Le réalisme scientifique du film « Projet Dernière Chance » avec Ryan Gosling passé au crible

Image d'illustration. Project Hail MaryMetro-Goldwyn-Mayer / PR-ADN
Le film Projet Dernière Chance, porté par Ryan Gosling, s’inspire du roman à succès d’Andy Weir et met en scène une mission spatiale périlleuse. L’exactitude scientifique du scénario soulève toutefois de nombreuses questions parmi les experts et passionnés d’astronomie.
Tl;dr
- Le réalisme scientifique demeure central dans « Projet Dernière Chance ».
- Des concepts extraterrestres et astrophysiques audacieux, mais crédibles.
- L’intrigue repose sur des menaces solaires fictives.
Quand la science-fiction flirte avec la réalité
Difficile de ne pas reconnaître l’empreinte d’Andy Weir lorsqu’on évoque la nouvelle adaptation cinématographique de son roman à succès, « Projet Dernière Chance ». Après avoir imposé sa patte dans le genre du hard sci-fi avec « Seul sur Mars », l’auteur démontre une fois encore que rigueur scientifique et imagination fertile peuvent cohabiter harmonieusement. Mais alors, jusqu’où le film – réalisé par Phil Lord et Chris Miller, sur un scénario de Drew Goddard – respecte-t-il les lois connues de l’univers ?
Soleil en danger : entre fiction et perspectives scientifiques
La question peut surprendre, mais il est indiscutable que notre Soleil finira par s’éteindre. Fort heureusement, ce funeste destin attendra encore cinq milliards d’années. Dans le récit, pourtant, tout s’accélère : des organismes fictifs baptisés « astrophages » menacent prématurément notre étoile. S’ils sont inspirés des spores ou algues bien réelles, leur capacité à consumer l’énergie solaire reste pure invention. Cela dit, la manière dont le scénario imagine leur propagation — seules quelques étoiles étant épargnées — offre une piste habile pour justifier la rencontre entre espèces intelligentes.
L’odyssée interstellaire crédible… ou presque ?
Une prouesse du film réside dans la représentation minutieuse du voyage spatial. Le vaisseau Hail Mary, propulsé vers Tau Ceti à douze années-lumière de la Terre, utilise des méthodes qui interpellent les amateurs de science : équipage placé en coma artificiel plutôt qu’en cryostase hollywoodienne, carburant révolutionnaire issu des astrophages offrant bouclier contre les radiations… On est loin de nos actuels moteurs chimiques. Pour franchir un tel abîme cosmique, un carburant convertissant masse en énergie — idée centrale du récit — serait indispensable selon les théories actuelles.
Si l’on se demande pourquoi Ryland Grace et Rocky croisent leurs destins si « facilement », c’est parce que tous deux cherchent désespérément à sauver leur système stellaire respectif. La rareté d’un refuge non infecté dans le voisinage galactique explique cette improbable convergence.
Diversité extraterrestre et plausibilité biologique
L’apparence singulière de Rocky étonne autant qu’elle fascine : enveloppe minérale, atmosphère riche en ammoniaque, biologie étrangère à tout ce que connaît l’humanité… Un choix assumé par Andy Weir, qui revendique avoir laissé libre cours à ses spéculations sans contrainte darwinienne terrestre. Pourtant, si la vie existe ailleurs — avancent nombre d’astrophysiciens interrogés ces dernières années — elle ressemblerait probablement davantage à une forme microbienne simple qu’à un compagnon bavard. Parmi les éléments marquants à retenir :
- Astrophage : concept inventif mêlant énergie et biologie.
- Relativité : vieillissement ralenti pour les astronautes proches de la lumière.
- Soleil mourant : extrapolation scientifique pour renforcer le suspense.
Par petites touches subtiles, mais précises, « Projet Dernière Chance » réussit ainsi l’exploit d’infuser de vraies interrogations scientifiques dans une aventure spatiale grand public — tout en gardant intact le plaisir du spectaculaire.