Test Cthulhu: The Cosmic Abyss

Par Hadrien Miche publié le 26 avril 2026 à 7h00.
Tech
Cthulhu: The Cosmic Abyss
7 /10

Notes

  • Gameplay
    6
  • Univers et Narration
    8
  • Ambiance sonore
    8
  • Durée de vie
    6

Avantages

  • - Ambiance réussie
  • - Direction artistique

Inconvénients

  • - Gameplay frustrant
  • - Manque de lisibilité

Avec Cthulhu: The Cosmic Abyss, les développeurs de chez Big Bad Wolf Studio tentent une nouvelle approche de l’horreur lovecraftienne, en misant davantage sur l’atmosphère et la narration que sur l’action pure. Une proposition intrigante, mais qui doit prouver qu’elle peut captiver sur la durée.

Présentation

Dans Cthulhu: The Cosmic Abyss, vous incarnez Noah plongé dans une expédition mystérieuse liée à une entité ancienne et incompréhensible. Très rapidement, le jeu installe son ton : vous n’êtes pas là pour combattre, mais pour comprendre.

Le récit tourne autour d’une exploration progressive d’un environnement marqué par une présence cosmique, où chaque découverte apporte plus de questions que de réponses. Fidèle à l’ADN lovecraftien, l’histoire ne cherche pas à tout expliquer clairement. Elle se dévoile par fragments : documents, objets, visions et éléments du décor.

Le jeu repose donc sur votre capacité à relier ces indices entre eux. Mais cette approche a un revers : si vous manquez certains éléments, vous pouvez passer à côté de pans entiers de la narration.

Une ambiance au cœur de l’expérience

Sur le plan visuel et sonore, le jeu fait clairement le job.

Graphiquement, c’est propre sans être une claque technique. Les textures, les jeux de lumière et les environnements participent à créer une atmosphère crédible et immersive. On ressent vraiment cette influence cosmique, avec des structures parfois organiques, parfois incompréhensibles, qui renforcent le malaise.

Côté sonore, le travail est encore plus marquant. Le jeu utilise beaucoup les silences, les nappes sonores et les ambiances oppressantes pour maintenir une tension constante. Il n’y a pas de jumpscare : tout repose sur un sentiment diffus d’inconfort.

C’est une réussite, même si elle reste assez « attendue » pour le genre.

Gameplay : exploration avant tout

C’est clairement le point le plus clivant du jeu : le gameplay repose presque exclusivement sur l’observation et l’analyse d’objets. Sur le principe, c’est cohérent avec le thème. Mais dans les faits, le jeu demande une précision parfois excessive : il faut viser exactement le bon point pour déclencher une interaction/analyse.

Résultat, plusieurs problèmes apparaissent rapidement : on peut rester bloqué sans comprendre pourquoi, et rendre la progression moins fluide… J’ai fait la version Steam et la souris était clairement ma meilleure alliée pour en venir à bout !

On combine donc un problème de gameplay avec des énigmes parfois complexe, malgré l’IA Key qui vient nous aider. Elle est capable d’analyser les « fréquences » des objets et via l’usage d’un sonar de nous aider à trouver les objets importants, c’est une très bonne idée. Sur le papier comme en pratique, c’est l’un des éléments les plus intéressants du gameplay… même s’il ne suffit pas toujours à compenser les moments de flottement.
Le Vault qui recense tous les indices qu’on a pu glaner via les analyses, nous permettent de mettre de l’ordre dans les choses à faire et d’avancer sur la quête. Assez utile, c’est en particulier sur le chapitre 6, que le jeu se montre nettement plus exigeant et peut clairement mettre la patience des joueurs à rude épreuve.

Le sonar avec l'IA Key

Le sonar avec l’IA KeyNacon

Le Vault

Le VaultNacon

Narration : intéressante, mais pas toujours accessible

Le jeu propose une histoire intéressante, clairement ancrée dans l’univers lovecraftien. On retrouve les thèmes classiques : entités anciennes, incompréhension humaine, folie latente. Mais cette richesse narrative a un coût.

Le jeu ne prend jamais le joueur par la main. Il ne vulgarise pas son univers. Il ne simplifie pas ses concepts. Et si vous n’êtes pas déjà familier avec ce type de récit, vous pouvez rapidement vous sentir perdu.

Dans mon cas, l’histoire m’a intéressé, mais j’ai eu l’impression de rater des éléments importants. Ce qui est probablement vrai, puisque le jeu repose justement sur une compréhension fine de ses indices et de nombreuses heures à éplucher tout ce que vous pourrez scanner… Ce choix est cohérent artistiquement… mais limite clairement son accessibilité.

Durée de vie

Avec environ 8 heures pour boucler les 7 chapitres, le jeu propose une expérience relativement courte.

En soi, ce n’est pas forcément un problème pour un jeu narratif. Mais ici, deux éléments viennent nuancer ça :

  • le rythme déjà lent du gameplay
  • le prix du jeu

Le ressenti peut donc être paradoxal : une aventure courte, mais qui paraît parfois longue à cause des phases de blocage. Et au final, le rapport contenu/prix peut laisser un goût mitigé.

Verdict

Cthulhu: The Cosmic Abyss est un jeu de niche, qui assume totalement ses choix. Il propose une ambiance réussie, une direction artistique solide et une narration fidèle à l’univers de Lovecraft. Mais cette fidélité se fait au détriment de l’accessibilité.

Le gameplay, trop rigide dans ses interactions, génère régulièrement de la frustration. Et sans attache particulière à l’univers, il est facile de décrocher. Ceux qui aiment les expériences contemplatives, lentes et exigeantes pourront y trouver leur compte. Les autres risquent de vivre une aventure plus subie qu’appréciée.