Corning échappe à une amende européenne en cessant ses accords d’exclusivité avec les fabricants de smartphones

Image d'illustration. Europe drapeauxADN
Le groupe Corning échappe à une sanction de l’Union européenne en mettant fin à ses accords d’exclusivité avec des fabricants de téléphones. Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête antitrust menée par Bruxelles sur ses pratiques commerciales.
Tl;dr
- Corning met fin à ses accords d’exclusivité en Europe.
- Engagements pris pour éviter une lourde amende de l’UE.
- Surveillance imposée, mais aucun impact financier immédiat.
Corning tourne la page des accords exclusifs
Après plusieurs mois sous la loupe de la Commission européenne, le fabricant américain de verre Corning, connu pour son emblématique Gorilla Glass, a finalement décidé de renoncer à ses pratiques commerciales jugées anticoncurrentielles. Sous la pression croissante des autorités européennes, l’entreprise s’engage à mettre fin à l’ensemble de ses accords d’exclusivité sur le continent, un changement qui marque sans doute un tournant dans sa stratégie commerciale.
L’enquête européenne et ses conséquences
C’est en 2023 que la Commission européenne avait ouvert une enquête ciblant spécifiquement les méthodes employées par Corning. Selon Bruxelles, l’entreprise aurait exigé que les fabricants de smartphones s’approvisionnent exclusivement — ou quasi-exclusivement — en verre Alkali-AS (commercialisé sous le nom de Gorilla Glass) auprès d’elle. Cette politique, parfois assortie de remises incitatives, aurait eu pour effet d’étouffer la concurrence, mais aussi d’influencer les prix et freiner l’innovation dans le secteur.
Aujourd’hui, face à la menace d’une sanction qui aurait pu représenter jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires — une somme potentiellement colossale —, le géant américain a préféré coopérer. Les engagements proposés par Corning ont été acceptés par la Commission et sont désormais juridiquement contraignants au regard du droit européen.
Nouvelles règles du jeu pour Corning en Europe et ailleurs
Désormais, l’entreprise devra :
- Renoncer à toutes clauses d’exclusivité actuelles
- S’abstenir de toute nouvelle exclusivité avec les fabricants et transformateurs de verre en Europe
- S’interdire d’imposer des volumes minimums d’achat dans l’Espace économique européen
- Limiter mondialement la part imposée à 50 % des besoins des clients
La durée de ces obligations : neuf ans. Un administrateur indépendant sera chargé de contrôler leur bonne application tout au long de cette période.
Aucune amende ni reconnaissance officielle d’infraction
Ironie du sort pour certains observateurs : malgré cette mise en cause inédite, aucune amende n’a finalement été infligée à Corning. L’entreprise insiste même sur le fait qu’aucun manquement n’a été formellement constaté. Dans un communiqué transmis à Bloomberg, elle précise : « The European Commission’s investigation has been settled with no fine, no finding of wrongdoing by Corning, and no material impact to the company’s Gorilla Glass business or the company at large. »
Si l’épisode rappelle combien Bruxelles veille scrupuleusement au respect du droit de la concurrence, il illustre aussi les marges dont disposent encore certains poids lourds industriels pour négocier leur sortie de crise sans coup férir… ou presque.