Les États-Unis scrutent de près les pratiques d’OpenAI

Image d'illustration. OpenAIOpenAI / PR-ADN
OpenAI fait face à une enquête menée par plusieurs procureurs généraux d’États américains. Données, mineurs, santé, pub, tout est sur la table.
En bref
- OpenAI visé par une enquête large aux États-Unis, avec une assignation portant sur ses utilisateurs, ses données, ses modèles et ses pratiques de sécurité.
- L’entreprise coopère sans confrontation publique, affirmant vouloir travailler avec les autorités pour répondre aux préoccupations.
- La pression s’intensifie sur les IA, dans un contexte de plaintes judiciaires et d’un projet d’introduction en Bourse particulièrement sensible.
Ce que regardent les procureurs n’a rien d’anecdotique. Publicité, données utilisateurs, infos de santé, usage par les mineurs et les seniors, comportement des modèles, politiques internes, jusqu’à leur tendance à la sycophancy, tout y passe. Quand une enquête ratisse aussi large, ce n’est plus un simple coup de pression.
Une enquête qui ratisse très large
OpenAI a récemment reçu une assignation dans le cadre d’une enquête menée par une coalition de procureurs généraux d’États américains d’après les informations du Wall Street Journal. Le média dit avoir consulté le document envoyé par la procureure générale de New York.
Les autorités réclament des informations et des documents sur plusieurs fronts. D’abord la manière dont OpenAI attire, engage et retient ses utilisateurs. Ensuite sa gestion des données, y compris les informations de santé. Elles veulent aussi des éléments sur ses activités liées aux utilisateurs mineurs et âgés, sur ses modèles de deep learning, sur ses politiques internes et sur la fameuse complaisance de certains modèles envers l’utilisateur. Un menu assez massif, clairement.
OpenAI joue l’apaisement
De son côté, OpenAI ne hausse pas le ton. L’entreprise explique travailler chaque jour pour déployer les bénéfices de l’IA de façon sûre et responsable, et dit prendre au sérieux les préoccupations des procureurs généraux. Elle ajoute vouloir coopérer de manière constructive avec leurs services.
Pas de contre-attaque publique, donc. Et dans ce genre de dossier, ce choix de communication dit souvent pas mal de choses.
La pression montait déjà sur les chatbots
On ne sait pas encore ce qui a déclenché précisément cette enquête. Mais elle ne tombe pas du ciel. Depuis un moment, les entreprises qui développent des produits d’IA sont dans le viseur des procureurs généraux américains.
L’an dernier, un groupe de 44 procureurs généraux avait déjà écrit à Meta, OpenAI, Anthropic, Google, Apple, Microsoft, Perplexity AI et xAI pour leur demander de mieux protéger les enfants face à des interactions de chatbots jugées inappropriées ou potentiellement dangereuses. Et en avril, le procureur général de Floride, James Ulthmeier, a ouvert une enquête criminelle sur OpenAI après que le suspect de la fusillade de 2025 à Florida State University aurait utilisé ChatGPT.
Pourquoi ce dossier compte maintenant ?
Mais il y a aussi le calendrier. Plus récemment, OpenAI a été visé par une plainte pour wrongful death accusant l’entreprise de ne pas avoir mis assez de garde-fous pour empêcher des utilisateurs de passer à l’acte suicidaire. Selon la plainte, la fille de la plaignante, morte par suicide, avait évoqué ses pensées et ses projets avec le chatbot dans les mois précédents, sans alerte adressée à la famille ni aux autorités. OpenAI figure aussi parmi les défendeurs dans la première plainte de ce type liée à un chatbot.
Et juste quelques jours avant la révélation de cette enquête, OpenAI a déposé des documents auprès de la Securities and Exchange Commission pour entrer en Bourse. Le calendrier et le prix ne sont pas encore décidés. Bref, le moment est loin d’être neutre.