En bref
- Hope se termine sur un vrai cliffhanger
- Le film lance une franchise sans IP préalable
- Son avenir commercial reste encore flou
Finir un film original sur un cliffhanger massif, en 2026, c’est presque une anomalie. C’est précisément ce que fait Hope, le nouveau long-métrage de Na Hong-jin, désormais lancé dans les salles américaines par Neon.
Un cliffhanger là où personne ne l’attend
Le plus frappant avec Hope, ce n’est pas seulement son ambition. C’est sa manière de se comporter comme un premier chapitre assumé, sans avoir derrière lui un roman, un comics, un jeu vidéo ou une autre marque déjà installée. Le cinéma de franchise laisse souvent une porte entrouverte pour une suite, on connaît la musique. Là, Hope va plus loin et laisse carrément une partie essentielle de son récit en suspens.
Résultat ? Un pari très rare pour une œuvre totalement originale.
Le film emprunte les codes des grosses sagas
L’histoire suit des habitants de Hope Harbor, un petit village sud-coréen confronté à une mystérieuse invasion alien. Le film reste lisible, mais il retient volontairement des éléments centraux. Qui sont ces extraterrestres ? Que veulent-ils ? Que va devenir le village ? Et ses habitants ?
Ce type de zones d’ombre, on le voit d’habitude dans des adaptations pensées sur plusieurs volets, pas dans un projet neuf. En gros, Hope adopte la grammaire d’une saga préexistante sans bénéficier du filet de sécurité qui va avec.
Un test grandeur nature pour l’industrie
Ce choix n’arrive pas n’importe quand. Le cinéma grand public, surtout à gros budget, s’est habitué à recycler des licences connues pour limiter le risque. Sauf que la mécanique fatigue. La surexploitation de l’univers Marvel a fini par se voir au box-office, et même Star Wars a encaissé un revers cette année avec The Mandalorian and Grogu.
Dans ce contexte, Hope ressemble à un rappel utile. Le public suit encore les marques, oui, mais il peut aussi répondre présent quand on lui propose un univers neuf, à condition d’assumer le geste jusqu’au bout. Et Na Hong-jin l’assume, clairement.
Le pari est aussi industriel, pas seulement narratif
Le plus intéressant, c’est que l’avenir de la franchise reste ouvert. Na Hong-jin a déjà écrit une suite, mais rien ne garantit qu’elle verra le jour. En Corée du Sud, Hope a rapporté environ 32 millions d’euros (35,3 millions de dollars) pour un budget d’environ 42 millions d’euros (46 millions de dollars), annoncé comme le plus élevé de l’histoire du cinéma sud-coréen.
Pas de quoi trancher, donc. Le box-office international peut encore faire bouger les lignes, ou pas.
Mais le simple fait qu’un film de science-fiction interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis, long de 156 minutes, tente ce genre de coup mérite qu’on s’y arrête. Si ce modèle tient, même partiellement, il pourrait rouvrir un peu l’espace pour des projets moins formatés dans les années qui viennent.