TikTok renforce le contrôle de l’âge pour ses utilisateurs européens

Image d'illustration. TikTokADN
Face aux limites techniques et juridiques, TikTok tente d’offrir des expériences adaptées aux mineurs tout en respectant leur vie privée.
Tl;dr
- Le Royaume-Uni envisage d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, suivant l’exemple australien, avec un vote prochain à la Chambre des Lords.
- TikTok renforce ses contrôles d’âge en Europe et au Royaume-Uni, utilisant modérateurs, estimation via données de profil et selfie pour limiter l’accès aux moins de 13 ans.
- Aucune méthode n’est parfaite, mais la plateforme affirme sa volonté de protéger les jeunes utilisateurs tout en respectant la vie privée, face à la pression politique et sociale.
La pression politique s’intensifie autour des réseaux sociaux
Au Royaume-Uni, le débat prend une ampleur inédite : la Chambre des Lords s’apprête à se prononcer sur un amendement visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Ce vote, qui pourrait déboucher dans les prochains mois sur une décision contraignante du Parlement, intervient alors que le Premier ministre Keir Starmer affirme que « toutes les options sont sur la table » en observant de près l’exemple australien. De fait, l’Australie a franchi un cap le mois dernier avec l’entrée en vigueur d’un bannissement des moins de 16 ans, forçant des plateformes majeures à supprimer ou restreindre massivement des comptes ; une mesure qui a d’ailleurs poussé Reddit à engager une action en justice.
TikTok muscle sa politique de contrôle d’âge
Face à ce contexte tendu, TikTok annonce un renforcement significatif de ses dispositifs de vérification d’âge dans toute l’Espace économique européen, ainsi qu’au Royaume-Uni et en Suisse. Dans les semaines à venir, la plateforme déploiera une technologie améliorée capable d’estimer l’âge probable des utilisateurs à partir de leurs données de profil et comportements. Si un compte semble appartenir à un utilisateur âgé de moins de 13 ans – âge minimum requis –, il sera soumis à un examen par un modérateur spécialisé, qui pourra décider d’un bannissement.
Méthodes multiples et engagement auprès des régulateurs
Ce dispositif s’inscrit dans une approche « multi-couches », selon les termes mêmes du réseau social : notifications explicatives envoyées aux utilisateurs européens, contrôle par modération humaine lorsqu’un doute subsiste lors de la revue de contenus, possibilité pour tout usager de signaler un compte suspect… Et chaque mois, pas moins de 6 millions de profils jugés trop jeunes sont supprimés du service. Les titulaires peuvent cependant contester cette décision en transmettant, entre autres possibilités :
- Une pièce d’identité officielle ;
- Une autorisation bancaire ;
- Ou encore un selfie utilisé pour estimer leur âge.
À ce sujet, la méthode du selfie n’a pas toujours porté ses fruits ailleurs : chez Roblox, des mineurs ont déjà réussi à contourner ces systèmes.
Aucune solution parfaite mais une ambition affichée
Dans son dernier billet officiel, TikTok concède qu’« aucune méthode mondiale n’offre aujourd’hui une garantie absolue tout en préservant la vie privée ». La firme assure néanmoins sa volonté ferme d’écarter les moins de 13 ans et d’offrir aux adolescents des expériences adaptées. Cette évolution fait suite à une phase pilote menée avec la Commission irlandaise de protection des données, qui a permis au réseau chinois d’affiner ses pratiques pour répondre aux exigences strictes du RGPD européen.
Au final, si le chemin vers une sécurisation totale reste semé d’incertitudes techniques et juridiques, la tendance semble claire : sous la pression sociale comme réglementaire, les géants du web multiplient les initiatives pour protéger les plus jeunes utilisateurs.