Il y a 31 ans, James Bond entamait sa métamorphose et ouvrait un nouveau chapitre

Image d'illustration. GoldenEyeEON Production / PR-ADN
Il y a 31 ans, la saga James Bond entamait un tournant décisif avec la sortie d’un nouvel opus, marquant l’arrivée d’un acteur inédit dans le rôle de l’agent 007 et le début d’une ère résolument moderne pour la franchise.
Tl;dr
- GoldenEye relance la saga James Bond dans les années 90.
- Changement de génération à la production et à la réalisation.
- Pierce Brosnan modernise et humanise le personnage iconique.
Un tournant décisif pour James Bond
En ce début des années 1990, la franchise James Bond semblait à bout de souffle. Après le relatif échec commercial de Licence to Kill, dernier opus avec Timothy Dalton, l’avenir du célèbre espion britannique paraissait incertain. Les spectateurs se détournaient peu à peu de l’agent au smoking, tandis que la saga peinait à se renouveler, coincée entre hommages maladroits aux modes du moment – pensons à l’inspiration blaxploitation de Live and Let Die ou la tentative d’emprunter la vague Star Wars avec Moonraker. Mais tout bascule en 1995, quand les caméras se mettent à tourner sur un tout nouveau chapitre : GoldenEye.
Nouveaux visages, nouvelle direction
L’arrivée de Pierce Brosnan, longtemps pressenti mais retenu par son contrat dans la série Remington Steele, insuffle un vent de fraîcheur bienvenu. Plus qu’un simple changement d’acteur, c’est toute une génération qui passe le flambeau. Pour la première fois, les rênes de la production quittent les mains d’Albert « Cubby » Broccoli, fragilisé par la maladie. Sa fille, Barbara Broccoli, et son beau-fils, Michael G. Wilson, prennent alors en charge le destin du mythe – rôle qu’ils tiendront jusqu’à la vente du catalogue complet à MGM et jusqu’à No Time to Die. Derrière la caméra aussi, nouveauté : on confie le projet non plus à l’expérimenté John Glen mais à Martin Campbell, qui insuffle un rythme inédit et soigne tout particulièrement l’action.
L’héritage GoldenEye : une modernité assumée
Le film ne se contente pas d’un simple lifting esthétique ; il bouleverse en profondeur l’identité de Bond. Adieu, les clins d’œil appuyés et l’humour parfois pesant des années Moore ; Brosnan endosse un agent secret plus nuancé, moins caricatural, profondément humain sous sa façade implacable. Dès les premières scènes, GoldenEye affiche clairement ses ambitions : nouvel univers post-guerre froide, autodérision bienvenue – voire piquante. On retiendra notamment cette réplique cinglante lancée par M (incarnée désormais par Dame Judi Dench) : « You’re a sexist, misogynist dinosaur. » Une façon habile d’ancrer Bond dans son époque sans trahir ses fondations.
Bilan et transmission pour l’avenir de Bond
Le succès fulgurant de GoldenEye – meilleur score au box-office pour un Bond à sa sortie – ne tient pas seulement au spectacle ou aux gadgets clinquants. Il repose surtout sur cette capacité à réinventer sans renier : s’adapter au monde qui change tout en préservant l’essence du personnage. La saga aborde aujourd’hui une nouvelle phase de transition ; peut-être le futur réalisateur Denis Villeneuve ou les prochains producteurs sauront-ils retenir cette leçon essentielle. Car si Bond survit aux décennies, c’est bien grâce à ce subtil équilibre entre fidélité et audace créative.