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Warcraft : notre critique, garantie sans spoilers

Publié le | Modifié le

Après des années d'attente, le film Warcraft : Le Commencement est enfin là. Voici notre avis, que nous qualifierons de "positif mais mitigé".

Comme cela a dû être le cas pour Duncan Jones lorsqu’il a reçu la mission d’adapter la licence Warcraft en long-métrage, cette critique de Warcraft : Le Commencement a été particulièrement compliquée à écrire. Un peu comme le réalisateur (Source Code et surtout Moon) qui a dû s’adresser en un seul film à de nombreux publics différents, à savoir les néophytes complets de la saga de Blizzard, les connaisseurs de loin (disons les joueurs de World of Warcraft vaguement impliqués) et les véritables fans qui connaissent le très riche lore sur le bout des doigts et les jeux de stratégies qui datent d’une vingtaine d’années, cette critique doit parler à tous. C’est pourquoi nous sommes partis sur un avis qui ne contiendra pas de spoilers.

Sur Azeroth, il n’y a que la guerre (Miaouss, oui la guerre)

Comme le sous-titre du film le laisse entendre, Warcraft : Le Commencement se base sur le tout premier RTS de la licence sorti en 1994 : Warcraft : Orcs & Humans. Dans le film écrit par Duncan Jones lui-même et Charles Leavitt (scénariste de Blood Diamond, Au coeur de l’océan…etc.), le spectateur suit la première rencontre et guerre entre les humains d’Azeroth et les orcs de Draenor.

Ces derniers, poussés par la destruction de leur monde d’origine générée par le sorcier Gul’Dan, n’ont d’autre choix que d’ouvrir un portail vers le monde d’Azeroth pour s’y installer. Les humains, en paix depuis des années avec les autres races présentes sur le monde d’Azeroth (nains, elfes…etc.), ne voient évidemment pas cette invasion d’un bon oeil et vont tenter de repousser l’envahisseur. Pas de quête compliquée donc, simplement un affrontement épique entre deux peuples.

Heureusement pour lui, Warcraft n’est pas aussi manichéen que peut l’être par exemple un Seigneur des Anneaux. S’il y a bien évidemment des personnages profondément bons et d’autres absolument mauvais, les orcs ne sont pas nécessairement les méchants de l’histoire et les humains ne sont pas tout blancs non plus. Chaque camp est mené par différents personnages charismatiques, motivés pour protéger leur peuple par tous les moyens.

Côté défenseurs on trouve notamment le commandant Anduin Lothar (Travis Fimmel), le Roi Llane Wrynn (Dominic Cooper), sa femme Lady Taria Wrynn (Ruth Negga) ou encore le jeune mage Khadgar (Ben Schnetzer). Chez les envahisseurs le pouvoir se partage plus ou moins entre Gul’Dan (Daniel Wu), Orgrim Marteau-du-destin (Robert Kazinsky), Main-Noire (Clancy Brown) et Durotan (Toby Kebbell). Au milieu de tout ça, il est aussi important de citer deux autres personnages clés : la demi-orc Garona (Paula Patton) et Medivh (Ben Foster), le Gardien d’Azeroth.

Un univers titanesque et seulement 2h pour l’effleurer

Premier constat personnel en sortant de la salle : en un peu plus de 2h de film, Duncan Jones a dû poser avec respect les bases d’un univers particulièrement touffu (et encore ce n’est que la pointe de la pointe de l’iceberg, croyez-moi) et a nécessairement été obligé d’opérer des coupes et surtout des ajustements dans l’histoire originale, heureusement globalement respectée. Certains changements sont peu gênants, d’autres véritablement regrettables que l’on espère justifiés dans les prochains films (si prochains films il y a).

Nous avons promis de ne pas spoiler, aussi dirons nous simplement que certains personnages voient leur histoire profondément modifiée et que les motivations et origines de certains ne sont pas suffisamment développées. De même, le film ne couvre pas complètement les évènements de la première guerre et tombe un peu court pour fort probablement teaser la suite. En résulte un goût de trop peu pour les connaisseurs, mais un scénario plus aisé à suivre pour les autres qui accepteront de laisser couler quelques éléments.

Et puisque l’on évoque un élément moyen, le jeu d’acteur l’est aussi avec autant de performances correctes (notamment chez les orcs dont l’animation est excellente) que de passages un peu feignants. Par ailleurs, nous avons été obligé de voir le film en VF et celle-ci est moins catastrophique qu’attendue. Elle permet même d’ailleurs à Travis Fimmel de davantage sonner comme Anduin Lothar et non Ragnar Lothbrok de Vikings.

L’autre problème majeur du film (promis nous évoquons les points positifs juste après), c’est son évident cahier des charges Hollywood. Avec Legendary Pictures ou encore Universal Pictures aux manettes et dès le premier trailer, il était évident que Warcraft auraient des conditions à remplir pour entrer dans la case blockbuster. Cela se traduit notamment par une mise en avant à outrance et une romance inutile de Garona (probablement le moins bon personnage du film) ou encore d’un certain côté “sidekick rigolo malgré lui” de Khadgar. Heureusement, Duncan Jones parvient à limiter la casse et même à imposer un rythme un peu atypique (et correct) pour l’industrie du cinéma.

Lok’tar ogar !

Les bons points, donc. Tout d’abord, grâce à son budget élevé de 160 millions de dollars qui a notamment permis d’engager l’expérimenté Bill Westenhofer (Narnia, Life of Pi…etc.) et la compagnie vétérante ILM pour les très nombreux effets spéciaux, Warcraft flatte la rétine. Qu’il s’agisse des décors (Stormwind/Hurlevent <3), de la magie ou encore des orcs (en dehors de Garona, encore une fois), les fans de fantasy en auront pour leur argent. Même chose pour les armes et costumes réalisés par le même studio qui s’est occupé du Seigneur des Anneaux, bien que le côté un peu trop fantasy et cartoon des armures humaines issues du jeu jure régulièrement.

Ensuite, et malgré sa genèse un peu chaotique, le film est pétri de clins d’oeil pour les fans. Et ce, dès l’intro qui est un hommage direct à Warcraft III. Il faudra même probablement plusieurs séances pour tout repérer. Les combats quant à eux, malgré quelques passages un peu en-dessous, sont assez efficaces et le sentiment de supériorité physique des orcs est notamment bien rendu.

Enfin, avec notre chronique #OSTgasme, impossible de ne pas évoquer la musique de Ramin Djawadi. Le compositeur de Person of Interest et Pacific Rim réalise ici environ le même travail que dans Game of Thrones, à savoir une bande-son qui fait le job sans spécialement briller en dehors de son ouverture.

Warcraft : notre avis

Votre ressenti sur le film de Duncan Jones risque très fortement de dépendre de vos attentes et expériences personnelles avec la saga de Blizzard. Il y a aussi à prendre en compte sous quel angle le film est jugé. Ainsi, grâce à un budget bien utilisé et une équipe visiblement motivée (certains acteurs sont d’anciens joueurs de WoW), Warcraft est pour une fois une excellente adaptation tirée d’un jeu vidéo. Ensuite, notamment à cause des codes probablement imposés par Hollywood et à son besoin de satisfaire tous les publics, Warcraft est souvent “le cul entre de multiples chaises” et peine à dépasser le simple statut de correct film de fantasy et la relance du genre n’est pas assurée. Enfin, Warcraft est un produit fort sympathique qui caresse les fans de la licence dans le sens du poil en multipliant les clins d’oeil pour leur faire oublier les quelques libertés prises.

Pour peut-être vous aiguiller un peu plus avec un avis plus personnel, en gros fan exigeant de la licence depuis Warcraft II, la hype que j’entretiens depuis des années pour le film n’a pas été parfaitement satisfaite. Pourtant, je reverrai avec plaisir le film (en VO cette fois !) et j’irai voir la suite sans hésiter.

Désormais, ne reste plus qu’à espérer que le succès au box office sera au rendez-vous pour un deuxième film car, sans suite, il s’agirait quand même au final d’un beau gâchis. Nous souhaitons d’ailleurs d’avance bon courage à Duncan Jones ou au réalisateur qui aura la tâche de produire la suite tant l’histoire à venir est encore plus riche.

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