- Toy Story 5 semble trop moderne pour sa chronologie
- La saga pointait plutôt vers 2013
- Le choix peut compliquer un sixième film
Le plus frappant avec Toy Story 5, ce n’est pas sa nouvelle menace. C’est l’époque qu’il montre. Sur le papier, la saga ne devrait pas être si loin dans le temps. À l’écran, pourtant, tout renvoie à un monde beaucoup plus proche de 2026 que de 2013.
Un film censé suivre la saga, pas sauter une décennie
La chronologie de Toy Story n’était pas vraiment floue jusque-là. Le premier film est bien ancré en 1995, avec plusieurs indices visuels, notamment sur l’étiquette de la voiture de la mère d’Andy. Et le spin-off Lightyear a verrouillé le sujet en confirmant qu’Andy recevait son Buzz Lightyear cette année-là.
À partir de là, le reste suit assez bien. Andy a environ 6 ans dans Toy Story, puis il part pour l’université dans Toy Story 3, ce qui place ce film autour de 2007. Dans ce même épisode, Bonnie fréquente la garderie Sunnyside Daycare, avant d’entrer à l’école maternelle dans Toy Story 4. Donc, au plus tard, ce quatrième volet se poserait vers 2009.
Si Bonnie a ensuite 8 ou 9 ans dans Toy Story 5, on arrive grosso modo à 2013. C’est là que ça coince.
Le vrai sujet, c’est l’omniprésence des écrans
Oui, les tablettes existaient déjà en 2013. Mais Toy Story 5 ne se contente pas d’ajouter Lilypad, cette nouvelle tablette qui menace la place des jouets dans la vie de Bonnie. Le film décrit un univers où les enfants vivent dans les écrans, où les jouets Buzz Lightyear communiquent en Wi-Fi, où les gamins s’envoient des messages et jouent en ligne comme une évidence.
Résultat ? L’ambiance générale ressemble bien plus à celle des années 2020 qu’à celle du début des années 2010.
C’est d’ailleurs ce qui rend le décalage si visible. Même l’idée que les enfants abandonnent plus tôt leurs jouets à cause d’Internet et des tablettes sonne très actuelle. Et le détail est amusant, presque ironique, les jouets laissés de côté par Blaze, qui a à peu près l’âge de Bonnie, évoquent davantage le début ou le milieu des années 2010 que le récit lui-même.
Un choix logique pour le public, risqué pour la suite
Le choix de Pixar se comprend quand même. Un film planté au milieu des années 2010 aurait sans doute paru moins pertinent pour les enfants d’aujourd’hui. Pour parler du rapport aux écrans, le studio a clairement préféré la justesse du thème à la rigueur du calendrier.
Mais la saga perd au passage quelque chose d’assez précieux. L’une des forces de Toy Story, c’était cette impression de grandir avec son public. Quand Toy Story 3 sort en 2010, ceux qui avaient l’âge d’Andy en 1995 arrivaient, eux aussi, à ce moment où l’enfance recule.
Et pour la suite, ça ouvre un vrai problème. Un éventuel Toy Story 6 pourrait logiquement conclure l’arc de Bonnie, comme le troisième film l’avait fait pour Andy. Sauf qu’en avançant déjà la saga vers un présent quasi contemporain, la prochaine étape imposerait peut-être un décor franchement futuriste. Pour Toy Story, ce serait un drôle de virage.