La course à la rentabilité déshumanise le web social

Image d'illustration. Réseaux sociauxADN
Les algorithmes privilégient désormais l’engagement et les profits des actionnaires au détriment des échanges authentiques et du sentiment d’appartenance.
Tl;dr
- Les réseaux sociaux comme Instagram, TikTok et YouTube Shorts sont passés du partage spontané à une vitrine commerciale saturée de contenus sponsorisés et générés par IA.
- La course à la rentabilité et l’obsession de l’engagement ont déshumanisé ces plateformes, reléguant les liens authentiques au second plan.
- Certains espaces comme Reddit ou Bluesky conservent encore un esprit communautaire, incitant certains utilisateurs à un désengagement sélectif.
La métamorphose des réseaux sociaux : du lien à la marchandise
Il fut un temps où les plateformes comme Instagram, TikTok ou encore YouTube Shorts rimaient avec partage spontané, créativité débridée et liens authentiques. Aujourd’hui, ces espaces semblent avoir perdu ce qui faisait leur attrait originel. Difficile de ne pas remarquer que le fil d’actualité s’est mué en vitrine publicitaire déguisée, saturée de contenus sponsorisés, de vidéos générées par intelligence artificielle et d’influenceurs dont le mode de vie finit par lasser.
Expérience désenchantée sur Instagram, TikTok et consorts
Revenir sur les réseaux sociaux après une longue pause ressemblait à un retour aux sources. Pourtant, la réalité a vite refroidi l’enthousiasme. Sur Instagram, quelques rares publications de proches se retrouvent noyées sous un flot de recommandations impersonnelles et de posts commerciaux. Le sentiment d’appartenance s’est dissipé au profit d’un univers où le scroll devient mécanique, presque vide de sens. Même désillusion sur TikTok, dont la page principale rappelle plus un centre commercial frénétique qu’une agora créative : vidéos ultra-courtes, promotion omniprésente, contenu parfois généré par IA… difficile d’y retrouver un quelconque lien humain.
L’argent comme moteur : vers une déshumanisation accélérée ?
Pourquoi cette transformation radicale ? Une explication simple s’impose : la course effrénée à la rentabilité. Les géants du secteur – certains valorisés à plusieurs centaines de milliards – doivent répondre aux attentes insatiables des actionnaires. Résultat : multiplication des formats sponsorisés, explosion des contenus « shoppables » et algorithmes valorisant l’engagement maximal au détriment de la qualité. Le constat est sans appel : ces plateformes ne sont plus là pour cultiver le lien social ou stimuler la créativité collective, mais bien pour maximiser leurs profits.
Pour autant, certains espaces échappent encore (provisoirement) à cette logique :
- Reddit, où la vigilance communautaire freine l’invasion publicitaire et les contenus générés artificiellement.
- Bluesky, jeune plateforme rappelant l’esprit originel de Twitter.
Désengagement sélectif : vers une sobriété numérique assumée
Ce glissement général n’a pas vidé ces réseaux de leur audience : 35% de la planète reste active sur Instagram. Pourtant, pour certains utilisateurs historiques, un désintérêt croissant s’installe. La perte du sentiment d’appartenance a fait place à une utilisation plus parcimonieuse — parfois cantonnée à quelques communautés triées sur le volet (les subreddits locaux ou thématiques). Finalement, face au rouleau compresseur de la monétisation, assumer un usage restreint apparaît non seulement comme un choix raisonnable… mais peut-être aussi comme un ultime acte de résistance face à l’érosion du web social que nous avons connu.