Notre avis
Note finale
8/10
Le Zip ne cherche pas à remplacer un VTC électrique traditionnel, et c’est probablement ce qui fait sa réussite. ENGWE propose ici un véritable vélo d’intermodalité, compact, très bien équipé et vendu à un tarif encore raisonnable, quitte à accepter quelques concessions sur le confort et la polyvalence.
Notes
- Design9/10
- Conduite8/10
- Confort7/10
- Autonomie7/10
Avantages
- Pliage particulièrement pratique et encombrement réduit
- Batterie amovible USB-C 100 W très ingénieuse
- Freins hydrauliques et équipement généreux
Inconvénients
- Confort limité lorsque la chaussée se dégrade
- Moteur et transmission moins convaincants sur les parcours exigeants
Présentation et design
Le premier contact avec l’ENGWE Zip est assez déroutant lorsqu’on connaît les autres vélos de la marque. Ici, pas de cadre massif ni de pneus énormes : tout est pensé autour de la compacité. Le cadre en acier adopte notamment une fourche avant monobras et un système de pliage en trois parties. ENGWE annonce 16,9 kg, mais cette donnée correspond au vélo sans sa batterie. En conditions normales d’utilisation, il faut plutôt compter 19,4 kg batterie comprise. Cela reste raisonnable pour un VAE pliant, sans en faire pour autant un poids plume que l’on montera facilement sur quatre étages tous les jours.
Une fois replié, le Zip devient suffisamment compact pour prendre place dans un coffre, derrière une porte ou sous certains bureaux. Il peut également être déplacé sur ses petites roulettes sans avoir à le porter intégralement, un détail qui prend tout son sens dans une gare ou un couloir. La qualité de fabrication est globalement rassurante. Les soudures sont propres, les mécanismes de verrouillage donnent confiance et ENGWE n’a pas sacrifié l’équipement pour atteindre son tarif de 1 099 euros. A ce prix, le porte-bagages arrière est désormais proposé séparément, ce qui est un peu dommage pour un vélo aussi orienté déplacements quotidiens.
Fiche technique
- Moteur arrière : 250 W
- Couple maximal : 40 Nm
- Assistance : 3 niveaux avec capteur de couple
- Batterie : 360 Wh,
- Recharge : USB-C Power Delivery 100 W
- Autonomie annoncée : jusqu’à 120 km
- Vitesse maximale assistée : 25 km/h
- Feu avant : 30 lux
- Transmission : Shimano Tourney 7 vitesses
- Freins : disques hydrauliques de 160 mm
- Roues : 16 pouces, pneus 1,95″
- Écran : LCD couleur 3,2 pouces avec Bluetooth
- Poids : 16,9 kg sans batterie / environ 19,4 kg avec batterie
- Charge maximale : 120 kg
- Taille recommandée : 1,55 à 1,90 m
- Prix : 1 099 euros


Un système de pliage vraiment réussi
C’est évidemment sur ce point que le Zip joue une grande partie de son intérêt. Le vélo se replie autour de trois articulations principales : la partie arrière revient sous le cadre, celui-ci se rabat ensuite sur lui-même et la potence vient terminer l’opération. Les pédales sont elles aussi démontables rapidement. Les trois secondes annoncées par ENGWE relèvent surtout de la démonstration parfaitement maîtrisée. Dans la vie réelle, il faut plutôt quelques dizaines de secondes lorsque l’on veut ranger correctement le vélo. Cela reste rapide et, surtout, le mécanisme devient rapidement naturel.
Une fois plié, le Zip tient correctement en place et peut être poussé grâce à de petites roulettes. C’est finalement plus important que quelques secondes gagnées au pliage : dans une gare, un ascenseur ou les couloirs du métro, ne pas avoir à porter presque 20 kg change complètement l’expérience. Il reste toutefois plus volumineux qu’un Brompton extrêmement optimisé pour cet exercice. ENGWE compense avec un tarif autrement plus accessible.


Une conduite faite pour la ville
Avec son moteur arrière de 250 W développant 40 Nm, le Zip ne cherche pas à impressionner par sa puissance. Sur du plat, l’assistance accompagne correctement le pédalage et permet d’atteindre les 25 km/h réglementaires sans difficulté particulière. Le capteur de couple constitue un vrai plus par rapport aux systèmes basiques fonctionnant uniquement avec un capteur de rotation : la puissance délivrée varie selon l’effort fourni sur les pédales.
Les trois niveaux d’assistance sont suffisamment distincts pour adapter le comportement du vélo au trajet. Il subsiste néanmoins une petite latence dans certaines situations, notamment lors des démarrages. Ce comportement n’est pas rédhibitoire, mais empêche l’assistance d’être aussi naturelle que sur les meilleurs moteurs centraux. Les 40 Nm montrent également leurs limites lorsque la pente devient importante. Pour des rues légèrement vallonnées, aucun problème particulier. Sur une vraie côte, en revanche, il faudra contribuer sérieusement avec les jambes. Le Zip est avant tout un vélo urbain compact et non un grimpeur.

Un confort meilleur qu’attendu… tant que la route reste correcte
Des roues de 16 pouces sont forcément un compromis. Elles participent énormément à la compacité du Zip, mais elles absorbent moins facilement les défauts de la chaussée que celles d’un vélo classique. ENGWE tente de compenser avec des pneus de 1,95 pouce, une selle assez généreuse et surtout une tige de selle suspendue. Sur une piste cyclable ou une chaussée correcte, le résultat fonctionne étonnamment bien et le vélo offre une conduite stable pour son gabarit.
Sur des pavés ou un bitume fortement dégradé, la situation change. La tige suspendue protège correctement le cycliste des petits impacts, mais elle ne remplace évidemment pas une véritable suspension avant. Les vibrations remontent alors davantage dans le guidon. L’empattement très court participe aussi à l’agilité du vélo, mais les utilisateurs les plus grands peuvent trouver la position et le comportement moins naturels que sur un vélo classique. Le Zip préfère donc clairement les pistes cyclables et les rues relativement propres aux chemins accidentés.
Un freinage qui dépasse son positionnement
ENGWE n’a heureusement pas économisé sur un élément essentiel. Le Zip dispose de freins à disque hydrauliques avec des disques de 160 mm à l’avant comme à l’arrière. Le mordant est bon, la puissance facilement dosable et le vélo s’arrête rapidement lorsque la situation l’exige. Sur un vélo compact susceptible d’être utilisé quotidiennement en environnement urbain, avec voitures, piétons et intersections à répétition, ce choix est particulièrement appréciable. C’est même l’un des équipements qui permettent au Zip de se démarquer de nombreux pliants électriques abordables utilisant encore des systèmes mécaniques beaucoup moins agréables.
Une batterie beaucoup plus intéressante que son autonomie annoncée
La batterie est probablement l’idée la plus originale de l’ENGWE Zip après son mécanisme de pliage. Plutôt que de la dissimuler dans le cadre, ENGWE installe la batterie de 360 Wh dans une petite sacoche fixée à l’avant. Il suffit ainsi de la retirer pour la monter au bureau ou dans son appartement, sans avoir à déplacer le vélo. Encore mieux, elle utilise de l’USB-C Power Delivery jusqu’à 100 W pour la recharge et peut également fonctionner dans l’autre sens afin de recharger un smartphone, une tablette ou certains ordinateurs portables. Pour un vélo destiné aux déplacements multimodaux, cette idée est particulièrement pertinente.
En revanche, il faut oublier les 120 km d’autonomie mis en avant par ENGWE, qui correspondent au niveau d’assistance minimal dans des conditions particulièrement favorables. En utilisation beaucoup plus réaliste avec une assistance élevée, une cinquantaine de kilomètres constitue une référence nettement plus crédible. On tourne plutôt aux alentours des 45 à 50 km lorsque l’assistance est largement sollicitée. C’est moins spectaculaire sur la fiche technique, mais largement suffisant pour la vocation du Zip : plusieurs journées de petits trajets urbains avant de devoir ressortir le chargeur.


Écran et application : l’essentiel est là
Un petit écran LCD couleur prend place au guidon et affiche les informations essentielles : vitesse, niveau d’assistance, batterie et différentes statistiques de trajet. La lisibilité est correcte et les commandes sont suffisamment simples pour ne pas avoir à sortir son smartphone en permanence. Une application ENGWE peut également communiquer avec le vélo en Bluetooth. Elle permet notamment de consulter les trajets et quelques informations supplémentaires ainsi que d’utiliser un verrouillage logiciel. Elle reste assez basique et ne constitue clairement pas une raison d’acheter le Zip. Heureusement, elle n’est pas indispensable non plus.


Verdict
Avec le Zip, ENGWE réussit surtout quelque chose que beaucoup de vélos pliants électriques ratent : proposer un modèle dont le format pliable apporte un véritable avantage au quotidien. Son mécanisme fonctionne bien, le vélo reste suffisamment compact pour prendre les transports ou être rangé dans un appartement, et sa batterie amovible rechargeable en USB-C est une excellente idée. On apprécie également les freins hydrauliques, le capteur de couple et un équipement étonnamment complet compte tenu du prix.
Il faut simplement accepter les compromis inhérents au concept. Les petites roues limitent le confort sur mauvais revêtement, les presque 20 kg batterie comprise commencent vite à se faire sentir dans un escalier et le moteur de 40 Nm n’aime pas particulièrement les fortes côtes. La transmission Shimano Tourney est également très basique.
À 1 099 euros, l’ENGWE Zip reste néanmoins particulièrement intéressant pour quelqu’un qui cherche un vélo électrique pour aller au bureau, prendre le train ou le métro et le ranger facilement une fois arrivé. Pour les longues balades ou les parcours très vallonnés, mieux vaut chercher ailleurs.