La Planète des singes : un reboot visionnaire abandonné

Image d'illustration. La Planète des Singes L'Affrontement20th Century Fox / PR-ADN
Arnold Schwarzenegger et Oliver Stone ont failli bouleverser l’avenir de la franchise La Planète des singes. Leur implication dans ce projet a bien failli transformer radicalement la franchise, laissant planer le doute sur son succès tel qu’on le connaît aujourd’hui.
Tl;dr
- Dans les années 1990, Oliver Stone prépare un reboot radical de La Planète des singes intitulé Return of the Apes, avec un scénario futuriste et délirant.
- Le projet inclut généticiens, épidémies, voyages temporels et sociétés simiesques, mais diverge trop des attentes des producteurs hollywoodiens.
- Le film est finalement annulé après conflits créatifs, laissant un héritage de concept audacieux mais jamais réalisé.
Un projet fou pour relancer la saga
Il y a des histoires d’Hollywood qui dépassent la fiction elle-même, et le reboot avorté de La Planète des singes par Oliver Stone en fait sans conteste partie. Dans l’effervescence du début des années 1990, alors que la franchise commençait à sérieusement battre de l’aile après plusieurs adaptations — du succès fulgurant du film original en 1968 jusqu’aux séries télévisées et animées plus confidentielles dans les années 1970 —, 20th Century Fox cherche un nouvel élan.
Un retour aux origines… déjanté
À cette époque, Oliver Stone, bien décidé à dépoussiérer la licence, s’entoure du scénariste Terry Hayes, déjà reconnu pour Mad Max: Beyond Thunderdome. L’idée ? Un film baptisé sobrement Return of the Apes, dont le script prend le contrepied des productions précédentes. On suit un généticien campé par Arnold Schwarzenegger, plongé dans un futur proche frappé par une épidémie fatale rappelant la progéria. Le twist : ce fléau aurait été implanté dans l’humanité au Paléolithique par des singes surévolués – rien que ça.
Ce scénario partait dans toutes les directions : voyages temporels via une sorte de caisson sensoriel psychédélique (clin d’œil appuyé à Altered States), société simiesque dirigée par un président et des prêtres vindicatifs, guerre ouverte entre humains primitifs et gorilles dotés de moteurs à vapeur… Même la toponymie trahissait ses influences avec des noms tels que Aragorn ou Nazgul et des références évidentes à la Terre du Milieu de Tolkien.
L’humour fatal ou comment Hollywood enterre un projet
La genèse du script s’étale sur plusieurs années, attisant l’intérêt d’acteurs majeurs comme Stan Winston pour les effets spéciaux. Mais très vite, la machine s’enraye. Un producteur de chez Fox exige que le scénario gagne en légèreté avec davantage d’humour ; il insiste même pour inclure une scène improbable où Schwarzenegger apprend à des gorilles à jouer au baseball. Face à ce virage burlesque, Terry Hayes refuse catégoriquement et livre une version dépourvue de toute référence au sport national américain. Résultat : éviction du scénariste, départ consécutif du réalisateur pressenti Phillip Noyce, puis d’Oliver Stone. À Hollywood, il suffit parfois d’une batte pour tout faire capoter…
L’héritage d’un film jamais tourné
En définitive, malgré l’enthousiasme initial de la production pour cet opus radicalement différent, Return of the Apes ne verra jamais le jour. Pourtant, ce projet reste symptomatique des dérives créatives qui animent régulièrement les studios américains lorsqu’il s’agit de ressusciter une franchise culte : trop loin ou pas assez audacieux ? L’avenir appartient aux héritiers… mais sans match de baseball entre humains et gorilles.