Notre avis
Note finale
9/10
Le Razer Tartarus V2 Pro réussit une modernisation que la gamme attendait depuis longtemps. Plus confortable, beaucoup plus configurable et surtout équipé d'un véritable stick analogique, il fait évoluer le concept bien davantage que son nom ne le laisse penser. Ses switches Gen-2 et les technologies comme Rapid Trigger lui permettent même de sortir du seul univers des MMO. Reste un tarif de 219,99 euros particulièrement élevé pour un périphérique aussi spécialisé, qui l'empêche de devenir autre chose qu'un excellent produit de niche.
Notes
- Design9/10
- Ergonomie9/10
- Personnalisation9/10
- Performances9/10
Avantages
- Un repose-poignet enfin réellement ajustable
- Le véritable stick analogique TMR change beaucoup de choses
- Une personnalisation extrêmement poussée
Inconvénients
- Un tarif de 219,99 euros difficile à ignorer
- Une vraie période d'apprentissage reste nécessaire
- Un produit toujours très spécialisé
Un design toujours aussi particulier, mais enfin plus adaptable
La silhouette du Tartarus V2 Pro ne bouleversera pas les habitués. On retrouve toujours un petit clavier incliné placé sous les quatre doigts, associé à une imposante zone de repos pour la paume et à plusieurs commandes accessibles avec le pouce.
Le principe reste excellent pour concentrer énormément d’actions autour d’une seule main. Il implique toutefois une contrainte importante : contrairement à un clavier traditionnel, où l’on peut naturellement déplacer sa main, le Tartarus impose une position beaucoup plus fixe.
C’est précisément sur ce point que Razer réalise l’une des améliorations les plus intéressantes de cette génération. Le repose-poignet est maintenant réglable en profondeur et en inclinaison latérale. Deux boutons placés sur son côté permettent de le faire coulisser vers l’avant ou vers l’arrière et d’adapter son angle à la position naturelle du poignet.
Une évolution qui paraît presque évidente avec le recul, mais qui manquait cruellement aux anciennes générations. Les Tartarus V2 et Pro demandaient davantage à l’utilisateur de s’adapter au périphérique. Avec ce nouveau modèle, c’est enfin l’inverse.
La montée en gamme passe également par les matériaux. Les touches sont désormais réalisées en PBT double injection texturé, tandis que Razer utilise des switches lubrifiés et deux couches de mousse interne destinées à réduire les vibrations et rendre la frappe plus agréable.
Le RGB Chroma reste évidemment de la partie avec un éclairage indépendant sous chaque touche.
Fiche technique
- Switches : Razer Analog Optical Gen-2
- Course d’activation réglable : 0,1 à 4 mm
- Force d’activation : environ 40 g au réglage par défaut
- Rapid Trigger : oui
- Nombre de commandes programmables : 31
- Stick : analogique TMR
- Modes du stick : analogique, 4 directions ou 8 directions
- Polling rate : jusqu’à 8 000 Hz
- Profils embarqués : 3
- Keymaps : jusqu’à 8 par profil, soit 24 au total
- Fonctions avancées : Snap Tap, Snap Flex, Dynamic Keystroke et Dual-Keypress Priority
- Touches : PBT double injection texturé
- Éclairage : Razer Chroma RGB par touche
- Repose-poignet : réglable en profondeur et latéralement
- Prix : 219,99 euros

Une vraie « V3 », malgré son nom
Pour comprendre l’intérêt de cette nouvelle génération, il faut revenir quelques années en arrière. Le Tartarus V2, lancé en 2017, utilisait la technologie Mecha-Membrane de Razer et proposait déjà 32 commandes programmables, un pavé directionnel huit directions, une molette et un polling à 1 000 Hz. En 2019, le Tartarus Pro conservait une architecture assez similaire mais introduisait une nouveauté majeure : les premiers switches optiques analogiques de la marque. Ils permettaient notamment de régler l’activation entre 1,5 et 3,6 mm et d’attribuer plusieurs fonctions selon la profondeur d’enfoncement d’une touche. Le Tartarus V2 Pro va nettement plus loin.
| Razer Tartarus V2 | Razer Tartarus Pro | Razer Tartarus V2 Pro | |
|---|---|---|---|
| Année | 2017 | 2019 | 2026 |
| Switches | Mecha-Membrane | Optiques analogiques | Optiques analogiques Gen-2 |
| Activation | Fixe | 1,5 à 3,6 mm | 0,1 à 4 mm |
| Commandes | 32 | 32 | 31 |
| Contrôle au pouce | Pad 8 directions | Pad 8 directions | Stick analogique TMR |
| Rapid Trigger | Non | Non | Oui |
| Polling rate | 1 000 Hz | 1 000 Hz | 8 000 Hz |
| Repose-poignet réglable | Non | Non | Oui |
| Prix au lancement | 89,99 € | 149,99 € | 219,99 € |
Le passage de 32 à 31 commandes pourrait donner l’impression d’une petite régression, mais il faut surtout regarder la manière dont elles fonctionnent. Le pavé huit directions des précédentes générations laisse notamment place à un véritable joystick analogique et l’ensemble de la zone dédiée au pouce a été profondément revu.
C’est donc paradoxalement ce V2 Pro qui ressemble le plus à ce qu’aurait pu être un véritable Tartarus V3.
Les switches Gen-2 changent réellement le produit
Le Tartarus Pro avait déjà démontré l’intérêt de switches analogiques sur ce type de périphérique. Le V2 Pro récupère désormais la seconde génération de switches optiques analogiques de Razer, déjà utilisée sur ses claviers les plus orientés compétition. Le point d’activation peut être ajusté entre 0,1 et 4 mm.
À 0,1 mm, une touche répond quasiment dès qu’on la touche. Cela peut être intéressant pour des déplacements ou des commandes devant être exécutées très rapidement. À l’inverse, augmenter la distance d’activation permet d’éviter de déclencher accidentellement une compétence en laissant simplement reposer un doigt sur une touche. Cette personnalisation prend encore plus de sens avec Rapid Trigger. Au lieu d’attendre que la touche remonte jusqu’à un point de réinitialisation prédéfini, celle-ci se réinitialise dès qu’elle commence à remonter. La sensibilité peut descendre jusqu’à 0,1 mm.
C’est surtout dans les FPS que cette fonction prend son sens, notamment pour enchaîner très rapidement des changements de direction. Le Tartarus n’est donc plus simplement pensé comme un périphérique pour les MMO. Razer cherche clairement à le rendre pertinent pour les joueurs compétitifs habitués aux claviers analogiques récents.

Snap Tap, Snap Flex et Dynamic Keystroke : énormément de possibilités
Cette nouvelle génération hérite également de nombreuses fonctions apparues ces dernières années sur les claviers Razer. Snap Tap permet de définir la priorité lorsque deux touches directionnelles opposées sont actionnées. Plusieurs comportements sont disponibles, avec par exemple la priorité donnée à la dernière entrée ou à une touche particulière. S0nap Flex peut quant à lui déclencher une action spécifique au relâchement d’une touche.
Enfin, Dynamic Keystroke pousse beaucoup plus loin le concept des anciennes touches à double fonction du Tartarus Pro. Une seule touche peut gérer jusqu’à quatre actions différentes, avec deux commandes lors de l’enfoncement et deux autres lors du relâchement.
Sur un FPS, ces fonctions peuvent améliorer la gestion des déplacements. Mais c’est également extrêmement intéressant sur un MMO, où une même touche peut regrouper plusieurs compétences, macros ou actions contextuelles.
Cela demande évidemment du temps de configuration. Le Tartarus reste un périphérique que l’on doit véritablement personnaliser pour en tirer quelque chose. Utilisé avec ses paramètres d’origine, il perd une bonne partie de son intérêt.

Le stick TMR est peut-être la meilleure évolution
Sur les précédents Tartarus, la grosse commande située sous le pouce ressemblait à un joystick mais restait fondamentalement un pavé directionnel à huit directions. Le Tartarus V2 Pro passe enfin à un véritable stick analogique pleine taille.
Razer adopte pour cela une technologie TMR reposant sur une détection magnétique sans contact. Outre une usure mécanique plus faible qu’avec un potentiomètre traditionnel, cette technologie doit également limiter les problèmes de drift au fil du temps. Dans la boite, on retrouve également plusieurs capuchons permettent en plus d’adapter la hauteur du stick à ses préférences.
Dans Synapse, celui-ci peut fonctionner comme un véritable joystick analogique, mais également être transformé en D-pad quatre ou huit directions. C’est une modification importante, car elle change réellement ce qu’il est possible de faire avec le Tartarus. Dans un jeu compatible avec les entrées analogiques, le pouce peut gérer progressivement les déplacements tandis que la main droite conserve toute la précision d’une souris. Et si le jeu ne gère pas correctement le mélange entre contrôleur et clavier/souris, il reste toujours possible de repasser sur une émulation numérique traditionnelle.

31 commandes et jusqu’à 24 configurations
Toutes les commandes du Tartarus V2 Pro peuvent être reprogrammées dans Razer Synapse. On retrouve également HyperShift, qui permet d’attribuer une deuxième fonction aux commandes et multiplie encore le nombre d’actions accessibles sans bouger la main.
Razer a surtout considérablement amélioré la gestion des profils. Le périphérique peut stocker trois profils directement dans sa mémoire, chacun comportant jusqu’à huit keymaps différentes.
Cela représente donc jusqu’à 24 configurations. Pour un MMO, il devient par exemple possible d’avoir plusieurs dispositions suivant le personnage ou la classe utilisée. Un autre profil peut être entièrement consacré à un FPS avec Rapid Trigger et Snap Tap, et un troisième à un jeu de stratégie ou à un usage applicatif. La mémoire embarquée évite surtout de dépendre constamment de Synapse une fois les réglages effectués.


8 000 Hz : impressionnant, mais pas indispensable pour tout le monde
Le Tartarus V2 et le Tartarus Pro étaient limités à un polling de 1 000 Hz. Le V2 Pro passe à 8 000 Hz, soit une communication avec le PC pouvant théoriquement être effectuée huit fois plus fréquemment. Sur un périphérique pensé historiquement pour les MMO, cela peut sembler quelque peu excessif.
Dans Final Fantasy XIV ou World of Warcraft, personne ne transformera réellement son expérience grâce au passage de 1 000 à 8 000 Hz. En revanche, cette caractéristique s’inscrit parfaitement dans le repositionnement du Tartarus vers les FPS compétitifs. Associé au Rapid Trigger et à une activation extrêmement courte, le 8 000 Hz participe à réduire autant que possible la latence entre une action physique et son enregistrement par le PC. C’est appréciable de l’avoir, mais ce n’est clairement pas la fonctionnalité qui doit motiver seule un achat.

Toujours une courbe d’apprentissage importante
Toute cette technologie ne résout pas l’une des caractéristiques fondamentales du Tartarus : il faut apprendre à l’utiliser.
Lorsqu’on joue depuis des années avec ZQSD sur un clavier traditionnel, déplacer les mêmes fonctions sur une matrice de touches différente impose de reconstruire une partie de sa mémoire musculaire. Les premiers jours demandent donc davantage de réflexion qu’avec un nouveau clavier. Il faut choisir quelles commandes placer sous chaque doigt, déterminer les fonctions que l’on souhaite confier au pouce et éventuellement créer différents niveaux avec HyperShift. Par exemple, j’ai « souffert » de la perte de la barre espace pour mes jeux, le bouton 27 qui reprend le comportement était trop difficile à atteindre pour moi donc j’ai du remapper quelques boutons pour compenser. Mais c’est justement une fois cette période passée que le concept prend tout son sens. L’objectif n’est pas de reproduire un clavier en plus petit. Il s’agit plutôt de construire une interface spécifiquement adaptée à ses jeux et à sa façon de jouer.

Le prix devient difficile à ignorer
Reste un problème majeur : 219,99 euros.
Le Tartarus V2 était commercialisé 89,99 euros à son lancement. Le Tartarus Pro était ensuite passé à 149,99 euros. Cette troisième grande évolution grimpe encore de 70 euros et atteint désormais le prix d’excellents claviers gaming complets. Les améliorations sont nombreuses et assez importantes pour justifier une montée en gamme : meilleur repose-poignet, switches Gen-2, stick TMR, mémoire embarquée, 8 000 Hz et nouvelles technologies d’entrée. Mais cela reste un périphérique extrêmement spécialisé.
Pour quelqu’un qui n’a jamais utilisé de keypad, dépenser 220 euros simplement pour essayer le concept est difficile à conseiller. En revanche, un utilisateur déjà convaincu par un Tartarus V2 ou surtout par un Tartarus Pro trouvera ici probablement la mise à niveau la plus importante qu’ait connue la gamme depuis longtemps.
Verdict
Le Razer Tartarus V2 Pro porte finalement assez mal son nom. Plus qu’une évolution du Tartarus V2, il ressemble à une véritable troisième génération du concept. Le passage aux switches Analog Optical Gen-2 apporte une plage d’activation beaucoup plus large ainsi que Rapid Trigger et les dernières technologies d’entrée de Razer. Le nouveau stick TMR constitue une évolution autrement plus intéressante que l’ancien pavé huit directions, tandis que le repose-poignet réglable corrige enfin l’une des principales faiblesses ergonomiques des modèles précédents.
Razer conserve surtout ce qui faisait l’intérêt du Tartarus : la possibilité de construire presque entièrement ses propres commandes autour de la main gauche. Les 24 keymaps, HyperShift et les nombreuses possibilités offertes par les touches analogiques poussent cette philosophie encore plus loin.
Son plus gros défaut reste son tarif. À 219,99 euros, le Tartarus V2 Pro est devenu un périphérique premium destiné avant tout aux joueurs déjà convaincus par ce type de produit. Pour ceux-là, les progrès par rapport au Tartarus Pro sont suffisamment nombreux pour que cette nouvelle génération ait un véritable intérêt.