Tesla défend son Autopilot devant la justice californienne

Image d'illustration. TeslaTesla / PR-ADN
Après avoir ajusté ses termes marketing, Tesla réclame l’annulation de la décision du DMV devant les tribunaux.
Tl;dr
- Tesla attaque en justice le DMV californien pour contester l’accusation de fausse publicité sur « Autopilot » et « Full Self-Driving ».
- Le litige porte sur la perception des conducteurs : le DMV juge les termes trompeurs, Tesla affirme que les avertissements suffisent.
- Malgré des ajustements commerciaux temporaires, l’affaire reflète l’enjeu stratégique de Tesla autour de l’autonomie et des services comme les robotaxis.
Un bras de fer entre Tesla et les autorités californiennes
L’affrontement se poursuit entre Tesla et le Department of Motor Vehicles (DMV) de Californie. Après avoir modifié, sous contrainte administrative, la façon dont elle commercialise ses systèmes d’aide à la conduite, la marque d’Elon Musk a décidé de contre-attaquer sur le terrain judiciaire. Le constructeur américain vient en effet de déposer une plainte visant à annuler une décision du DMV qui l’avait accusé de fausse publicité concernant les termes « Autopilot » et « Full Self-Driving ».
Le débat autour de la communication sur l’autonomie des véhicules
Au cœur du litige, une question cruciale : les conducteurs sont-ils induits en erreur par la terminologie employée par Tesla pour ses technologies d’assistance avancée ? Pour le DMV, aucun doute : ces expressions pourraient laisser penser que les véhicules sont capables de circuler sans intervention humaine, ce qui n’est pas encore le cas. Pourtant, selon la marque, il serait tout simplement « impossible » pour un acheteur potentiel d’ignorer les multiples avertissements indiquant que les voitures ne sont pas totalement autonomes.
De nouveaux ajustements après pressions réglementaires et revers judiciaires
Face aux injonctions administratives, Tesla a temporairement accepté d’adapter son discours commercial. Le terme « Full Self-Driving (Supervised) » a été adopté pour souligner l’importance du contrôle humain. Cette concession lui a permis d’éviter, in extremis, une suspension de sa licence de vente en Californie. Pourtant, l’entreprise n’a pas hésité à qualifier la décision du DMV d’« erronée sur les faits » et même d’« inconstitutionnelle », réclamant son annulation devant la justice.
Récemment, le constructeur a également revu son offre commerciale :
- Annulation du système Autopilot basique, remplacé par un abonnement au FSD (Supervised).
- Lancement limité du Robotaxi Cybercab à Austin, avec pour espoir de relancer ses ventes mondiales.
- Echec dans un procès retentissant lié à un accident mortel en 2019, où l’utilisation des termes marketing a pesé lourd dans la décision judiciaire.
L’enjeu stratégique majeur de l’autonomisation pour Tesla
Pour comprendre cette offensive judiciaire, il faut rappeler que l’avenir même de Tesla repose largement sur le pari de la voiture autonome. Son PDG, Elon Musk, répète depuis des années que ses modèles finiront par circuler sans intervention humaine et généreront même des revenus via des services comme les robotaxis. Si ces promesses peinent pour l’instant à se concrétiser — avec notamment un recul significatif des ventes en Europe — elles restent au cœur du projet industriel du groupe. Mais chaque revers légal ou réglementaire vient complexifier un peu plus cette équation déjà incertaine.