôle avec The Transformers: The Movie, c’est que ses gros mots n’étaient pas un dérapage. Ils étaient là pour aider le film à obtenir un classement PG, pas un G. Derrière une légende de fans assez tenace, on trouve surtout une logique très terre à terre, presque cynique, de l’industrie hollywoodienne des années 1980.
Un juron pensé comme un outil marketing
Selon le réalisateur Nelson Shin, l’équipe a volontairement glissé de la profanité dans le script pour éviter un visa tous publics trop sage. L’idée, c’était qu’un PG pousserait davantage de parents à accompagner leurs enfants, au lieu de simplement les déposer devant la salle.
Et ce détail change tout. Un film d’animation tiré d’une gamme de jouets ne cherchait pas seulement à paraître un peu plus costaud que la série, il cherchait aussi à faire entrer les adultes dans la boucle. Avec, au passage, l’espoir que ces parents regardent les jouets d’un peu plus près. Bref, même les jurons avaient une fonction commerciale.
Deux répliques qui ont nourri la légende
La phrase la plus connue arrive quand Spike Witwicky, face à Unicron, lâche en substance « Oh, merde, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? ». Pour un dessin animé Transformers, l’effet était immédiat. Le genre de réplique que vous n’oubliez pas.
Il y a aussi Ultra Magnus, en train de forcer la Matrix of Leadership, qui s’emporte avec un « Ouvre-toi, bon sang, ouvre-toi ! ». Pas exactement ce que des parents attendaient de robots issus d’une franchise pour enfants.
Ce qui est resté, ensuite, c’est la rumeur. Certains fans ont fini par croire que le film avait failli hériter d’un classement R. En réalité, non. Le film n’a jamais été sérieusement menacé sur ce terrain aux États-Unis.
Pourquoi ce film paraissait plus adulte que le dessin animé
À l’époque, l’animation était encore largement rangée du côté du divertissement pour enfants. Alors voir The Transformers: The Movie tuer des personnages aimés, montrer des affrontements de robots bien plus durs, puis ajouter quelques gros mots, ça déplaçait la ligne. La mort d’Optimus Prime, à elle seule, a laissé des traces chez toute une génération.
Le film poussait aussi plus loin l’ambition de la série, avec une aventure spatiale plus ample, des thèmes plus mûrs et un vrai récit de passage à l’âge adulte. Oui, c’était aussi une machine à vendre des jouets. Mais une machine étonnamment efficace, avec du cœur, du drame, et un sens assez net des enjeux émotionnels.
Petit détail savoureux, en Australie, les censeurs ont retiré la réplique de Spike Witwicky lors de la sortie en salles de 1986 afin d’obtenir un G. Le dialogue d’origine est revenu plus tard en vidéo. Comme souvent, ce n’est pas le scandale qui raconte le mieux un film. C’est la façon dont il essaie de se faire passer pour plus adulte que son époque ne l’autorisait vraiment.