Un ex-joueur NHL mise sur cette série HBO pour changer les mentalités dans le hockey professionnel

Image d'illustration. Heated RivalryCrave Canada / PR-ADN
Un ancien joueur de la LNH mise sur l’impact d’une série HBO, qui met en scène des rivalités intenses, pour encourager une évolution des mentalités et pratiques au sein du monde du hockey professionnel.
Tl;dr
- « Heated Rivalry » révolutionne la représentation queer dans le hockey.
- L’accueil de la NHL soulève des questions sur son engagement réel.
- La série célèbre l’amour et la visibilité LGBTQ+ sur fond sportif.
Une série qui bouscule les codes du hockey
Du jamais-vu sur petit écran : « Heated Rivalry », la nouvelle création de Jacob Tierney, explore la romance entre deux stars rivales du hockey, brisant les tabous d’un univers réputé pour sa masculinité exacerbée. Au fil des épisodes, on suit Shane Hollander (Hudson Williams) et Ilya Rozanov (Connor Storrie), tiraillés entre leurs sentiments et la pression des vestiaires. Pourtant, ce qui marque surtout, c’est la volonté du showrunner, lui-même ouvertement gay, de proposer des récits où l’issue heureuse n’est plus un mirage pour les personnages LGBTQ+.
Des histoires d’amour qui inspirent… et interrogent
L’épisode « Hunter » délaisse le duo central pour plonger dans la relation secrète entre le capitaine new-yorkais Scott Hunter (François Arnaud) et un barista nommé Kip. La peur du coming out au sein de la NHL, encore pesante, met leur couple à rude épreuve. Pourtant, un moment décisif surgit lorsque Scott, après avoir remporté la coupe, embrasse Kip devant le monde entier. Le final de cette première saison prolonge ce souffle d’espoir : Scott assume publiquement son bonheur, un choix scénaristique rare dans les fictions sportives traditionnelles.
NHL : ouverture sincère ou stratégie marketing ?
Cependant, alors que la ligue nord-américaine multiplie les gestes d’apparente bienveillance — diffusion de bandes-annonces lors des matchs ou clins d’œil à certains épisodes — certains observateurs s’interrogent. Dans sa newsletter « Out Of Your League », la journaliste spécialisée Frankie de la Cretaz nuance cet enthousiasme en rappelant que la NHL, tout en profitant du succès populaire de la série, a ces dernières années restreint ses initiatives autour des « pride nights » ou des symboles LGBTQ+. Elle cite également l’ex-joueur ouvertement gay Brock McGillis, dont cette phrase résonne : « Je n’ai pas vu un seul arc-en-ciel éradiquer l’homophobie. »
L’impact concret d’« Heated Rivalry »
Alors, assiste-t-on à une véritable révolution ? L’ancien joueur controversé des Rangers de New York, Sean Avery, estime que l’immense succès de « Heated Rivalry » pourrait ouvrir la voie à un premier joueur gay assumé en NHL. Non sans humour — et lucidité — il qualifie le show de « Pire série de hockey jamais réalisée, mais meilleure série gay sur le sujet. » En somme, si l’industrie du hockey peine à dépasser certains blocages internes, l’émotion authentique qui traverse chaque épisode rappelle que représenter et célébrer l’amour sous toutes ses formes reste un acte profondément politique.