Spider-Noir : Faut-il privilégier la version noir et blanc ou en couleurs ?

Image d'illustration. Spider-NoirAmazon / PR-ADN
La sortie de la série Spider-Noir suscite une question parmi les fans : faut-il privilégier le visionnage en noir et blanc, fidèle à l’ambiance rétro du personnage, ou opter pour la version colorisée proposée au public ?
Tl;dr
- « Spider-Noir » propose deux versions, noir et couleur.
- Chaque version rend hommage à des références cinématographiques fortes.
- Le choix du spectateur valorise la créativité sur le format.
Deux visions esthétiques pour un même héros
Prime Video s’aventure sur un terrain audacieux avec la sortie de sa série « Spider-Noir », incarnée par Nicolas Cage. Un choix formel rare : chaque épisode se décline en deux versions distinctes, l’une en noir et blanc authentique, l’autre baptisée « True-Hue », exploitant une palette colorée éclatante. Cette double proposition pourrait surprendre ou laisser perplexe, tant elle évoque un débat entre purisme et modernité.
L’héritage du film noir revisité
Impossible d’évoquer le genre sans penser à ces silhouettes éthérées d’un passé cinématographique : imper froissé, robes glamour, contrastes tranchés. Depuis les classiques comme The Maltese Falcon jusqu’aux relectures néo-noir, cette esthétique fascine toujours. On s’attendrait donc à ce qu’un personnage tel que Spider-Man Noir plonge sans réserve dans cet univers codifié. Et c’est bien ce que propose la version noir et blanc de la série, qui multiplie les clins d’œil à des chefs-d’œuvre des années 1930-1940 – citons par exemple l’hommage appuyé au célèbre « The Lady From Shanghai » d’Orson Welles, qui ravira les amateurs du genre.
L’influence marquante de « Dick Tracy »
Pourtant, loin de cantonner « Spider-Noir » à une simple nostalgie, la version True-Hue ose autre chose. Elle puise son inspiration visuelle dans le film culte « Dick Tracy », réalisé par Warren Beatty, qui associait déjà l’imaginaire du comic strip à une mise en scène saturée de couleurs primaires. Résultat : décors stylisés, costumes exagérément vifs, carnations presque irréelles… Cette approche confère à la série une identité graphique singulière qui tranche franchement avec les canons habituels du streaming.
Voici ce que propose concrètement cette expérience télévisuelle unique :
- Noir et blanc : hommage aux racines du film noir classique.
- True-Hue : clin d’œil affirmé au style pop de « Dick Tracy ».
- Spectateur libre : chaque version a été conçue avec soin et intention.
Bifurcation créative ou simple compromis ?
La décision de tourner en simultané deux versions n’a rien d’anodin : il ne s’agit pas seulement de contenter les sceptiques face au noir et blanc, ni même d’imiter des initiatives récentes comme celle de Marvel Studios. Selon les propos croisés d’Oren Uziel, le showrunner, et de Nicolas Cage, l’ambition affichée était bien de valoriser chaque vision dès le tournage. Aucun des montages ne paraît secondaire ou bâclé : on sent dans chaque plan une volonté de rendre hommage tout en innovant.
Au fond, choisir entre les deux versions devient presque un geste artistique laissé au public – un parti-pris rare sur les plateformes aujourd’hui. Espérons que cette audace ne marque pas le retour d’une défiance envers le noir et blanc, mais inspire plutôt de futures séries à repousser leurs propres frontières créatives.
« Spider-Noir » est disponible sur MGM+, et rejoindra Prime Video dès le 27 mai.