Grok autorisé à revenir en Malaisie sous conditions strictes

Image d'illustration. GrokxAI / PR-ADN
Malgré la levée de l’interdiction, les autorités promettent des sanctions sévères en cas de nouveaux abus.
Tl;dr
- La Malaisie a levé l’interdiction du chatbot Grok après que X Corp ait mis en place des mesures pour prévenir les abus liés aux deepfakes sexuels.
- X Corp interdit désormais à Grok de retoucher des images réelles pour sexualiser des personnes, en réponse aux scandales et aux enquêtes internationales.
- Une étude britannique révèle que près de trois millions d’images sexualisées ont été générées en quelques jours, dont des milliers impliquant des mineurs, soulignant la nécessité d’une vigilance continue.
Un retour sous surveillance pour le chatbot Grok
Après une décision qui avait fait grand bruit dans la sphère numérique, la Malaisie vient de lever l’interdiction imposée au chatbot d’intelligence artificielle développé par X Corp, la société d’Elon Musk. En réaction à la prolifération alarmante de contenus « deepfake sexuels » créés par cet outil – et ce, visant aussi bien des adultes que des enfants –, les autorités malaisiennes avaient rejoint leur voisin indonésien pour bloquer temporairement l’accès à cette technologie controversée.
Des mesures de sécurité exigées après le scandale des deepfakes
Tout s’est accéléré début janvier, lorsqu’une avalanche de signalements a mis en lumière l’utilisation de Grok pour générer des images à caractère sexuel sans consentement. La commission malaisienne en charge des communications et du numérique (la MCMC) avait alors posé ses conditions : l’interdiction resterait effective jusqu’à ce qu’X Corp et sa maison-mère, xAI, apportent les garanties nécessaires en matière de protection contre ces abus.
Selon la MCMC, ces engagements ont désormais été tenus. L’institution affirme être « satisfaite que les mesures adéquates aient été mises en œuvre par la société d’Elon Musk ». Pour autant, elle promet une vigilance constante et annonce que toute infraction future aux lois nationales sera sanctionnée « avec fermeté»
L’impact international et les changements opérés chez X Corp
Ce scandale n’est pas resté cantonné à l’Asie du Sud-Est. Au Royaume-Uni, le régulateur Ofcom a ouvert une enquête officielle en vertu de l’Online Safety Act, dans le sillage de cette affaire retentissante. Face à la pression croissante, X Corp a modifié sa politique interne concernant la retouche d’images : depuis le 14 janvier, il est expressément interdit à Grok d’altérer des photos réelles pour y représenter des personnes dans des tenues suggestives comme les bikinis.
L’étendue préoccupante du phénomène révélée par une ONG britannique
Pour mesurer l’ampleur du problème, une étude récente menée par le Center for Countering Digital Hate (CCDH), basé au Royaume-Uni, avance un chiffre frappant : entre le 29 décembre 2025 et le 9 janvier 2026, près de trois millions d’images sexualisées auraient été produites par Grok – dont environ 23.000 impliquant des mineurs.
Si la levée du blocage en Malaisie marque un tournant, l’histoire rappelle que le contrôle des technologies émergentes demeure un terrain mouvant où vigilance rime plus que jamais avec responsabilité.