En bref
- Mel Gibson détaille enfin l’idée de L’arme fatale 5
- Le film miserait sur des héros fatigués, pas sur l’escalade
- Le script existe, mais le studio bloque encore
Le plus intéressant avec L’arme fatale 5, ce n’est pas son retour, c’est son aveu. La saga ne chercherait plus à faire semblant. Selon Mel Gibson, les personnages ont changé, vieilli, ralenti, et le film partirait précisément de là.
Invité par Collider au Fan Expo Boston, l’acteur a décrit un projet assez loin du réflexe nostalgique habituel. L’histoire ne renverrait aux anciens films que de façon minimale et tiendrait surtout debout seule. Surtout, elle montrerait deux flics usés par le temps. L’un serait à la retraite. L’autre coincé derrière un bureau, moins en forme, plus lourd, dans un cadre beaucoup plus low-tech que les épisodes précédents.
Un buddy movie qui regarde enfin l’âge en face
Ce choix change tout. Là où beaucoup de suites tardives misent sur le plus gros, plus vite, plus fort, Mel Gibson parle d’un film avec moins de grosses explosions et une intrigue moins compliquée, mais qui garderait l’énergie d’un grand film d’action. En gros, la mécanique resterait reconnaissable, sans faire croire que le temps n’a pas passé.
Pour Martin Riggs, le personnage joué par Mel Gibson, l’idée semble assez claire, affronter le moment où l’on n’est plus vraiment fait pour ce métier. Et pour Roger Murtaugh, incarné par Danny Glover, le clin d’œil est presque inévitable. Celui qui répétait « Je suis trop vieux pour ces conneries » finirait cette fois par en tirer les conséquences.
L’ombre de Richard Donner plane encore sur le film
Le projet a aussi une charge plus intime. Richard Donner, qui avait réalisé les quatre premiers volets après avoir déjà signé Superman: The Movie, travaillait encore sur ce cinquième film à 90 ans avant sa mort en 2021. C’est là que Mel Gibson a repris le flambeau.
Il explique avoir terminé le script avec le scénariste en se posant une question simple, ce que ferait Richard Donner. Et il va assez loin dans son appréciation, puisqu’il estime que cette version est meilleure que les précédentes. Quand même. Pour une franchise née du scénario de Shane Black à la fin des années 1980, ce n’est pas un petit compliment.
Le vrai blocage n’est plus artistique, il est industriel
Le problème, visiblement, n’est donc pas l’absence d’idée. Le script serait prêt, mais coincé dans ce que Mel Gibson décrit comme une forme d’enfer industriel. Et là, on touche à quelque chose de très hollywoodien, un film peut exister créativement sans exister concrètement.
Les droits appartiennent à Warner Bros., en pleine zone de turbulence, avec en toile de fond une fusion encore envisagée avec Paramount. Dans ce contexte, un legacy sequel sur deux héros vieillissants n’a pas l’air d’être en haut de la pile. Reste une inconnue, le public a-t-il encore envie d’un L’arme fatale qui parle justement du fait qu’on ne peut plus refaire L’arme fatale comme avant ?
Mais l’idée, elle, a quelque chose de plus juste que beaucoup de retours tardifs. Si le film voit le jour, il pourrait dire pas mal de choses sur la façon dont Hollywood vieillit avec ses franchises. En attendant, les quatre films sont disponibles sur Tubi.