Le film oscarisé que Steven Spielberg regrette d’avoir laissé filer

Image d'illustration. Le Silence des AgneauxOrion Pictures / PR-ADN
Steven Spielberg, figure emblématique du cinéma, a laissé passer l’opportunité de réaliser un film qui a finalement remporté un Oscar. Ce choix, longtemps regretté par le réalisateur, soulève la question des décisions cruciales dans la carrière des grands noms d’Hollywood.
Tl;dr
- Malgré sa réputation de roi des blockbusters, Steven Spielberg a toujours voulu explorer des thrillers psychologiques sombres comme Le Silence des agneaux.
- Il a été pressenti pour réaliser Les Nerfs à vif et a souvent injecté tension et profondeur psychologique dans ses films, de Duel à Minority Report.
- Sa curiosité et sa liberté créative font de lui un cinéaste capable de mêler suspense, enquête et cinéma populaire sans se laisser enfermer dans un style unique.
Un inclassable du cinéma
Depuis ses débuts, Steven Spielberg surprend. Considéré par beaucoup comme le roi des blockbusters, il refuse de se laisser enfermer dans une case. D’ailleurs, peu savent que l’auteur de Jurassic Park aurait aimé s’essayer à un thriller psychologique sombre : après avoir vu Le Silence des agneaux, il confiera dans une interview au Los Angeles Times : « Après avoir vu Le Silence des agneaux, je me suis dit : « J’aurais voulu faire ce film ». Le projet nous avait été proposé, mais mon entreprise a refusé, pensant que ce n’était pas dans notre caractère. Même mon équipe a tendance à me cantonner dans un certain style cinématographique ». Cette réflexion illustre la complexité d’un cinéaste souvent victime de clichés.
L’ombre du thriller psychologique
Il faut dire que Steven Spielberg, bien que réputé pour ses productions spectaculaires, n’a jamais caché sa fascination pour les récits policiers et les thrillers. Au début des années 1990, il était même pressenti pour réaliser Les Nerfs à vif, un autre film à l’atmosphère étouffante finalement confié à Martin Scorsese. Malgré son retrait du poste de réalisateur – préférant travailler sur La Liste de Schindler – il resta étroitement lié au projet en tant que producteur exécutif non crédité. Ce détail éclaire son appétence pour le genre.
Un savoir-faire ancré dans le suspense
Pourtant, même sans s’être frotté frontalement au crime procedural façon Le Silence des agneaux, Steven Spielberg a souvent injecté une tension palpable et une profondeur psychologique inattendue dans ses films. Il suffit de repenser à Duel, son premier long-métrage où un simple vendeur est poursuivi par un camion mystérieux : une intrigue minimaliste transcendée par un sens aigu du rythme et du danger. Plus tard, des œuvres comme Les Dents de la Mer ou Minority Report manipulent avec brio les codes du thriller :
- Les Dents de la Mer dissimule une enquête policière sous l’apparence d’un film d’horreur maritime.
- Minority Report, quant à lui, explore la science-fiction sur fond d’enquête et de poursuite futuristes.
Même son passage derrière la caméra pour le pilote de la série Columbo laisse entrevoir ce goût prononcé pour la mise en scène haletante et inventive.
L’éternel insatiable
Peut-être qu’aujourd’hui, l’envie de tourner un thriller comme Le Silence des agneaux s’estompe chez Steven Spielberg ? Reste qu’il demeure libre d’aller là où sa curiosité le porte. Et c’est sans doute là toute la force d’un cinéaste qui n’a jamais cessé d’explorer les frontières du cinéma populaire et du suspense intelligent.