Un acteur de Rogue One stupéfait par l’aspect inachevé du scénario de Star Wars

Image d'illustration. Star Wars Rogue OneDisney / PR-ADN
Un acteur de Rogue One a découvert avec étonnement que le scénario du film Star Wars présentait d’importantes lacunes lors du tournage, révélant ainsi une élaboration du script bien moins aboutie que ce à quoi il s’attendait.
Tl;dr
- Rogue One : scénario constamment réécrit, script instable.
- Mads Mikkelsen a tourné avec un script inachevé.
- Fin modifiée : tous les héros meurent sur validation Disney.
Des réécritures à la chaîne pour Rogue One
Dans les coulisses de Hollywood, il n’est plus un secret que la plupart des blockbusters accumulent un nombre impressionnant de scénaristes, bien au-delà des quelques noms crédités officiellement. Ce phénomène, aussi fréquent que discret, n’a pas épargné Rogue One: A Star Wars Story, réalisé par Gareth Edwards. Le scénario du film a connu d’innombrables versions, passant de main en main, au fil des exigences et des doutes des studios. Officiellement, seuls Tony Gilroy et Chris Weitz sont cités, mais la réalité est bien plus complexe : de Gary Whitta, auteur du premier jet, à une salve de retouches orchestrées par Gilroy lors de cinq semaines de reshoots, en passant par l’intervention ponctuelle d’autres plumes comme Christopher McQuarrie, Scott Z. Burns ou encore Michael Arndt.
Mads Mikkelsen face à un scénario mouvant
Sur le plateau, cette instabilité scénaristique n’a pas manqué de déstabiliser les acteurs. Ainsi, lorsque Mads Mikkelsen, interprète du scientifique Galen Erso contraint par l’Empire à concevoir l’Étoile de la Mort avec une faille secrète, débarque sur le tournage, il réalise rapidement que rien n’est figé. Interrogé récemment par Variety, l’acteur partage ses souvenirs : « Pour un film Star Wars, le script était étonnamment inachevé. Il changeait sans cesse… Je ne crois pas qu’ils aient jamais verrouillé une version définitive. » S’il s’accommode tant bien que mal de ces incertitudes grâce à la clarté de sa propre mission narrative, il reconnaît les difficultés particulières rencontrées par ses collègues jouant les jeunes héros – notamment Felicity Jones (Jyn Erso) et Diego Luna (Andor).
L’impact sur le récit et sa conclusion inattendue
Ce chaos créatif n’a pas seulement affecté le quotidien des comédiens ; il s’est également répercuté sur l’histoire elle-même. À l’origine, selon les confidences faites par Edwards en 2016, tous les personnages principaux auraient dû survivre. Mais ce choix narratif fut retoqué – après validation expresse de Disney. Finalement, chaque membre du commando rebelle périt lors du dénouement. Une décision logique si l’on se souvient que dans le premier Star Wars évoqué par George Lucas en 1977, il est déjà dit que « beaucoup sont morts pour obtenir ces plans ».
À ce stade, difficile de nier le savoir-faire technique du film : visuellement splendide grâce au travail du chef opérateur Greig Fraser, agrémenté d’effets spéciaux impeccables. Pourtant – et c’est là tout le paradoxe –, l’intrigue pâtit d’une certaine fadeur et d’un manque criant d’épaisseur psychologique.
Bilan : Hollywood doit-il revoir sa copie ?
Face à cette valse incessante des scénaristes et à la dilution créative qui en résulte parfois, on peut se demander si Hollywood ne gagnerait pas à redonner plus souvent leur chance aux voix singulières plutôt qu’à multiplier les réécritures. Un blockbuster solide repose-t-il vraiment sur un comité ? Voilà une question que pose crûment le cas Rogue One.