Comment un retournement final a gâché une excellente intrigue de La Quatrième Dimension

Image d'illustration. The Twilight ZoneCBS / PR-ADN
Un retournement de situation inattendu a bouleversé le déroulement d’un épisode particulièrement captivant de La Quatrième Dimension, suscitant la déception des spectateurs qui estimaient que ce twist final nuisait à la qualité globale du récit.
Tl;dr
- « The Jungle » renforce des stéréotypes africains dépassés.
- Le twist du sort réel déçoit et manque de subtilité.
- L’épisode reste un point faible de La Quatrième Dimension.
Un épisode en rupture avec la finesse habituelle de la série
Lorsque l’on évoque La Quatrième Dimension, les mémoires s’accordent généralement sur une chose : l’incroyable capacité de la série à manier le rebondissement, à installer une tension puis à surprendre le spectateur. Mais tous les épisodes n’ont pas su préserver cette excellence, et certains, comme « The Jungle », marquent un véritable faux pas, aussi bien dans l’écriture que dans la représentation culturelle.
Un scénario englué dans les clichés
À la base de cet épisode figure une nouvelle de Charles Beaumont, déjà parue en 1954. Adaptée pour le petit écran lors d’une troisième saison dense (37 épisodes), elle hérite inévitablement d’une vision datée, héritée des années 50. Le récit suit Alan Richards, promoteur immobilier incarné par John Dehner, qui rentre d’Afrique après avoir supervisé la construction d’un barrage ayant provoqué la colère de tribus locales. Sa femme Doris (Emily McLaughlin) tente de conjurer le mauvais sort avec des talismans ramenés sur place — précaution que son mari tourne en dérision avant d’en brûler un. Dès lors, les événements étranges s’enchaînent : découverte d’une chèvre morte, bruits sauvages au cœur de la ville et mort suspecte d’un chauffeur de taxi.
La liste suivante illustre comment l’épisode tombe rapidement dans des travers regrettables :
- Simplification excessive des cultures africaines réduites à la sorcellerie.
- Absence totale de nuance entre les différentes régions du continent.
- Stéréotypes récurrents utilisés comme moteur narratif sans remise en question.
Un twist attendu… et décevant
Là où le bât blesse particulièrement, c’est dans le traitement du « twist ». Contrairement à d’autres épisodes phares comme « Time Enough at Last », « The Jungle » ne joue ni sur l’ambiguïté ni sur la psychologie du héros : le sort est bel et bien réel, jusqu’à cette scène finale où un lion tue successivement Doris puis Alan Richards. La série passe alors à côté d’une réflexion plus subtile sur la superstition ou la peur.
Bilan mitigé pour une œuvre pourtant ambitieuse
Même si quelques images marquantes émergent — ces éléments exotiques surgissant brutalement en milieu urbain — l’ensemble demeure desservi par un scénario qui peine à échapper à ses propres facilités. En relisant aujourd’hui ce segment de La Quatrième Dimension, difficile de ne pas tiquer face à l’accumulation des clichés et au manque flagrant de recul critique. Il subsiste donc comme un exemple rare où la série laisse filer sa légendaire maîtrise du fantastique au profit d’un récit maladroit et daté.