Pourquoi George R. R. Martin a tiqué devant le premier Avengers

The AvengersMarvel / PR-ADN
Fan historique de Marvel, George R. R. Martin a salué Avengers tout en pointant deux angles morts. Et ils disent beaucoup de la formule MCU naissante.
En bref
- George R. R. Martin aimait le film, pas son équilibre
- Hawkeye et Black Widow lui semblaient sous-exploités
- Ant-Man et Wasp manquaient selon lui
Le premier Avengers devait rassembler tout le monde. Pour George R. R. Martin, il a surtout prouvé qu’un film choral peut laisser des héros entiers au second plan.
Grand lecteur de Marvel depuis l’enfance, l’auteur de A Song of Ice and Fire n’a jamais caché son attachement à cet univers. Il adorait déjà Wonder Man dans les comics, au point qu’on peut presque relier cette fascination à son goût pour les personnages moralement tiraillés. Mais son affection de fan ne l’a pas empêché de viser juste quand le MCU simplifiait trop ses figures.
Un film événement, mais deux héros sacrifiés
Sa critique de The Avengers, repérée par GeekTyrant, restait positive. Le problème, selon lui, tenait à Black Widow et surtout à Hawkeye, qu’il jugeait gâchés face au reste de l’équipe.
Hawkeye fait partie de ses Avengers préférés. Dans les comics, il rappelait qu’il était le franc-tireur cynique, celui qui se heurte au côté très droit de Captain America. Or le film a déjà donné ce rôle de grande gueule à Iron Man, porté par le charisme de Robert Downey Jr.. Résultat, dans les mots de Martin, « cela a laissé Hawkeye sans personnalité, ou presque rien à faire ».
Et le constat est difficile à contester. Pendant une bonne partie du film, Hawkeye n’est qu’une marionnette sous contrôle de Loki, incarné par Tom Hiddleston. Il ne rejoint vraiment l’équipe qu’au troisième acte. Trop tard pour exister. Même Saturday Night Live s’en était moqué, ce qui dit pas mal de la perception du personnage à l’époque.
Le vrai manque, pour lui, s’appelait Ant-Man et la Guêpe
L’autre reproche de Martin est plus intéressant encore. À ses yeux, Black Widow et Hawkeye récupéraient en partie la place qu’auraient dû occuper Ant-Man et the Wasp, membres fondateurs des Avengers dans les comics.
Ce n’était pas juste une lubie de puriste. Après avoir vu et aimé Ant-Man en 2015, il écrivait garder un faible pour Hank Pym et Janet Van Dyne. Il décrivait Ant-Man comme l’outsider absolu, littéralement le petit gars capable de tenir tête à des dieux et à des monstres. Et il tenait aussi à son duo avec Wasp, qu’il voyait comme une des idées les plus modernes de Stan Lee.
Ce que Martin regrettait vraiment dans l’adaptation
Au fond, sa frustration parlait moins de fidélité que de dynamique d’équipe. Dans son esprit, la relation entre Ant-Man et Wasp, partenaires dans la vie comme dans l’action, apportait quelque chose que le film n’avait pas.
La version 2012 avait sa logique. The Avengers réunissait des héros déjà installés par les films précédents, et Ant-Man n’existait pas encore au cinéma. Le projet traînait depuis des années chez Edgar Wright, qui quittera finalement le film en 2014. De son côté, Joss Whedon avait envisagé d’intégrer Wasp, avec Zooey Deschanel en tête pour le casting, si Black Widow n’était pas disponible. Elle est finalement restée dehors. Et visiblement, George R. R. Martin ne l’a jamais vraiment digéré.
Ce n’est pas un détail de fan. C’est déjà, très tôt, une critique de la recette Marvel, efficace pour assembler un univers, moins habile quand il faut faire exister tout le monde.