Doctor Who : le Troisième Docteur a changé la série en 1970

Image d'illustration. Doctor Who BBC / PR-ADN
Une régénération marquante qui influence encore aujourd’hui l’univers et les codes narratifs de Doctor Who.
Tl;dr
- La régénération a permis à Doctor Who de se renouveler sans cesse, et l’arrivée de Jon Pertwee en 1970 a marqué un tournant majeur pour la série.
- Avec Spearhead from Space, le Docteur s’installe sur Terre, le TARDIS est hors service, et la série introduit des intrigues centrées sur les invasions extraterrestres et un casting secondaire solide.
- Ces choix structurants, reproduits lors du retour de 2005, ont durablement façonné l’identité moderne de la série et ses codes narratifs.
Un mécanisme narratif unique pour chaque Docteur
Difficile d’imaginer aujourd’hui la longévité de Doctor Who sans la notion centrale de « régénération ». Dès ses débuts, ce mécanisme a permis à la série culte de se renouveler sans cesse, offrant à chaque acteur ou actrice incarnant le Docteur une sortie et une entrée scénaristique élégantes. Pourtant, parmi tous ces passages de flambeau, celui de 1970 se détache par son impact inégalé. L’arrivée de Jon Pertwee, marquant l’avènement du Troisième Docteur, ne fut pas qu’un simple changement d’interprète.
Le début d’une ère nouvelle
Avec « Spearhead from Space », diffusé pour la première fois le 3 janvier 1970, tout change. C’est le premier épisode en couleurs, mais aussi le premier à être tourné sur pellicule, ce qui facilitera sa restauration et son adaptation des décennies plus tard. Le générique se modernise — un nouveau logo fait son apparition — mais c’est avant tout la structure même de la série qui évolue radicalement. Pour la première fois, le Docteur est condamné à l’exil sur Terre ; sa machine, le TARDIS, n’est plus fonctionnelle, forçant l’explorateur du temps à s’ancrer dans un univers plus stable.
De nouvelles intrigues centrées sur les invasions extraterrestres
Ce changement impose au personnage principal une sédentarisation inédite : il devient conseiller scientifique auprès de l’organisation militaire U.N.I.T., déjà esquissée durant l’époque Troughton. Désormais, un véritable casting secondaire s’installe autour du Docteur : Liz Shaw ou Jo Grant comme compagnons fidèles, mais aussi le Brigadier Lethbridge-Stewart (incarné par Nicholas Courtney) ou encore le mystérieux Master (joué par Roger Delgado), ennemi intime et charismatique. La série s’ouvre alors à des récits centrés sur les invasions extraterrestres récurrentes et développe des relations suivies entre ses protagonistes.
Des personnages secondaires récurrents pour enrichir l’univers
Des décennies plus tard, lors du retour orchestré par Russell T. Davies en 2005, ces choix structurants font écho : présence accrue sur Terre, galerie de personnages secondaires récurrents et confrontation avec les mêmes menaces qu’en 1970 — jusqu’à reprendre les fameux Autons dès l’épisode inaugural. On mesure alors combien cette « plus grande régénération » a modelé l’identité moderne de Doctor Who, instaurant durablement certains codes qui perdurent encore aujourd’hui.