En bref
- Google garde son activité pub, mais échappe de peu au démantèlement.
- Son monopole est reconnu comme illégal par la justice américaine.
- La bataille est loin d’être terminée, notamment sur les accords par défaut.
Ce que Google célèbre comme une victoire ressemble surtout à un gros avertissement. Le groupe garde son activité publicitaire, oui, mais la justice américaine considère toujours qu’il a agi illégalement pour préserver sa domination. Et ça, ce n’est pas un détail.
Une victoire, oui, mais loin d’être totale
La juge fédérale Leonie M. Brinkema, du district est de la Virginie, a récemment refusé d’imposer un démantèlement de l’activité publicitaire de Google. Le géant ne sera donc pas forcé de vendre cette branche.
À la place, Leonie M. Brinkema ordonne à Google d’ajuster ses pratiques pour favoriser davantage la concurrence. Le point frustrant, quand même, c’est qu’on ne sait pas encore précisément comment. La décision écrite complète reste sous scellés pendant 14 jours, le temps de faire les rédactions nécessaires.
Ce jugement ne revenait pas sur la culpabilité. Celle-ci avait déjà été établie en avril dernier, quand la juge avait conclu que Google avait agi illégalement pour maintenir son activité ad-tech.
Deux procès, même problème de fond
Ce dossier pub ne sort pas de nulle part. Le ministère américain de la Justice essaie depuis des années de casser l’emprise de Google sur la pub numérique à travers deux procédures distinctes.
La première, lancée en 2020, visait surtout la domination de Google dans la recherche. La seconde, ouverte en 2023, ciblait plus directement sa machine publicitaire. Dans les deux cas, l’accusation défend la même idée, la position de Google dans l’économie publicitaire numérique relève d’un monopole illégal.
Les tribunaux ont d’ailleurs largement suivi cette lecture. En 2024, un juge a estimé que l’activité recherche de Google, y compris sa très rentable publicité liée à la recherche, constituait un monopole illégal.
Le vrai nerf de la guerre, c’est la position par défaut
Le marché de la pub en ligne est déjà assez opaque pour donner mal au crâne. Mais l’idée centrale du dossier reste simple. Si Google verrouille la recherche, il renforce aussi sa pub.
Selon l’accusation, Google a utilisé des accords exclusifs avec des fabricants d’appareils pour rester le moteur de recherche par défaut sur une énorme partie du marché mobile mondial. Le groupe a aussi signé des accords de partage de revenus avec des opérateurs mobiles, qui recevaient une part des recettes publicitaires en échange du maintien de Google par défaut. Bref, le moteur gagnait la place, puis gardait la place.
Google gagne du temps, pas la paix
Dans l’autre grande affaire, celle sur la recherche, le juge Amit Mehta avait déjà refusé en septembre 2025 de forcer Google à céder Chrome et Android. En revanche, il avait exigé la fin des accords exclusifs de placement par défaut et le partage de certaines données de recherche avec des concurrents. Google fait appel de ces remèdes.
Le groupe, lui, savoure surtout le fait d’avoir évité la casse. Sa vice-présidente des affaires réglementaires, Lee-Anne Mulholland, s’est dite très satisfaite que le tribunal ait rejeté la proposition du ministère américain de la Justice de séparer des outils qui aident les petites entreprises à trouver de nouveaux clients et à grandir. Dit autrement, Google garde ses bijoux. Mais la partie est loin d’être finie.