Magneto dans X-Men : cet autre acteur a bien failli décrocher le rôle

Image d'illustration. X-Men MagnetoMarvel / PR-ADN
Avant Ian McKellen, un autre comédien britannique a sérieusement été envisagé pour jouer Magneto. Et le choix final dit beaucoup du film.
En bref
- Bill Nighy a failli jouer Magneto
- Le rôle a finalement été confié à Ian McKellen
- Le choix change la portée de X-Men
Dans X-Men, changer Magneto, ce n’est pas remplacer un acteur par un autre. C’est déplacer l’équilibre entier du film. On imagine facilement Bill Nighy dans un rôle de méchant raffiné, mais la version portée par Ian McKellen touche à autre chose, plus intime, plus politique aussi.
Un Magneto presque très différent
L’info ressort d’un commentaire audio de 2023 sur le premier X-Men, signé par le scénariste David Hayter. Il y raconte que le réalisateur Bryan Singer, après avoir vu Bill Nighy dans Still Crazy en 1998, a pensé avoir trouvé son Magneto. Hayter se trompait d’ailleurs sur le titre du film, qu’il appelait Strange Fruit, alors que c’est le nom du groupe fictif du long-métrage.
Singer aurait même pris l’avion pour Londres afin de rencontrer Nighy. Puis il a changé d’avis, jugeant que ce ne serait pas tout à fait le bon choix. Résultat, le rôle est revenu à McKellen, et avec le recul on voit mal un autre duo face à Patrick Stewart en Professeur Xavier.
Bill Nighy avait déjà le profil du grand méchant
L’idée n’avait pourtant rien d’exotique. Bill Nighy tourne depuis les années 1960 et commence vraiment à émerger dans les années 1990, notamment grâce à la scène. Sa première grosse nomination, un Satellite Award pour Still Crazy, tombe en 1998. Les années 2000 feront le reste, avec Love Actually, puis surtout Pirates des Caraïbes.
Son Davy Jones reste un bon rappel de ce qu’il sait faire. Oui, les effets numériques impressionnent, clairement. Mais sous les tentacules, il y a un jeu très précis, capable de faire passer la cruauté, la jubilation et la douleur. Quand le personnage lance « Craignez-vous la mort ? Craignez-vous cet abîme obscur ? », tout est déjà là, la menace, la théâtralité, la blessure.
Et c’est bien le point. Comme Magneto, Davy Jones est un personnage grandiose, abîmé par son passé, rendu cruel par une tragédie intime. Sur le papier, le rapprochement se tient.
Pourquoi McKellen collait mieux au cœur de X-Men
Sauf que X-Men ne repose pas seulement sur son casting prestigieux. La saga fonctionne parce qu’elle transforme les mutants en miroir des discriminations bien réelles. Dans les comics des années 1980, Magneto devient un survivant de la Shoah, décidé à empêcher une nouvelle extermination. Le film de 2000 reprend frontalement cette origine et s’ouvre à Auschwitz, avec l’enfant arraché à ses parents.
Ian McKellen n’est ni juif ni survivant de la Shoah. Mais il apportait une expérience personnelle qui recoupait cette logique d’exclusion. Homme gay, il a grandi dans une période où l’homosexualité était massivement rejetée. Il a vécu les années 1980, quand le gouvernement britannique et les médias du Royaume-Uni attisaient les peurs homophobes autour du sida. Il a fait son coming out en 1988 et s’est engagé publiquement pour sa communauté.
Un choix de casting qui dépasse le simple talent
McKellen a expliqué que l’allégorie de X-Men, celle d’une minorité qui lutte pour ses droits civiques, avait compté dans sa décision d’accepter le rôle. Il a aussi confié avoir cru, au départ, être mal distribué, faute de physique de super-héros. Mais ce n’était pas le sujet.
Ce qu’il fallait, c’était une vérité humaine. Pas mal de grands acteurs pouvaient jouer Magneto. Peu pouvaient lui donner cette authenticité-là. Et si les films X-Men ont autant renforcé la lecture queer des mutants, c’est aussi parce que ce casting précis a déplacé le personnage au-delà du simple antagoniste. Voilà pourquoi ce « presque » compte encore, vingt-quatre ans plus tard.